Des migrants se cousent les lèvres pour protester contre la destruction du camp de Calais

Des migrants se cousent les lèvres pour protester contre la destruction du camp de Calais

#Réfugiés

Six Iraniens manifestent dans la jungle de Calais alors que les autorités françaises détruisent des habitations temporaires à l’aide de bulldozers depuis trois jours

Ce groupe d’Iraniens portait des affiches demandant « Où est notre liberté ? » (AFP)
MEE's picture
03 mars 2016
Last update: 
Thursday 3 March 2016 14:03 UTC
Last Update French: 
03 mars 2016

Un groupe de migrants de la jungle de Calais s’est cousu les lèvres tout en entamant une grève de la faim pour protester contre la démolition partielle de ce camp.

Ces six Iraniens se sont également bandé les yeux ce jeudi alors que depuis trois jours les autorités françaises détruisent des habitations temporaires à l’aide de bulldozers dans ce camp qui abrite des milliers de personnes essayant de passer au Royaume-Uni.

Des migrants ont déjà eu recours à des manifestations symboliques dans d’autres parties de l’Europe, mais ce serait la première fois que ce genre de tactiques est utilisé à Calais.

Les manifestants iraniens brandissaient une pancarte exhortant l’ONU à enquêter sur les conditions de vie au camp ; ils tenaient également des affiches sur lesquelles on pouvait lire « Nous sommes des humains » et « Où est notre liberté ? ».

Cette manifestation a eu lieu alors même que le Royaume-Uni s’est engagé à dépenser 20 millions de dollars pour améliorer la sécurité aux alentours du camp et des frontières. Cette annonce a coïncidé avec la visite du Premier ministre britannique David Cameron à Amiens en vue de discuter de la crise des réfugiés.

Le Royaume-Uni compte sur la France pour empêcher les migrants de tenter d’atteindre ses côtes ; il s’appuie sur un accord qui place sur le sol français la frontière physique entre les deux pays.

La France a vidé le camp de centaines de ces abris temporaires plus tôt dans la semaine, le gouvernement ayant décrit cette manœuvre comme une tentative d’améliorer les conditions de vie et de déplacer les habitants de la jungle vers des camps constitués d’abris préfabriqués situés un peu plus à l’intérieur des terres.

La France a également proposé d’accorder l’asile aux habitants du camp. Cependant, beaucoup d’entre eux affirment avoir de la famille au Royaume-Uni et sont déterminés à demander l’asile à leur arrivée au sud de l’Angleterre. Ils sont nombreux à avoir trouvé la mort en essayant de s’introduire clandestinement dans des camions et des trains en partance pour le Royaume-Uni.

 


Traduction de l’anglais (original) par Mathieu Vigouroux.