Les Palestiniens commémorent la Nakba en pleurant les morts de Gaza

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May 23 May 2018 13:14 UTC

Les Palestiniens commémoraient ce mardi le 70e anniversaire de la Nakba, la « tragédie » de la création d'Isräel sur les terres de la Palestine historique en 1948, qui contraint quelque 750 000 Palestiniens à l’exil, dépossédés de leurs biens et de leur patrie.

Le bilan des victimes du lundi 14 mai, la journée la plus meurtrière du conflit israélo-palestinien depuis la guerre de l’été 2014 à Gaza, a été révu à la hausse : 61 Palestiniens ont été tués, en majorité par des tirs de snipers israéliens et plus de 2 400 Palestiniens ont également été blessés.

Depuis le 30 mars dernier, date de la première "Grande marche du retour" qui se déroule tous les vendredis depuis, plus de cent Palestiniens ont été tués par l'armée israélienne.

La procureure de la CPI promet de « prendre toute mesure appropriée »



Fatou Bensouda, procureure de la CPI (Facebook)

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI) Fatou Bensouda a affirmé mardi qu'elle suivait de près les violences à Gaza et a promis de « prendre toute mesure appropriée ».

« Mon équipe suit attentivement les développements sur place et examine tout crime présumé qui pourrait être du ressort » de la CPI, a-t-elle déclaré à l'AFP, affirmant que « la violence doit cesser ».

Elle a demandé à « tous les protagonistes de s'abstenir d'aggraver cette situation » et à l'armée israélienne « d'éviter d'user de la force de manière excessive ».

L'Autorité palestinienne a rejoint la CPI en janvier 2015 en signant le Statut de Rome qui a créé la CPI. La Cour est compétente pour juger les crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

À la demande des Palestiniens, Fatou Bensouda avait ouvert en 2015 une enquête sur des crimes présumés commis lors de la guerre à Gaza en 2014.

Elle a rapellé mardi que « la situation en Palestine est sous le coup d'une enquête préliminaire menée par mes services ».

« Je suivrai la situation et je prendrai toute mesure appropriée dans le cadre de mon mandat défini par le Statut de Rome », a-t-elle promis, se disant « bouleversée » par le bilan des violences de lundi.

EN DIRECT : Réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU sur la situation à Gaza

À Gaza, une famille pleure son bébé, mort asphyxié par du gaz lacrymogène



Leïla al-Ghandour, huit mois, est décédée après avoir respiré des gaz lacrymogènes (AFP)

Dans une dernière étreinte, Mariam al-Ghandour serre contre elle le tout petit corps de sa fille Leïla, en larmes. « Les Israéliens l'ont tuée », sanglote-t-elle.

Selon le ministère de la Santé gazaoui, le bébé, âgé de seulement huit mois, est décédé après avoir inhalé du gaz lacrymogène pendant les affrontements entre manifestants palestiniens et soldats israéliens lundi près de la frontière entre la bande de Gaza et Israël.

La famille met l'accent sur la responsabilité de l'armée israélienne qui a lancé les grenades lacrymogènes, plutôt que sur la suite d'événements qui a conduit ce bébé à se retrouver à proximité de la frontière avec Israël, lors de la journée la plus meurtrière du conflit depuis quatre ans.

Au moins 60 Palestiniens ont été tués lundi par des soldats israéliens, portant à 114 le nombre de décès côté gazaoui depuis le début des manifestations le 30 mars.



Anwar al-Ghandour, le père de Leïla (Twitter)

Leïla est un cas particulier : alors que la grande majorité des victimes ont été tuées par des tirs de snipers, elle a succombé à l'inhalation de gaz lacrymogènes, temporairement douloureux pour les adultes mais potentiellement dangereux pour les enfants.

Sa mère Mariam, âgée de 17 ans, a expliqué avoir eu rendez-vous chez le dentiste. « J'ai donc laissé Leïla avec mes frères, à la maison », raconte-t-elle à l'AFP depuis le domicile familial, à l'est de la ville de Gaza. « Mon petit frère l'a prise avec lui et l'a conduite à la frontière. »

Au fond de la pièce, Ammar, 11 ans, sanglote sans pouvoir s'arrêter, les yeux fixés sur le corps du bébé, peu avant les funérailles qui se sont déroulées en présence de plusieurs dizaines de personnes.

Il assure avoir pensé que sa sœur Mariam était à la frontière avec sa mère et d'autres membres de la famille. « Alors je l'ai prise avec moi dans le bus », explique-t-il en parlant de Leïla. « Je me sens responsable » de sa mort, concède-t-il.

Il a finalement rejoint sa mère Heyam près de la frontière et lui a confié le bébé. Ils ne sont restés sur place que quelques minutes, avant d'être pris sous les tirs de grenades lacrymogènes, précise Heyam. 



Leïla al-Ghandour, huit mois, fait partie des plus de 60 personnes tuées depuis lundi (AFP)

« Je pouvais à peine respirer », décrit-elle. « Nous nous sommes éloignés et j'ai confié Leïla à ma sœur puis nous sommes allés chercher deux autres enfants pour pouvoir partir. »

« Elle a bu du jus mais elle pleurait énormément », poursuit-elle. « Et puis elle s'est tue. Je pensais qu'elle dormait. »

Ce n'est qu'en sortant du bus que la famille s'aperçoit que l'enfant est devenue bleue.

