Sept choses que les Saoudiennes n’ont toujours pas le droit de faire

Sept choses que les Saoudiennes n’ont toujours pas le droit de faire

#ArabieSaoudite

Si la révocation de l'interdiction de conduire faite aux femmes d’Arabie saoudite apparaît comme un progrès, le royaume a encore beaucoup de chemin à parcourir en matière de droits des femmes

La Saoudienne Iman al-Nafjan montre une note où est écrit « Svp, ne conduisez pas ». Elle explique que celle-ci a été placée sur le véhicule de sa famille comme un avertissement après qu’elle a conduit à Riyad en 2011 (AFP)
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28 septembre 2017
Last update: 
Monday 2 October 2017 11:31 UTC
Last Update French: 
02 octobre 2017

Dans un décret rendu ce mardi, le roi Salmane d’Arabie saoudite a annoncé que les Saoudiennes seraient autorisées à conduire en 2018, une mesure qui mettra fin à son statut de seul pays au monde où les femmes n’ont pas le droit de conduire.

Les utilisateurs des réseaux sociaux ont réagi à la nouvelle en mettant l’accent sur les règles de tutelle « régressives » du royaume, règles contre lesquelles les Saoudiennes luttent encore.

Traduction : « Flash info : l'Arabie saoudite est toujours un État répressif autocratique qui actuellement tue des Yéménites et se sert de changements cosmétiques pour améliorer son image »

Traduction : « Félicitations à l'Arabie saoudite pour être devenue une dystopie médiévale répressive (où les femmes peuvent au moins conduire) »

L’interdiction de conduire un véhicule faite aux Saoudiennes n’est que l'une des nombreuses lois controversées qui imposent de lourdes restrictions aux femmes dans le pays.

Les Saoudiennes doivent notamment obtenir la permission d'un homme de leur famille, parfois même un frère cadet, pour certaines des décisions les plus importantes de leur vie.

Voici une liste de ce que les femmes ne peuvent toujours pas faire en Arabie saoudite :

1. Manger librement en public

Dans le cadre du code vestimentaire du royaume, les femmes ont l’obligation de porter un voile facial. Bien qu’appliquée de manière sélective, celle obligation signifie que partout où elles se trouvent, les Saoudiennes doivent manger sous leur voile.

2. S’habiller comme elles le désirent

Les Saoudiennes doivent couvrir leurs cheveux et leurs corps. Le code vestimentaire du royaume les oblige à porter une abaya, un manteau qui s’apparente à une robe et descend jusqu’aux pieds.

3. Fréquenter des hommes en-dehors de leur cercle familial

Les Saoudiennes ne sont pas libres de fréquenter des hommes ne faisant pas partie de leur famille immédiate et elles peuvent même être emprisonnées si elles enfreignent cette loi.

4. Épouser qui elles aiment

Selon les lois du royaume, les Saoudiennes ne peuvent pas épouser des hommes non-musulmans, chiites ou athées.

5. Voyager

Il est interdit aux Saoudiennes de voyager sans la permission d'un tuteur.

6. Ouvrir un compte bancaire

En Arabie saoudite, les femmes doivent obtenir l'autorisation de leur mari pour pouvoir ouvrir un compte bancaire.

7. Obtenir un emploi

Bien que le gouvernement n'exige plus qu'une femme demande la permission d’un gardien pour travailler, de nombreux employeurs exigent encore ce type d’autorisation avant d'embaucher une femme.


Faire avancer les droits des femmes dans le royaume est une lutte difficile. Des militantes ont, par exemple, été arrêtées pour avoir bravé l’interdiction de conduire. Les femmes saoudiennes font campagne pour le droit de conduire depuis les années 1990, et nombre d’entre elles ont fini en prison.

Parmi elles, Manal al-Sharif, une activiste des droits de la femme et ancienne employée d'Aramco qui a osé conduire dans l’est de l’Arabie saoudite avec Wajiha al-Howeider, une féministe chevronnée, qui a enregistré la scène pour la faire circuler sur les réseaux sociaux.

Récemment, une mannequin a également été arrêtée pour avoir porté une jupe courte.

Exploiter l'islam pour justifier ces pratiques

Les érudits islamistes du royaume avaient coutume de justifier en termes religieux l'interdiction de conduire faite aux femmes, arguant pendant des années que celle-ci était conforme à la charia.

Après l’annonce de la levée de l’interdiction, de nombreux utilisateurs des réseaux sociaux ont partagé d’anciens tweets de responsables religieux qui défendaient l'interdiction, qualifiant leur point de vue de « honteux » et demandant leur destitution.

Ce twitteur écrit que certains activistes scrutent à présent les comptes Twitter de ces responsables religieux à la recherche d’anciens tweets prouvant qu’ils soutenaient l’idée selon laquelle il est illégal pour les femmes de conduire. Il s’agit toutefois d’une course contre la montre car ces mêmes érudits se hâtent de supprimer tous leurs tweets maintenant que le roi a levé l’interdiction.

 

Traduit de l’anglais (original).