La réponse étonnante d’un ambassadeur saoudien à une question sur l’emploi de bombes à fragmentation

La réponse étonnante d’un ambassadeur saoudien à une question sur l’emploi de bombes à fragmentation

#GuerreYémen

L’ambassadeur de Riyad aux États-Unis déclare que demander si son pays va arrêter d’utiliser des bombes à fragmentation au Yémen revient à demander « Allez-vous arrêter de battre votre femme ? »

Abdullah al-Saud rit après son commentaire (capture d’écran)
MEE's picture
04 novembre 2016
Last update: 
Friday 4 November 2016 17:01 UTC
Last Update French: 
04 novembre 2016

Lorsqu’il lui a été demandé si son pays arrêterait d’utiliser des bombes à fragmentation au Yémen, l’ambassadeur de l’Arabie saoudite aux États-Unis a écarté la question en répondant : « C’est comme si vous me demandiez : "Allez-vous arrêter de battre votre femme ?" »

Un reporter de The Intercept a posé cette question au prince Abdullah al-Saud lors de la conférence annuelle des responsables politiques arabes et américains à Washington la semaine dernière.

« C’est comme si vous me demandiez "Allez-vous arrêter de battre votre femme ?" », a répondu al-Saud en rigolant. « Vous êtes des opérateurs politiques…Je ne suis pas un homme politique. »

 


Il a également déclaré que son pays continuerait à bombarder les rebelles Houthis au Yémen « à tout prix ».

« Quiconque attaque des vies humaines, et dérange la frontière, dans n’importe quelle région, sera frappé quoi qu’il arrive ».

« Quiconque cherche à résoudre le problème au Yémen devrait comprendre qui crée tous les problèmes ».

Des groupes de défense des droits de l’homme ont accusé l’Arabie saoudite de cibler délibérément des infrastructures civiles au Yémen, notamment des hôpitaux, des usines et zones résidentielles. Le royaume a également été accusé d’utiliser des armes interdites telles que des bombes à fragmentation.

Lors d’un reportage au Nord du Yémen, Middle East Eye a trouvé des preuves de l’utilisation de petites bombes à sous munitions.

Les commentaires d’al-Saoud interviennent peu de temps ares que le général en chef saoudien, Ahmed al-Asiri, a déclaré au Royal United Services Institute de Londres le 1er novembre que l’Arabie saoudite avait peu de regrets concernant son implication dans la guerre au Yémen.

« Depuis le premier jour, il n’y a pas eu d’attaques sur des infrastructures, pas de (bombardement) urbain », a-t-il déclaré. « Nous utilisons des armes de précision pour soutenir les troupes au sol. »

Il a reconnu qu’il y avait eu « des dommages collatéraux mais la guerre à un horrible visage avec lequel nous devons traiter ».

La coalition menée par l’Arabie saoudite a commencé à bombarder les rebelles Houthis au Yémen en mars 2015 pour soutenir le président exilé Abd Rabbo Hadi.

Le gouvernement britannique a vendu plus de 4 milliards de dollars d’armes à l’Arabie saoudite depuis qu’elle a commencé son intervention.

L’ONU estime que plus de 10 000 personnes sont mortes dans ce conflit.

 

Traduit de l'anglais (original).