« Je me suis précipitée à l'hôpital, ils m'ont alors dit qu'elle était morte depuis plus d'une heure. »

Des dizaines de milliers de manifestants se sont réunis lundi devant la barrière qui sépare la bande de Gaza d'Israël pour protester contre l'ouverture de l'ambassade américaine à Jérusalem le même jour, mais aussi pour réclamer le droit au retour sur les terres dont ils ont été chassés à la création d'Israël en 1948.

Seul un petit nombre a cherché à franchir la barrière. Les soldats israéliens ont lancé des grenades lacrymogènes et des snipers ont tiré sur la foule.

Israël fait face aux critiques internationales pour usage excessif de la force mais affirme avoir agi afin de se protéger d'éventuelles incursions de l'autre côté de la barrière qui le sépare de la bande de Gaza. 

(AFP)

La Nakba, 70 ans après : ce que les jeunes Palestiniens espèrent pour l’avenir

Les conditions de vie dans les camps de réfugiés, notamment la pauvreté, la surpopulation, les infrastructures de mauvaise qualité et le manque d’espace public, sont aggravées par les raids réguliers, de jour comme de nuit, des forces israéliennes, les nombreuses arrestations et les innombrables victimes dues à l’utilisation de balles réelles et de gaz lacrymogènes par l’armée.

Inas, future avocate âgée de 24 ans, explique : « La Nakba est ma réalité quotidienne dans le camp de réfugiés. Chaque jour, l’armée israélienne pénètre ici et nous tire dessus, c’est la Nakba. Avoir vu mon voisin se faire tirer dessus et se faire tuer juste devant chez moi, c’est la Nakba. »



Inas : « La Nakba est ma réalité quotidienne dans le camp de réfugiés » (Chloé Benoist/MEE)

Ghaida, qui a également étudié le droit, décrit ce qu’elle considère comme l’oppression quotidienne des forces israéliennes. Pour elle, il s’agit d’une tentative délibérée de créer une « culture de la peur et de la soumission » parmi les réfugiés.

« La Nakba n’est pas seulement les terres qui nous ont été prises », estime-t-elle. « Bien sûr, les terres nous ont été prises et devraient être restituées, mais on m’a également privée de droits qui devraient être rétablis. »

« J’ai le droit de vivre en paix, le droit à une bonne éducation. La Nakba est essentielle pour les réfugiés, car ils ont été dépossédés des droits de l’homme. »

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Alger condamne officiellement, mais la rue reste vide



Le journaliste de la télévision nationale, Omar Hamdane, blessé par des tirs de l'armée israélienne à Gaza (Twitter/RSF)

par Adlène Meddi à Alger

Alger, où les manifestations publiques sont interdites, n’a pas connu de démonstration populaire de soutien aux Palestiniens au lendemain des événements du 14 mai.

Une sortie de l’ex-leader du Front islamique du salut (FIS), Ali Belhadj, a rapidement été interdite par la police lundi, alors que l’ex-imam voulait « marcher » vers l’ambassade américaine sur les hauteurs de la ville.

Par ailleurs, les policiers se sont massivement déployés dans les rues de la capitale pour faire avorter une marche des médecins résidents, en grève depuis plusieurs semaines.

À LIRE ► Entre l’Algérie et la Palestine, il y a bien plus que de la politique

La solidarité des Algériens s’est manifestée autrement ce mardi, particulièrement sur les réseaux sociaux, via des commentaires sur les informations provenant des territoires palestiniens, pendant que les médias officiels ou privés proches des autorités diffusaient en boucle la visite du président Abdelaziz Bouteflika dans la capitale pour inspecter le nouveau siège d’une confrérie religieuse et le chantier de la Grande mosquée d’Alger.

Tard dans la matinée, les Affaires étrangères algériennes ont condamné « avec la plus grande vigueur le bain de sang perpétré à Gaza par les forces d’occupation israéliennes contre des manifestants palestiniens sans défense », selon les propos du porte-parole de la diplomatie algérienne.

Du côté des partis politiques, le Mouvement pour la société de la paix (MSP, tendance Frères musulmans) a publié sur son site web un communiqué condamnant le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem et « le silence arabe » face à cette décision.

Même position de la part d’Ennahda, un autre parti islamiste. De son côté, le Front de l’Algérie nouvelle a organisé une rencontre dans son siège à Alger pour dénoncer la politique israélienne.

Mais c’est la presse qui a le plus commenté et médiatisé les événements de Gaza.

« Alors qu'au même moment, l'armée sioniste tuait 52 manifestants palestiniens et en blessait 1 600 autres à Gaza et en Cisjordanie occupée, les pays arabes répondaient par un silence assourdissant, avec à leur tête le gardien des lieux saints et celui qui préside le comité Al-Quds, preuve que depuis l'élection du président américain actuel, la politique brutale de Benyamin Netanyahou s'est imposée non seulement dans les territoires occupés, mais aussi au-delà, jusqu'à profaner la ville sainte de l'islam », relève L’Expression.

