L’Arabie saoudite suspend « indéfiniment » un accord d’aide à la production pétrolière avec l’Égypte

L’Arabie saoudite suspend « indéfiniment » un accord d’aide à la production pétrolière avec l’Égypte

#AutomneÉgyptien

L’Égypte et l’Iran nient des négociations portant sur un accord alternatif après que Riyad retire des livraisons sous un accord de 23 milliards de dollars (20 milliards d’euros) qui comprenait la remise des îles de la Mer Rouge

Le ministre égyptien du Pétrole Tarek el Molla (droite) avec le ministre chypriote de l’Énergie Yiorgos Lakkotrypis en août
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08 novembre 2016
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Tuesday 8 November 2016 15:25 UTC
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08 novembre 2016

L’Arabie saoudite a informé l’Égypte que des expéditions de produits pétroliers attendus dans le cadre d’un contrat d’aide à la production pétrolière ont été suspendues indéfiniment, laissant entendre que le désaccord entre les deux pays s’accentue.

Lundi, le ministre du Pétrole égyptien, Tarek el-Molla, a confirmé que l’Arabie saoudite avait arrêté ses livraisons jusqu’à une date indéterminée. Aramco n’a pas commenté cette interruption et n’a pas répondu aux appels lundi.

« Ils ne nous ont pas donné d’explication », a déclaré un officiel du ministère du Pétrole égyptien. « Ils ont seulement informé les autorités de l’arrêt des livraisons de produits pétroliers jusqu’à nouvel ordre. »

Depuis que le président Abdel Fattah al-Sissi a pris le pouvoir en 2013, l’Arabie saoudite a été une donatrice principale de l’Égypte. Riyad est cependant devenue de plus en plus frustrée par le manque de réformes économiques de Sissi et sa réticence à intervenir dans le conflit au Yémen.

Lors d’une visite du roi saoudien Salmane en avril, l’Arabie saoudite a accepté de fournir à l’Égypte 700 000 tonnes de produits pétroliers raffinés par mois pendant cinq ans, mais les cargos ont cessé d’arriver en Égypte début octobre lorsque des tensions ont éclaté au grand jour.

Des officiels égyptiens ont déclaré depuis que le contrat avec l’entreprise pétrolière d’État saoudienne Aramco restait valide, et ils semblaient s’attendre à ce que le pétrole recommence bientôt à circuler.

Ces déclarations interviennent tandis que l’Égypte a été forcée de démentir des rapports publiés dimanche selon lesquels Molla devait voyager en Iran pour négocier de nouveaux accords pétroliers.

Toutefois, lors d’un discours prononcé lundi à Abou Dhabi, Molla a déclaré qu’il n’irait pas en Iran. Un officiel du pétrole iranien a déclaré plus tard qu’un article sur le voyage publié par l’agence de presse semi-officielle Mehr était « inexacte ».

Le Premier ministre égyptien Sherif Ismail, cité par le journal d’État al-Ahram, aurait déclaré que Molla ne se rendait pas en Iran et que l’Égypte ne négociait pas avec l’Iran pour importer des produits pétroliers.

Reuters a rapporté que selon deux sources sécuritaires et une source dans la délégation de Molla, le ministre devait s’y rendre, mais que cette visite discrète était maintenant différée après que les informations ont été rendues publiques.

Les pays du Golfe arabe, menés par l’Arabie saoudite, ont injecté des milliards de dollars dans la faible économie égyptienne depuis que le général Sissi a pris le contrôle après un an de règne conflictuel par les Frères musulmans.

Toutefois, avec la menace diminuée des Frères musulmans, les leaders du Golfe sont devenus désillusionnés par ce qu’ils considèrent comme l’« incapacité » de Sissi à reformer l’économie, devenue un trou noir pour l’aide financière, et sa réticence à les soutenir sur la scène régionale.

L’Égypte s’est montrée réticente à soutenir militairement Riyad dans sa guerre contre le groupe houthi soutenu par l’Iran au Yémen.

En Syrie, où l’Arabie saoudite est un soutien principal des rebelles se battant contre Bachar al-Assad, soutenu par l’Iran, Sissi a soutenu la décision de la Russie de bombarder pour soutenir le président.

Un accord pour remettre deux îles de la mer Rouge, conclu en même temps que l’accord sur l’aide à la production pétrolière, a fait l’objet de contestations judicaires et piétine dans un tribunal égyptien.

 

Traduit de l’anglais (original).