Une « erreur de jugement » en Syrie pourrait entraîner une guerre régionale, prévient un rapport

Une « erreur de jugement » en Syrie pourrait entraîner une guerre régionale, prévient un rapport

#TensionsMoyenOrient

Selon l’International Crisis Group, la Russie devrait jouer un plus grand rôle dans la médiation entre l’Iran et Israël afin d’éviter que le conflit syrien ne se propage

Un drapeau israélien flotte au-dessus des débris d’un char israélien dans le Golan occupé par Israël (AFP)
08 février 2018
Last update: 
Thursday 10 May 2018 13:01 UTC
Last Update French: 
10 mai 2018

L’Iran et Israël ne sont qu’à une « erreur de jugement » de la guerre alors que les deux camps intensifient leurs interventions militaires en Syrie, prévient un nouveau rapport de l’International Crisis Group (ICG).

Selon l’ICG, la volonté croissante d’Israël de recourir à la force contre des cibles soutenues par l’Iran en Syrie, y compris la milice libanaise Hezbollah, signifie que le conflit qui dure depuis sept ans dans le pays pourrait finir par se propager au-delà de ses frontières actuelles.

« ‘‘Les règles du jeu’’ qui ont contenu les affrontements entre Israël et le Hezbollah depuis plus d’une décennie se sont érodées », indique le rapport, intitulé « Israël, le Hezbollah et l’Iran : empêcher une autre guerre en Syrie ».

« De nouvelles règles peuvent être établies en Syrie par accord mutuel ou via un cycle mortel d’attaques et de ripostes dans lequel tout le monde perdra. Une guerre plus vaste pourrait être provoquée par une seule erreur de jugement. »

L’International Crisis Group est une ONG internationale dont la mission est de prévenir et résoudre les conflits.

Le rapport exhorte la Russie, que l’ICG identifie comme le seul véritable médiateur entre l’Iran et Israël, à jouer un rôle plus actif dans la prévention d’une potentielle escalade.

« La Russie devrait négocier des accords qui soutiennent l’accord de désescalade en tenant les forces soutenues par l’Iran à distance de la ligne d’armistice syro-israélienne, mais aussi arrêter la construction par l’Iran d’installations de missiles de précision et d’une infrastructure militaire en Syrie, et convaincre Israël d’accepter que des forces étrangères restent en Syrie en attendant un accord sur l’avenir du pays », peut-on également lire dans le rapport.

Bien qu’Israël et l’Iran soient des ennemis jurés, la Russie a maintenu de bonnes relations avec les deux.

Les avions de combat israéliens ont frappé mercredi une position militaire syrienne dans une zone rurale près de Damas, déclenchant le système de défense aérienne de la Syrie, qui a détruit la plupart des missiles, selon un communiqué de l’armée syrienne diffusé à la télévision.

Le communiqué indique que plusieurs missiles ont été lancés par les appareils israéliens depuis l’intérieur du territoire libanais à 3 h 42 heure locale.

L’armée syrienne a déclaré avoir détruit la plupart des missiles israéliens visant ses positions, sans toutefois donner de détail sur les dégâts ou les pertes humaines encourus.

L’armée de l’air israélienne a indiqué avoir effectué plus de cent frappes contre les convois d’armes de l’armée syrienne et du Hezbollah libanais depuis le début de la guerre en Syrie, en 2011.

Bien qu’Israël considère officiellement la Syrie de Bachar al-Assad comme un pays ennemi, il a en grande partie évité une implication directe plus importante dans la guerre.

Les responsables israéliens ont néanmoins averti à plusieurs reprises qu’ils ne permettraient pas à la Syrie de devenir un refuge pour le Hezbollah et d’autres groupes qui pourraient à l’avenir tenter d’attaquer Israël.

Le ministre français des Affaires étrangères a demandé mercredi à toutes les milices soutenues par l’Iran, dont le Hezbollah, de quitter la Syrie, affirmant que l’Iran (ainsi que la Turquie) violait le droit international par leurs actions dans le pays.

Interrogé à la télévision française sur son souhait de voir les forces armées turques se retirer de Syrie, Jean-Yves Le Drian a indiqué qu’il voulait « le retrait de tous ceux qui ne devraient pas être en Syrie, y compris la milice iranienne, y compris le Hezbollah ».

Le rapport de l’ICG prévient que malgré les bonnes relations de la Russie avec Israël, l’intervention de l’armée de l’air russe en Syrie – qui a commencé en 2015 – pourrait en fin de compte profiter au Hezbollah dans ses efforts contre Israël.

« Dans la perspective d’Israël, si Moscou soutient la reconquête du sud par Assad, le résultat sera le même : le Hezbollah et les forces iraniennes atteindront le plateau du Golan et finiront par y construire une infrastructure offensive », selon le rapport.

L’International Crisis Group ajoute qu’Israël a « mis à jour ses lignes rouges – signalant que si nécessaire, il prendrait les choses en main pour empêcher l’Iran d’établir une présence militaire permanente en Syrie ».

 

Traduit de l’anglais (original).