Pour sa part, Le Quotidien d’Oran soulignait que « l'assassinat pratiquement en direct de plusieurs dizaines de Palestiniens en cette journée de veille de Nakba n'a pas provoqué de réaction d'un ensemble de pays arabes pourtant prompts à s'entredéchirer, mais qui pensent qu'Israël pourrait être une solution contre le problème iranien ».

Un Palestinien tué à Gaza par des tirs israéliens à la frontière

Le ministère de la Santé à Gaza a rapporté que Nasser Ahmed Mahmoud Ghrab, 51 ans, avait été abattu par les forces israéliennes à l’est du camp de réfugiés d’al-Bureij, dans le centre de Gaza.

Son décès porte à 61 le nombre de personnes tuées depuis hier dans la bande de Gaza.

« Gaza est noyée dans le chagrin » : des milliers de Palestiniens enterrent leurs morts

Des milliers de Gazaouis ont participé ce mardi aux funérailles des personnes tuées lundi par l’armée israélienne.

Des parents et amis se pressaient autour des corps de leurs proches enveloppés dans des drapeaux palestiniens ou de simples linceuls blancs afin de les embrasser une dernière fois.

Dans certaines funérailles, des coups de feu ont été tirés en l’air pendant que les familles endeuillées scandaient : « Il n’y a de Dieu que Dieu » et « Avec nos âmes, avec notre sang, nous vous honorerons, Oh martyrs ».

Un moment fort en émotion, en particulier lors des funérailles de Leila al-Ghandour, âgée de huit mois, enfant unique de ses parents.



La mère de Leila al-Ghandour embrasse sa fille, âgée de huit mois, décédée après avoir inhalé du gaz lacrymogène

« Gaza est noyée dans le chagrin », nous a confié le correspondant de MEE à Gaza, Mohammed Asad. « En ce moment, il n’y a pratiquement aucun quartier à Gaza sans une tente de deuil. »

« Les gens sont très en colère et demandent vengeance. Des appels ont été lancés pour plus de manifestations dans les prochains jours », a précisé Mohammed Asad.



La famille enterre la petite Leila al-Ghandour, drapée dans un drapeau palestinien



Des hommes portent le corps de l'un des 60 Palestiniens tués par les forces israéliennes à Gaza

La Turquie expulse l’ambassadeur d’Israël

L’ambassadeur israélien en Turquie, Eitan Naeh, a été convoqué au ministère turc des Affaires étrangères à Ankara et prié de quitter le pays en raison des violences à Gaza.

Sollicité par MEE, le ministère israélien des Affaires étrangères a refusé de commenter l’incident.

VIDÉO : Israël utilise des drones pour larguer du gaz lacrymogène sur les manifestants palestiniens

 

53 Palestiniens blessés à Beit El, en Cisjordanie

Le Croissant-Rouge palestinien a déclaré qu’au moins 53 Palestiniens avaient été blessés par les forces de sécurité israéliennes lors de manifestations près de la colonie israélienne de Beit El, en Cisjordanie occupée.

23 ont été blessés par inhalation de gaz, 30 par des balles recouvertes de caoutchouc.

La Ligue arabe appelle la CPI à ouvrir un enquête sur « les crimes de l'occupation » contre les Palestiniens



« Israël est une entité oppressive et meurtrière » a déclaré ce mardi la Ligue arabe (AFP)

La Ligue arabe a appelé mardi le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) à ouvrir rapidement une enquête sur « les crimes de l'occupation israélienne » contre les Palestiniens.

« Israël est une entité oppressive et meurtrière et ses politiciens et militaires doivent être traduits devant la Cour pénale internationale », a déclaré Amjad Shamout, le président de la commission permanente des droits de l'homme de cette organisation panarabe, dans un communiqué.

« On nous a tout pris, même le droit d’être acteurs de nos révoltes »

Ici aussi, les Palestiniens assistent médusés à cette déferlante de larmes et de sang qui inonde les téléviseurs.

« C’est un massacre. Regardez les images. Regardez les photos que nous recevons. Personne ne peut contredire cela »

- Abou Tareq, réfugié palestinien du camp de Burj el-Barajneh, au Liban

« C’est un massacre. Regardez les images. Regardez les photos que nous recevons. Personne ne peut contredire cela », s’exclame celui que l’on appelle ici Abou Tareq. Il est responsable de l’un des deux comités de surveillance du camp. Ici non plus, l’armée libanaise n’entre pas, et les Palestiniens doivent organiser leur propre sécurité.

Il est à peine 18 heures quand le leader du Hezbollah, Hassan Nasrallah, prend la parole à la télévision. Dans un contexte politique et géopolitique explosif, les Palestiniens l’écoutent avec attention. L’un d’entre eux s’exclame : « Ici, nous sommes spectateurs. Nous ne pouvons rien faire. On nous a tout pris, même le droit d’être acteurs de nos révoltes ».

Dans ce camp d’1 km2, près de 45 000 personnes s’entassent, dont environ « 30 % de gens en provenance de Syrie, qu’ils soient des réfugiés palestiniens ou tout simplement des Syriens ayant fui la guerre », commente Abou Tareq.



