Des usagers protestent contre la fermeture par Facebook de comptes d’activistes palestiniens

Des usagers protestent contre la fermeture par Facebook de comptes d’activistes palestiniens

#OccupationPalestine

La colère monte alors qu’Israël et Facebook auraient conclu un accord il y a quelques semaines visant à limiter la liberté d’expression

Des militants ont commencé à utiliser un logo renversé de Facebook comme photo de profil en signe de protestation
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29 septembre 2016
Last update: 
Thursday 29 September 2016 9:52 UTC
Last Update French: 
29 septembre 2016

Qui décide de ce qui peut être publié ou non sur les réseaux sociaux ?

Plus tôt ce mois-ci, Facebook a semble-t-il décidé qu’au moins une partie de la responsabilité devait incomber au gouvernement israélien.

Dans un geste controversé, le gouvernement israélien et Facebook auraient accepté de coopérer en vue de déterminer comment faire face à l’incitation à la haine sur les réseaux sociaux, en ciblant avant tout les Palestiniens. 

Peu après l’accord, plusieurs pages palestiniennes comptant des millions de lecteurs ont été fermées et leurs administrateurs se sont retrouvés dans l’incapacité d’accéder à leurs comptes, ce que certains considèrent comme étant directement lié à l’accord entre Facebook et le gouvernement israélien.

Vendredi dernier, cependant, des journalistes et activistes palestiniens ont déclaré qu’ils en avaient assez et ont annoncé un boycott temporaire de Facebook, protestant contre ce qu’ils appellent la complicité de la société dans la censure israélienne et téléchargeant comme photo de profil un logo renversé de Facebook. 

La ministre de la Justice israélienne, Ayelet Shaked, est la principale personnalité derrière cette controverse. Plus tôt ce mois-ci, elle s’est vantée du fait que Facebook avait été extrêmement heureux de satisfaire les exigences israéliennes. 

« Au cours des quatre derniers mois, Israël a soumis 158 demandes à Facebook » et ce dernier a accepté 95 % d’entre elles, a indiqué Shaked, qui est mieux connue en dehors d’Israël pour ses commentaires contre l’existence d’un État palestinien. On pense que ces dernières années, Facebook et Twitter ont supprimé des milliers de posts, pages et comptes en réponse à des demandes du ministère israélien de la justice.

Traduction : « Wow. Facebook a aujourd’hui supprimé quatre importantes pages d’information et de satire palestiniennes (avec des millions de followers) à la demande du gouvernement israélien. »

En quelques heures, le hashtag #FBcensorsPalestine (Facebook censure la Palestine) avait rassemblé plus de 300 millions de commentaires, dans lesquels les usagers s’opposaient tant à la fermeture des pages pro-Palestine qu’à la récente collaboration entre Facebook et le gouvernement israélien.

Traduction : « Offline, ils sont contrôlés par les drones israéliens. Online, Israël censure chaque mot qu’ils écrivent. Quel genre de dystopie est-ce donc !? »

Traduction : « Nous avons besoin de réseaux sociaux qui ne censurent pas nos pensées. Nous avons besoin d’outils qui ne soutiennent pas les colons. »

Traduction : « La décision de Facebook de censurer la Palestine fait partie de l’actuel nettoyage ethnique contre notre peuple, cette fois-ci virtuellement. »

Traduction : « Facebook est juste un autre checkpoint israélien dans le monde virtuel. »

Les usagers de Twitter ont rapidement souligné l’ironie du choix de Facebook de travailler avec Shaked – qui a par le passé utilisé cette même plateforme pour appeler à l’assassinat de Palestiniens – et reproché le double standard qu’il y a à réduire au silence une seule version. 

Traduction : « Facebook travaille avec la ministre de la Justice d’Israël, Ayelet Shaked, qui est tristement célèbre pour avoir posté un appel à assassiner des enfants palestiniens sur… Facebook. »

Traduction : « [Les mères palestiniennes] doivent mourir et leurs maisons devraient être démolies afin qu’elles ne puissent plus abriter de terroristes »

« Elles sont toutes des ennemies et leur sang devrait être sur nos mains. Ceci s’applique également aux mères des terroristes morts, sinon d’autres petits serpents seront élevés là-bas. »

Ayelet Shaked

Politicienne israélienne, membre de la Knesset pour le parti Foyer juif

« Comment appelez-vous ceci @facebook ? Un message de paix ?!!! »

Traduction : « Un membre des Forces d’Occupation d’Israël a écrit “revanche” sur son torse, incitant à la haine contre les Palestiniens. FB a refusé d’effacer ce post. »

Un jour après la publication du premier appel à action, et une journée entière avant que la campagne ne soit censée commencer officiellement dimanche, Facebook a présenté ses excuses pour avoir désactivé les comptes de journalistes palestiniens. « Les pages ont été supprimées par erreur et restaurées dès que nous avons pu enquêter », a déclaré un porte-parole du groupe à la revue on-line Electronic Intifada.

Mais les militants ont refusé de se taire. Suite à cette excuse, beaucoup d’entre eux ont répété leurs demandes que Facebook se retire immédiatement de l’accord, qu’il en rende publics les termes, qu’il partage les mécanismes de mise en œuvre requis par l’accord et, plus important encore, qu’il explicite les conditions lui permettant de dialoguer avec des gouvernements qui cherchent à entraver la liberté d’expression.

Traduction : « L’excuse de FB ne nous empêchera pas de poursuivre notre campagne. »

Cette controverse fait suite à la suppression récente par Facebook de posts partageant une photo de guerre emblématique de la guerre au Vietnam qui montre une fillette nue en train de fuir en courant une attaque au napalm.
 

Traduit de l’anglais (original).