VIDÉO : La bataille pour la récolte des olives en Cisjordanie

VIDÉO : La bataille pour la récolte des olives en Cisjordanie

#IsraëlPalestine

Les olives sont un élément clé de l’économie palestinienne mais, chaque année, des colons endommagent, déracinent, empoisonnent ou brûlent systématiquement les arbres

Des villageois cueillent des olives à Douma en Cisjordanie (MEE/Jimmy Hutcheon)
- Jimmy Hutcheon's picture
12 novembre 2015
Last update: 
Monday 11 July 2016 12:36 UTC
Last Update French: 
11 juillet 2016

DOUMA, Cisjordanie – La récolte annuelle des olives est un important événement économique, social et culturel pour les Palestiniens. La récolte des olives se déroule chaque automne et se poursuit d’octobre à décembre.

Les Palestiniens sont confrontés à de nombreux défis alors que leur accès à la terre, à l’eau et aux marchés est souvent fortement restreint par les colonies israéliennes, les checks-points et les restrictions qui surgissent dans une grande partie de la Cisjordanie.

Pourtant, en dépit de tous ces défis, les agriculteurs récoltent leurs olives, année après année. L’oléiculture est une source essentielle de revenus en Palestine et un secteur qui détiendrait un vaste potentiel économique.

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), la production d’olives représente 25 % de l’économie cisjordanienne et emploie plus de 150 000 personnes dans la bande de Gaza et en Cisjordanie.

Dans les zones rurales, plus de la moitié des familles tirent leurs revenus de l’agriculture, avec les olives représentant au moins 70 % du revenu annuel, selon Lamis Zamzam, un porte-parole de l’organisation Canaan Fair Trade qui encourage les coopératives agricoles en Palestine.

« Chaque année, 30 000 tonnes d’olives sont récoltées dans les territoires palestiniens occupés, environ les deux tiers de celles-ci sont exportés », a indiqué Fuad Abu Seif, directeur général par intérim de l’UAWC (le Syndicat des comités de travailleurs agricoles), dans une récente déclaration.

Cependant, chaque année, la violence des colons constitue un sérieux défi pour les agriculteurs palestiniens. Les oliviers sont régulièrement endommagés, déracinés, empoisonnés, brûlés ou leurs fruits sont même récoltés par les colons. Ces dommages entraînent une perte de revenus d’11,2 millions d’euros chaque année selon les estimations de l’OCHA.

Afin de limiter ces dommages, des étudiants palestiniens et des volontaires internationaux travaillent avec les agriculteurs pour terminer la récolte plus rapidement et tentent d’accroître la sécurité dans les fermes pour éviter l’endommagement des oliveraies.

Cette année, des étudiants de l’université al-Qods sont venus en nombre pour participer à la récolte des olives dans le village de Douma.

« Je suis venu aujourd’hui pour aider les agriculteurs à récolter les olives sur les arbres, et aussi pour soutenir la famille Dawabsheh, dont ils ont brûlé la maison et qu’ils ont tuée [en juillet dernier] », a expliqué Haya, étudiante de l’université al-Qods, en référence à la famille palestinienne dont la maison a été incendiée par des colons. Le bébé de 18 mois, Ali, est décédé dans l’incendie, tandis que ses parents, Saad et Riham, sont morts plus tard des suites de leurs blessures.

Haya, qui a souhaité conserver l’anonymat, a confié à MEE que de nombreux autres étudiants estimaient que le bénévolat était un acte de résistance symbolique aux attaques des colons et à l’actuelle occupation militaire israélienne de la Cisjordanie.

Traduction de l’anglais (original) par VECTranslation.