Selon de nouvelles recherches, les juifs ashkénazes sont originaires de Turquie antique

Selon de nouvelles recherches, les juifs ashkénazes sont originaires de Turquie antique

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De nouvelle recherches indiquent que la langue yiddish trouve ses origines dans le nord-est de la Turquie

Des juifs ultra-orthodoxes brûlent des produits au levain à Jérusalem au cours des derniers préparatifs de la fête de la Pâque juive (AFP)
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25 avril 2016
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Monday 25 April 2016 12:51 UTC
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25 avril 2016

La plupart de la population juive dans le monde moderne mais aussi la langue yiddish proviennent de Turquie et non d’autres parties du Moyen-Orient, selon une nouvelle étude.

Le Dr Eran Elhaik de l’Université de Sheffield s’est servi d’un système de modélisation informatique pour convertir des données ADN d’individus juifs ashkénazes (les communautés juives historiquement situées en Europe) en informations géographiques ; celles-ci ont révélé que 90 % des juifs ashkénazes descendent des Grecs, des Iraniens et d’autres populations qui ont colonisé le nord de l’Anatolie (aujourd’hui le nord de la Turquie) il y a plus de 2 000 ans avant de se convertir au judaïsme.

Le Dr Elhaik a affirmé croire que trois villages turcs encore existants (Iskenaz, Eskenaz et Ashanaz) situés dans le nord-est de la Turquie faisaient partie de la patrie ashkénaze originelle et ont formé le noyau qui a développé la langue juive moderne, le yiddish.

« Nous avons identifié 367 personnes affirmant avoir deux parents juifs ashkénazes et nous les avons réparties entre ceux dont les parents ne parlent que le yiddish et tous les autres », a expliqué à Wired Eran Elhaik, qui a dirigé les recherches.

Le nom des trois villages dérive du terme « ashkenaz », racine du terme « ashkénaze ». Elhaik a indiqué à Wired que le nord-est de la Turquie est le seul endroit où ces quatre noms de lieux existent.

Des chercheurs avaient précédemment identifié le yiddish comme une langue d’origine germanique ou slave ; cependant, Elhaik ainsi que d’autres spécialistes estiment que cette langue a été plus probablement développée aux VIIIe et IXe siècles par les marchands juifs qui commerçaient le long de la route de la soie reliant la Chine et l’Europe.

Elhaik a noté que les résultats étaient « surprenants » dans la mesure où cette région ne présente pas une « riche histoire pour les juifs ».

« Nous concluons que les origines [des juifs ashkénazes] se trouvent probablement au premier millénaire, lorsque les juifs iraniens ont judaïsé les populations gréco-romaines, turques, iraniennes, sud-causasiennes et slaves qui vivaient sur les terres d’Ashkenaz en Turquie », ont précisé les dernières recherches, qui ont été publiées dans la revue Genome Biology.

« Nos résultats laissent entendre que le yiddish a été créé par des marchands juifs slavo-iraniens opérant sur la route de la soie entre l’Allemagne, l’Afrique du Nord et la Chine. »

Le débat sur les origines ethniques des juifs ashkénazes est féroce entre les nationalistes juifs, les Palestiniens et les antisémites, qui soutiennent tous que la résolution de cette question aurait un impact sur les revendications des juifs sur la terre d’Israël moderne.

La théorie selon laquelle les juifs ashkénazes modernes étaient à l’origine des convertis issus de l’ancien royaume khazar, en Asie centrale, et n’auraient donc aucun lien génétique ancestral avec le royaume biblique de Judée et les douze tribus originelles d’Israël, a été vantée par certains antisionistes comme un moyen de rejeter les revendications sionistes sur la Palestine historique.

D’autres recherches ont cependant révélé une ascendance génétique commune entre les juifs ashkénazes et d’autres ethnies du Moyen-Orient, y compris les Palestiniens.

« Les voisins génétiques les plus proches de la plupart des groupes juifs étaient les Palestiniens, les Bédouins israéliens et les Druzes, en plus des Européens du Sud, notamment les Chypriotes », ont écrit Harry Ostrer, professeur de pédiatrie et de pathologie à l’Albert Einstein College of Medicine de New-York, dans le Bronx, et Karl Skorecki, directeur de la recherche et du développement médical au Rambam Health Care Campus d’Haïfa, dans la revue Human Genetics en octobre 2012.

 

Traduction de l’anglais (original) par VECTranslation.