Câbles électriques suspendus au-dessus des rues du camp de Burj el-Barajneh (MEE/Laurent Perpigna Iban)

Son compagnon, Abou Abdallah, responsable du FPLP dans le camp, fustige le traitement réservé aux Palestiniens par le gouvernement libanais : « La situation économique dans le camp est en dessous de zéro. Les lois libanaises interdisent l’accès au monde du travail à beaucoup de Palestiniens, puisque la plupart des métiers nous sont interdits. Personne ne peut acheter une maison en dehors des camps. Tout est contrôlé ».

La nuit tombe sur le camp. Les deux hommes nous mènent dans un dédalle de ruelles très étroites. Il n’y a plus de couverture téléphonique. Nous évoluons dans un labyrinthe sombre et obscur, où s’entrecroisent enfants et hommes armés.

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La Turquie appelle les pays musulmans à « reconsidérer » les relations avec Israël

Le Premier ministre turc Binali Yıldırım a appelé mardi les pays musulmans qui entretiennent des relations avec Israël à les « reconsidérer » au lendemain de la mort de 60 Palestiniens sous les balles israéliennes.

Binali Yıldırım a en outre appelé à la tenue vendredi en Turquie d’un « sommet extraordinaire » de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), mais il n’était pas clair dans l’immédiat si une telle réunion se tiendrait effectivement au niveau des chefs d’État. 



Des représentants musulmans au sommet de l’OCI à Istanbul en décembre 2017. L’Arabie saoudite et plusieurs de ses alliés n’avaient pas envoyé leurs chefs d’État (AA)

« Les pays musulmans doivent reconsidérer leurs relations avec Israël. Le monde musulman doit agir d’une manière collective et parler d’une seule voix face à ce massacre », a déclaré Binali Yıldırım lors d’une réunion à Ankara du groupe parlementaire du parti au pouvoir, l’AKP.

La Turquie est le président en exercice de l’OCI, qui s’était réunie en sommet à Istanbul en décembre à l’appel du président turc Recep Tayyip Erdoğan pour condamner la décision de son homologue américain Donald Trump de transférer l’ambassade américaine à Jérusalem.

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Un responsable du ministère turc des Affaires étrangères parlant sous couvert d’anonymat a affirmé que la nouvelle réunion de l’OCI se tiendrait vendredi à Istanbul.

Un rassemblement, qui s’annonce imposant, doit se tenir vendredi à 12 h GMT Istanbul à l’appel du président Erdoğan sous le slogan « Halte à l’oppression », en signe de solidarité avec les Palestiniens.

Ankara entretient des rapports délicats avec Israël. Si les autorités turques ont conclu en 2016 un accord de normalisation des relations avec Israël censé mettre un terme à plusieurs années de froid diplomatique entre les deux pays, elles continuent de critiquer régulièrement la politique israélienne.

Au Maroc, Mohammed VI « inquiet » et « préoccupé »



Mohammed VI a exprimé une « profonde inquiétude et préoccupation » devant la mise en œuvre de la décision de l’administration américaine de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël (AFP)

par Reda Zaireg, à Rabat

Le roi Mohammed VI a adressé lundi 14 mai une lettre à Mahmoud Abbas, suite au transfert de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem. Il a exprimé son soutien au président palestinien, et a dit suivre avec une « profonde inquiétude et préoccupation la mise en œuvre de la décision de l’administration américaine de reconnaître Al-Quds comme capitale d’Israël et d’y transférer son ambassade ».

Le souverain marocain a également insisté sur « l’importance extrême de la ville d’Al-Quds, non seulement pour les parties au conflit, mais également pour les adeptes des trois religions monothéistes, et que toute atteinte au statut juridique et historique reconnu d’Al-Quds, renferme le danger d’entraîner la question palestinienne dans les méandres des conflits religieux ».

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Amplement suivies au Maroc, les manifestations qui se sont tenues à Gaza ont suscité un déluge de réactions, à mesure que le bilan humain ne cessait de s'aggraver.

Traduction : « Faites-vous plaisir et regardez @4noura donner des détails : ‘’En prison, les Palestiniens ont eu le choix de décorer leur cellule comme ils le voulaient’’ »

Lundi à Rabat, devant le Parlement marocain, une manifestation organisée par la Coalition nationale pour la Palestine et contre la normalisation a vu la participation de plusieurs dizaines de personnes, dont certaines figures politiques connues : les parlementaires Abdelali Hamieddine et Amina Maelainine, du Parti de la justice et du développement (PJD, islamistes), Khadija Ryadi et Abdelhamid Amine, figures de la défense des droits humains au Maroc.

Au micro du site d'information Hespress, Hamieddine a déclaré que cette marche était une « réaction instantanée au massacre perpétré par l'armée israélienne », qui vise à empêcher les Palestiniens à « exercer leur droit au retour », selon ses termes. 

Traduction : « Chaque Palestinien qui est mort aujourd’hui compte, chacun d’eux avait une famille, des amis, des gens qui les aimaient. Chacun d’eux avait des rêves et des projets qu’il/elle voulait réaliser. Ils ne sont pas des chiffres. Ils ne sont pas des chiffres »

Trump et Gaza, vus par les caricaturistes



Dessin de l’Algérien Salim Zerrouki

Une caricature valant mille mots, plusieurs dessinateurs ont résumé la journée de lundi, la plus meurtrière depuis la guerre contre Gaza de 2014, et le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem en Israël par des caricatures largement partagées sur les réseaux sociaux.

