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#Artmazigh met en valeur des artistes fiers de leur culture

Les artistes amazighs inondent les réseaux sociaux d’œuvres d’art et de récits inspirés par leur histoire et leurs traditions
De nombreux internautes ont salué le hashtag, qui permet de mettre en avant des artistes et auteurs amazighs fiers de leur culture (capture d’écran Twitter/@safifesse)
De nombreux internautes ont salué le hashtag, qui permet de mettre en avant des artistes et auteurs amazighs fiers de leur culture (capture d’écran Twitter/@safifesse)
Par
Yasmina Allouche

Cette semaine, des artistes amazighs ont célébré l’événement #Artmazigh sur les réseaux sociaux en publiant des images de leurs œuvres qui détaillent fièrement tous les aspects de leur culture.

Les Amazighs, ou « peuple libre » en tamazight, forment le peuple indigène d’Afrique du Nord, du Maroc jusqu’en Égypte. Le terme « Berbère », souvent utilisé pour désigner les Amazighs, est considéré comme offensant en raison de sa signification originale dérivée du grec barbaros, qui signifie « barbare »

« J’ai été inspirée par d’autres hashtags sur Twitter comme #ArtMubarak qui s’adresse aux artistes musulmans », confie à Middle East Eye Safiya Zerrougui, illustratrice et dessinatrice de personnages établie au Canada, qui a lancé #Artmazigh. « J’ai vu qu’ils avaient créé un espace permettant aux artistes de mettre en vitrine leur talent. Avec l’aide de mes amis amazighs, j’ai trouvé le hashtag et les dates. »

De nombreux Amazighs ont souvent le sentiment d’être systématiquement marginalisés, sur le plan historique, dans les récits nationaux, mais aussi aux niveaux politique et socio-économique, alors que les plus séparatistes d’entre eux réclament l’autonomie. 

Des événements tels que #Artmazigh sont pour eux des occasions d’exprimer leur fierté vis-à-vis de leur culture à travers des peintures et des récits, mais aussi d’expliquer leur identité à un public non amazigh.

« Je pense qu’il est extrêmement important de ressentir un sentiment d’appartenance et de fierté vis-à-vis de sa communauté », explique Safiya Zerrougui. « De nombreux créatifs m’ont dit que j’étais la première artiste amazighe qu’ils rencontraient sur les réseaux sociaux. Un événement autour d’un hashtag était un moyen facile de bâtir ce sentiment de communauté tout en se tirant mutuellement vers le haut. »

Traduction : « [RT] Appel aux créatifs amazighs [indigènes d’Afrique du Nord] pour #Artmazigh ! Les 29 et 30 novembre, partageons notre art en utilisant le hashtag ! Illustrateurs, écrivains, photographes, artistes textiles, développeurs de jeux vidéo… Tout le monde est le bienvenu. Chacun est invité à apporter sa pierre à l’édifice ! Plus d’infos… »

Traduction : « En parcourant #Artmazigh, mon cœur se remplit de joie. C’est tout simplement incroyable de voir des créateurs heureux, uniques, bizarres et divers qui dépeignent chacun à leur manière ce que signifie être amazigh. Vous me montrez des parties de notre identité que je n’avais jamais vues auparavant. »

Une internaute a présenté l’histoire d’une jeune fille qui voyage pour étudier les esprits, tout en détaillant certains vêtements traditionnels portés par les femmes amazighes en Tunisie et en Libye.

Traduction : « Hé #Artmazigh ! Voici des fiches de personnages que j’ai conçues pour une histoire au sujet d’une fille qui voyage pour étudier les djinns et la multitude d’esprits et de créatures qu’elle rencontre en chemin. »

Traduction : « Azul [salut] #Artmazigh ! Je suis une artiste algérienne qui aime créer et illustrer des personnages ! Voici quelques œuvres inspirées par notre étonnante culture. »

Une autre artiste qui a partagé ses œuvres représentant des femmes amazighes au visage tatoué a expliqué la signification de cet art.

Traduction : « #Artmazigh Pin-pon, voici deux de mes plus belles œuvres à l’occasion de cet événement. »

Traduction : « Azul [salut] ! Je suis Noure, une Amazighe algérienne qui dessine parfois ! J’aime particulièrement dessiner les femmes, mais aussi la linogravure et l’art sur papier. En regardant ce hashtag, je ressens de la joie, merci, sahit [merci]. »

Des internautes originaires d’Afrique du Nord et de la diaspora nord-africaine ont utilisé le hashtag pour se présenter et découvrir le travail des autres.

Traduction : « Je m’appelle Samy, j’ai 17 ans et je suis un artiste algérien vivant en France. Je travaille actuellement sur une grande série d’illustrations mettant en valeur la culture algérienne. »

Traduction : « Salut #Artmazigh ! Je m’appelle Momo et je suis un artiste soudanais vivant à Leeds, voici quelques-unes de mes dernières œuvres ! »

Un artiste a brodé des motifs traditionnels amazighs reprenant le tifinagh, l’écriture alphabétique amazighe. 

Traduction : « Broderie inspirée par les motifs amazighs, avec des lettres tifinagh » 

Les deux plus grandes populations d’Amazighs se trouvent en Algérie et au Maroc, mais tous ne s’identifient pas en tant que tels. 

Traduction : « Azul fellawen! [Bonjour à tous !] »

Traduction : « Bonjour si c’est le matin chez vous ! Je suis si heureuse que vous ayez aimé mes dessins. C’était incroyable de voir tous ces likes au réveil. Voici quelques-unes de mes œuvres. »

De nombreux internautes ont salué le hashtag et y ont vu une tribune publique permettant aux artistes et auteurs amazighs de présenter leurs œuvres ainsi qu’une occasion de mettre en valeur leur fierté à l’égard de leur culture.

Traduction : « Je viens de découvrir #Artmazigh et cela a ensoleillé ma journée ! J’ai été si heureuse de trouver d’autres artistes ayant la même culture que moi [Et en plus, ils sont tous si talentueux ! Regardez ce hashtag et soutenez ces artistes !] »

Traduction : « Béni soit le hashtag #Artmazigh, j’ai découvert tant d’artistes talentueux et sous-estimés et j’espère qu’ils obtiendront tous la reconnaissance qu’ils méritent ! Continuez de regarder, bonne nuit à tous. »

Traduction : « C’est le meilleur # de Twitter, vous êtes tous si talentueux. Cela fait tellement du bien d’avoir une certaine forme de représentation de l’Afrique du Nord dans l’art… #Artmazigh »

« La réponse a été extrêmement positive, indique Safiya Zerrougui à MEE. J’ai été heureuse de voir que des personnes vivant en Afrique du Nord ont également participé. Nous avons même fait afficher des flyers pour l’événement à l’université de Tlemcen en Algérie. »

Elle espère désormais créer une base de données destinée aux artistes, auteurs et lecteurs amazighs « qui espèrent percer dans leur domaine respectif ».

Le prochain événement culturel majeur pour les Amazighs sera Yennayer. Célébré en janvier, ce jour marque le début du calendrier agraire utilisé par le peuple amazigh depuis les temps anciens.

Yennayer est marqué par des dîners collectifs composés de plats traditionnels, des fêtes, des chants et des conférences. Depuis 2018, il s’agit d’un jour férié célébré le 12 janvier en Algérie.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.