Pour le caricaturiste Patrick Chappatte, « Jérusalem fête et Gaza s'enflamme »

D’autres caricaturistes ont opté pour la dérision, à l’instar d’Emmanuel Chaunu : 

Le caricaturiste Christian Creseveur a commenté « Israël célèbre l'ambassade américaine à Jérusalem par un massacre à Gaza » 

Le caricaturiste Plantu, dans le journal Le Monde, oppose la célébration dans la joie et la destruction dans le sang : 

Des soldats israéliens tirent à balle réelle contre des Palestiniens non armés à Beit El

BEIT EL, Cisjordanie occupée – Tessa Fox, correspondante de MEE, se trouve à proximité de Beit El, une colonie israélienne située au nord de Ramallah, en Cisjordanie occupée.

« Forte présence de l’armée israélienne devant la colonie de Beit El. Les soldats tirent à balle réelle et agissent de façon très agressive contre les manifestants non armés », a déclaré Fox.

« Je dirais qu’environ 500 manifestants sont présents ; ils ont été rapidement repoussés par les Israéliens loin de la colonie, et ce sans aucune raison. »



Un adolescent palestinien meurt de ses blessures à Gaza

Le ministère de la Santé de Gaza a annoncé la mort de Talal Adel Ibrahim Matar, 16 ans, des suites de ses blessures lors de la manifestation d'hier.
 
Le nombre de morts lundi à Gaza passe désormais à 60, dont 8 enfants.

Gaza : les médias arabes dénoncent les atermoiements des gouvernements



Un manifestant blessé est évacué, lors des manifestations du 14 mai 2018 à la frontière entre Gaza et Israël (AFP)

« Les Palestiniens ne sont pas revenus chez eux hier, mais les âmes de plus de cinquante martyrs si. Le plus important est que la question du retour est redevenue la plus importante malgré le chaos de la région et de ses guerres. Et cela, malgré l’abandon de certains Palestiniens et la trahison des ‘’arabes de Trump’’ » : le quotidien libanais Al Akhbar ouvre ainsi son dossier de plusieurs pages consacré aux événements sanglants de Gaza. 

Pour le site Al Khalidj al-jadeed, « la décision stratégique saoudienne se dirige de plus en plus vers la suppression de la question palestinienne de son agenda (…) Le vrai gouverneur de l’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, voit que l’avenir sera bâti non seulement sur la reconnaissance d’Israël, mais sur beaucoup plus que cela : là on parle d’affection, de vivre-ensemble et de se fondre l’un dans l’autre ». 

De son côté, le site Arabi21 cite la série de tweets de l’ancien Premier ministre du Qatar, Hammad ben Jassem qui affirme que « de grands pays arabes » ont « abandonné la cause palestinienne et Al-Quds occupée, tout en soutenant le deal du siècle ». « Malheureusement, les pays arabes ont emprunté un tunnel sombre, pas seulement concernant cette cause, mais concernant toutes nos questions internationales et régionales ». 

Un éditorialiste du Huffington Post Algérie fait le parallèle, lui, avec la guerre d’indépendance algérienne et écrit : « L’Amérique et Israël peuvent compter sur la servilité des roitelets et des dictateurs arabes – il paraît que la Ligue arabe va se réunir mercredi, quelle pitoyable farce ! – mais ils ne devront pas compter sur la reddition des Palestiniens ». 

« Ce sont des terroristes, 55 terroristes » : en Belgique, le discours de l’ambassadrice d’Israël choque

Invitée au micro de la radio belge La Première, Simona Frankel, l’ambassadrice d’Israël en Belgique, a déclaré qu’elle « regrett[ait] chaque mort, même si ce sont des terroristes, 55 terroristes ».

Le journaliste Thomas Gadisseux, de l’émission « Matin première », à laquelle l’ambassadrice était invitée, lui a demandé : « Même les huit enfants et un bébé ? ».

Sans hésiter, Simona Frankel a accusé le groupe Hamas, qu’elle qualifie de « terroriste » et auquel elle reproche « d’avoir pris en otage la population et [d’être] responsable de ces morts ».

La diplomate a ajouté que les membres du Hamas avaient « décidé de sacrifier leurs frères et sœurs, les hommes, femmes et enfant, dans une guerre médiatique ».

« Nous voulons simplement protéger nos citoyens. Nous préférons avoir des critiques que des condoléances », a insisté Simona Frankel.

L'ambassadrice a été convoquée par le ministère des Affaires étrangères. Ses propos ont aussi suscité des critiques dans la sphère politique belge.

Pour la députée Mathilde El Bakri du parti PTB (Parti du travail de Belgique), Simona Frankel a raison lorsqu’elle affirme que « c’est Israël qui décide ». Effectivement, a-t-elle déploré, « la communauté internationale se soumet à tous les actes criminels d’Israël ».  

Certains internautes belges ont jugés les propos de Simona Frankel d’« indécents et colonialistes ».

Interrogé par la chaîne belge RTBF, le Premier ministre belge Charles Michel a réagi aux propos de l'ambassadrice d'Israël en Belgique : « Je suis choqué par ces propos », a-t-il déclaré.

Pour le Premier ministre, ce qui s'est passé hier dans la bande de Gaza « fait froid dans le dos, parce qu'il y a un contraste saisissant entre d'une part, une inauguration en grande pompe avec des sourires et, d'autre part, le drame, des familles endeuillées et des enfants innocents qui sont victimes de cette situation ». Et de poursuivre : « Nous savions qu'il y avait un risque majeur que cette décision de déménager cette ambassade donne lieu à moins de sécurité et à des tragédies. Et malheureusement nous avions raison ».

Hael al-Fahoum, ambassadeur de Palestine en Tunisie : « On a besoin d’action et pas de déclaration officielle »

par Lilia Blaise à Tunis

C’est via un communiqué du ministère des Affaires étrangères publié lundi 14 mai que la Tunisie a fermement condamné les attaques d’Israël contre les Palestiniens qui ont fait au moins 59 morts et 2 400 blessés dans la bande de Gaza. Le ministère a aussi déclaré qu’au regard de la situation actuelle, le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem était « inapproprié » et « ne pourrait pas mener à la paix dans la région ». 

L’ambassadeur palestinien en Tunisie, Hael al-Fahoum, de retour de Palestine ce mardi 15 mai, a déclaré par téléphone à Middle East Eye : « C’est horrible ce qui se passe là-bas, c’est le chaos total. Maintenant, on a besoin d’action et pas de commentaire ou de déclaration officielle. Le monde voit ce qui se passe et ferme les yeux. Et l’administration américaine bloque tout sur place, c’est vraiment terrible. »

Sur les réseaux sociaux, les Tunisiens commentent aussi l’inauguration de la nouvelle ambassade américaine par le président Trump à Jérusalem. Des appels d’organisations étudiantes à manifester près de l’ambassade américaine à Tunis circulent sur les réseaux sociaux depuis mardi matin. 

Différents partis politiques ont aussi réagi, le parti Ettakatol (social-démocrate) a publié un communiqué lundi dans lequel il déclare que « le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, en dehors de tout processus de paix et décidé de manière unilatérale, donne un feu vert au gouvernement sioniste de droite dure pour une effusion de sang palestinien ».

Ce mardi, l'Assemblée des représentants du peuple (ARP) a commencé la séance plénière en accordant une heure aux députés pour parler de la situation à Gaza.

La Tunisie avait déjà exprimé son rejet du transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem en février dernier. Le président de l’Assemblée des représentants du peuple, Mohammed Ennaceur, par ailleurs membre du parti Nidaa Tounes, avait pris la parole pendant une session plénièrepour condamner cette décision. Et les députés avaient scandé en chœur le 6 décembre à l’assemblée, « Al-Quds, capitale éternelle de la Palestine ». 

La centrale syndicale, l’UGTT, avait déclaré être « profondément préoccupée par l’ampleur de la décision américaine ». Le président de la République Béji Caïd Essebsi avait même convoqué à l’époque, l’ambassadeur américain en Tunisie. 

Le mouvement du peuple – parti de gauche dont l’ancien président était Mohamed Brahmi, un opposant politique assassiné en 2013 – a aussi publié un communiqué dans lequel il appelle le Parlement tunisien à voter le projet de loi criminalisant la normalisation avec Israël. Ce projet de loi avait suscité de nombreuses polémiques en commission en décembre dernier et le Parlement tunisien n’en n’avait finalement pas débattu en plénière. 

Le parti, qui se dit désormais « musulman démocrate » et non plus islamiste, Ennahdha, a également publié un communiqué en anglais sur sa page Facebook disant que le parti considère l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem comme une « violation flagrante des résolutions de l’ONU et des droits des Palestiniens ». 

Ces dernières années, la Tunisie a fréquemment manifesté, via les partis de gauche, pour le boycott de produits venant d’Israël. L’année 2017 a notamment été marquée par la déprogrammation du film Wonder Woman avec l’actrice israélienne Gal Gadot par exemple, ou encore la polémique autour de la venue du comédien Michel Boujenah au festival de Carthage. 

ÀLIRE  Boycotter, ou ne pas boycotter Wonder Woman ? 

Le 15 décembre 2016, l’assassinat de Mohamed Zouari, un ingénieur qui avait fabriqué des drones pour le Hamas palestinien avait suscité l’indignation en Tunisie surtout après qu’un journaliste israélien soit venu couvrir les événements, muni d’un passeport allemand. 

Depuis les années 1980, la Tunisie s’est toujours rangée du côté de l’Organisation pour la libération de la Palestine (OLP), ce qui avait valu à la ville de la banlieue-Sud de Tunis, Hammam Chott d’être bombardée par un raid israélien en 1985. 

La Tunisie a également accordé en avril 2018 un visa au père de Ahed Tamimi, l’adolescente de 16 ans, devenue une icône de la révolte palestinienne après avoir giflé un soldat israélien dans une vidéo devenue virale. 

D’après un récent sondage sur les réactions des pays arabes de l’Arab Center à Washington DC au sujet des positions de Trump au Moyen-Orient, la Tunisie arrive souvent en tête des pays qui désapprouvent le plus la politique du président américain au Moyen-Orient. 

« Il semble que n’importe qui puisse être tué » (ONU)

Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a constaté mardi que tout Palestinien manifestant à Gaza, qu’il représente une menace imminente ou non, pouvait être « tué » par les forces israéliennes.

« Il semble que n’importe qui puisse être tué », a déclaré aux médias à Genève un porte-parole du Haut-Commissariat, Rupert Colville, rappelant pourtant que « la force létale ne peut être utilisée qu’en dernier recours ».

Traduction : Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme condamne les terribles et meurtrières violences à Gaza hier au cours desquelles 58 Palestiniens ont été tués et près de 1 360 manifestants blessés avec des balles réelles par les forces de sécurité israéliennes. Il semble que tout le monde risque d’être abattu ou blessé : femmes, enfants, journalistes, secouristes, passants, et cela, presque n’importe où dans un rayon de 700 mètres de la barrière. »



Des personnes portent le corps d'un Palestinien tué à Gaza lundi (Reuters)

L’usage disproportionné de la force par l’armée israélienne a été dénoncé par la communauté internationale. La Turquie et l’Afrique du Sud ont notamment rappelé leur ambassadeur en Israël et, dernièrement, Dublin a convoqué l’ambassadeur israélien en Irlande.

Grève générale pour marquer le 70e anniversaire de la Nakba et journée de deuil dans les territoires palestiniens

Les magasins sont fermés et les fonctionnaires restent chez eux aujourd’hui en Cisjordanie, à Gaza et à Jérusalem-Est alors que les Palestiniens célèbrent le 70e anniversaire de la Nakba.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a également appelé à la grève générale en hommage aux Palestiniens tués par les forces israéliennes à Gaza hier.



Un Palestinien passe devant les boutiques fermées de la vieille ville de Jérusalem mardi (AFP)

 

EN DIRECT : Les Palestiniens manifestent en Cisjordanie occupée

Des colons extrémistes israéliens sur l'esplanade des Mosquées

Des colons extrémistes israéliens ont pénétré ce matin sur l'esplanade des Mosquées, sous le regard des services de sécurité israéliens, selon plusieurs médias palestiniens (Facebook).







Danser sur les morts : l’inauguration de l’ambassade américaine ouvre une nouvelle ère de carnages



Gaza, le 14 mai 2018 : des pluies de gaz lacrymogènes s’abattent sur les manifestants (AFP)

« Jared n’a même pas songé à retoucher le texte de son allocution. Son regard brûlait d’une ferveur messianique : s’iI était là, c’était pour dispenser la vérité.

‘’Je suis tellement fier de me trouver ici aujourd’hui, à Jérusalem – cœur éternel du peuple juif ‘’, a-t-il commencé. ‘’Nous sommes ici ensemble parce que nous croyons tous deux [Amérique et Israël] en la liberté’’.

‘’Nous sommes ici ensemble parce que tous deux, nous croyons aux droits de l’homme. Nous sommes ici ensemble parce que nous croyons que cela vaut la peine de prendre la défense de la démocratie’’, a-t-il lourdement insisté.

Il était là non seulement en qualité de représentant du président des États-Unis, mais aussi de médiateur de paix. Voici ce que ce défenseur de la paix déclara au sujet du massacre qui se déroulait, en temps réel et à seulement 75 kilomètres de là : ‘’Ceux qui provoquent la violence font partie du problème, pas de la solution’’.

Les Kushner n’ont pas non plus l’excuse d’avoir été les témoins impuissants d’une tragédie, d’une foule en panique, par exemple. Il s’agit là de massacres avec préméditation. Les tireurs d’élite israéliens n’ont fait qu’obéir, littéralement, aux ordres du ministre de la Défense, Avigdor Lieberman, celui-là même qui, le 8 avril, avait déclaré au Jerusalem Post : ‘’À Gaza, personne n’est innocent’’. »

David Hearst, rédacteur en chef de Middle East Eye.
 

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Déploiement de Marines pour protéger les ambassades américaines en Israël, Jordanie et Turquie

Les États-Unis ont déployé des dizaines de Marines supplémentaires pour assurer la protection de leurs ambassades en Israël, en Jordanie et en Turquie suite aux tensions provoquées par la décision de transférer l’ambassade américaine en Israël à Jérusalem.

Des responsables du Département d’État américain et du Pentagone ont déclaré à NBC News qu’ils envisageaient de renforcer la présence militaire américaine dans les ambassades d’une demi-douzaine d’autres pays du Moyen-Orient.



La chaîne d’information a expliqué que les officiels américains anticipaient des violences même « s’ils disent que la question ne galvanise plus le Moyen-Orient comme elle le faisait dans le passé. Le transfert de l’ambassade, affirment-ils, finira par conduire à une plus grande stabilité régionale ».

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« La Belgique doit faire entendre sa voix »

Suite au bilan meurtrier de 59 morts à Gaza, le gouvernement belge a réagi par la voix de son ministre des Affaires étrangères.

Sur la radio belge La Première, Didier Reynders a déclaré que les violences à Gaza étaient « inacceptables », soulignant également la responsabilité du Hamas.

« Le Hamas est totalement inconscient d’avoir envoyé les gens manifester suite à l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem. Le Hamas a cherché la provocation.

« L’usage de la force de la part d’Israël était aussi totalement disproportionné », a noté le diplomate, qui juge nécessaire l’ouverture d’« une enquête internationale ».

Didier Reynders a en outre rappelé que la Belgique était « totalement opposée au transfert de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem » et ajouté que « la décision de Trump [avait] provoqué des tensions sur le terrain ».

Le ministre a également plaidé pour « la reconnaissance de deux États ».

« Notre pays doit agir où il en a les moyens »

De son côté, le parti belge Écolo a insisté pour que la Belgique et l’Union européenne « condamnent ces violences sans équivoque. Mais au-delà de cette condamnation, notre pays doit agir où il en a les moyens ».



Des soldats israéliens patrouillent près d'un champ en feu du côté israélien de la frontière entre Israël et Gaza (Reuters)

Les coprésidents d’Écolo, Zakia Khattabi et Patrick Dupriez, ont pour leur part déclaré : « Si la Belgique ne peut évidemment pas régler seule le conflit israélo-palestinien ni agir sur la localisation d’une ambassade étrangère, elle peut prendre des mesures qui montrent une ferme opposition aux politiques inhumaines en cours ».

« Brûlez-les, tirez-leur dessus, tuez-les ! » : les Israéliens applaudissent la répression de manifestants palestiniens à Jérusalem

Les manifestants palestiniens ont été brutalement réprimés par les forces israéliennes hier à Jérusalem, juste devant la nouvelle ambassade américaine.

MEE a vu des dizaines de Palestiniens non armés être battus et arrêtés par les forces de sécurité israéliennes devant l’ambassade. Des violences accueillies avec joie par certains Israéliens venus soutenir l’inauguration du lieu.

« Brûlez-les, tirez-leur dessus, tuez-les ! », a-t-on pu entendre.



Des femmes se font photographier lors de l'inauguration de l'ambassade américaine à Jérusalem lundi (AFP)

Les responsables israéliens se sont eux-aussi montrés insensibles face aux violences subies par les manifestants palestiniens, particulièrement à Gaza.

« Les amis, quel jour glorieux, souvenez-vous de ce jour », a déclaré le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou dans un discours triomphal. « C’est l’histoire, Monsieur Trump ; en reconnaissant l’histoire, vous avez fait l’histoire. »

L’ancien porte-parole de l’armée israélienne, Peter Lerner, a quant à lui déploré sur les réseaux sociaux que les décès de Palestiniens à Gaza étaient une tentative de gâcher la cérémonie d’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem.

Washington refuse toute enquête indépendante sur les violences à Gaza



Funérailles de Sadi Abdou Salah, manifestant handicapé, tué à l'est de Khan Younès (Facebook)

Washington a bloqué lundi une résolution du Conseil de sécurité exigeant une enquête indépendante sur les événements sanglants à Gaza et condamnant les tirs israéliens contre les manifestants palestiniens.

Selon le quotidien Al-Quds al-Arabi, paraissant à Londres, qui rapporte l’information, le projet de résolution avortée appelait aussi les pays membres à fournir plus d’efforts pour faire cesser le blocus de Gaza et apporter une aide humanitaire d’urgence à la population gazaouie.

Traduction : Nikki Haley, ambassadrice des États-Unis à l’ONU : « En ce jour historique, je célèbre avec l’ambassadeur [israélien à l’ONU] l’amitié américano-israélienne et le déplacement de notre ambassade à Jérusalem »

« Un endroit que je ne reconnais pas » : les Palestiniens commémorent 70 ans d’injustice israélienne

La plupart des discussions sur les réfugiés palestiniens se concentrent sur les millions de personnes vivant dans des camps à travers le Moyen-Orient – au Liban, en Syrie, en Jordanie et dans les territoires occupés par Israël en Cisjordanie et à Gaza. On oublie généralement les centaines de milliers de Palestiniens qui vivent encore en Israël et qui sont devenus des déplacés internes suite à la Nakba.

De nombreux habitants de Saffuriya, par exemple, ont échappé aux soldats israéliens en 1948 et se sont cachés à Nazareth et ailleurs, dans des lieux épargnés par les opérations d’expulsion, a noté Ilan Pappé, historien israélien et auteur de l’ouvrage Le Nettoyage ethnique de la Palestine, qui étudie la Nakba.

« Ils ont été contraints de subir une seconde indignité en regardant leur cher village disparaître pour être réinventé sous la forme d’un moshav juif »

– Ilan Pappé, historien

Lorsqu’il était devenu évident qu’ils ne seraient pas autorisés à rentrer chez eux, les réfugiés de Saffuriya se sont lentement réinstallés à la périphérie de Nazareth, dans un nouveau quartier qu’ils ont appelé Safafra en hommage à leur ancien village, sur une colline qui le surplombe.

« Ils ont été contraints de subir une seconde indignité en regardant leur cher village disparaître pour être réinventé sous la forme d’un moshav juif [la communauté agricole de Tzipori] », a indiqué Pappé à Middle East Eye.



Des manifestants marchent pour commémorer la Nakba le 15 mai 1960 à Damas (Syrie), où des milliers de Palestiniens ont fui après 1948 (AFP)

Presque du jour au lendemain, l’afflux de réfugiés de Saffuriya et d’autres villages détruits a doublé la population de Nazareth.

Les réfugiés se sont vu épargner une nouvelle expulsion seulement parce que le commandant israélien qui a attaqué Nazareth n’a pas réussi à en chasser les habitants.

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