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« Je n’ai honte de rien » : des Saoudiennes se mettent à la pole dance

Au moins trois salles d’entraînement à la pole dance sont ouvertes à Riyad, alors que les réseaux sociaux se déchaînent contre cette pratique
La professeure de yoga Nada s’entraîne à la pole dance dans un gymnase dans la capitale Riyad, le 1er octobre 2022 (AFP/Fayez Nureldine)
La professeure de yoga Nada s’entraîne à la pole dance dans un gymnase dans la capitale Riyad, le 1er octobre 2022 (AFP/Fayez Nureldine)

Lorsque Nada s’est mise à la pole dance il y a quelques années, son entourage en Arabie saoudite a mal réagi, mais elle a persévéré pour, dit-elle, changer les mentalités dans cette monarchie très conservatrice du Golfe.

Dans la capitale, Riyad, cette professeure de yoga de 28 ans se souvient que sa famille et ses amis lui disaient que ce sport n’était « pas bien du tout », tant il reste associé aux clubs de strip-tease et autres cabarets burlesques à l’étranger.

Traduction : « Les Saoudiennes et la pole dance, un sport qui se généralise malgré le regard de la société. Trois salles de sport au moins ont lancé des sessions d’entraînement. »

Nada ne s’est pas découragée, suivant des cours dans une salle de sport, en partie pour déconstruire les préjugés, avec un certain succès, estime-t-elle, du moins dans son cercle d’amis. 

« Au début, elles disaient que c’était inapproprié et que c’était une erreur. Maintenant, elles me disent : ‘’On veut essayer’’ », s’amuse Nada, qui refuse toutefois de divulguer son nom de famille.

Football et golf

Pendant de nombreuses années, les restrictions autour de ce que les Saoudiennes pouvaient porter ou de ce qu’elles pouvaient faire ont drastiquement limité leurs possibilités d’activité physique.

Traduction : « De nombreux auteurs occidentaux ont affirmé que les guerres de colonisation ne sont plus militaires mais plutôt intellectuelles, à travers la propagation d’idées en contradiction avec nos valeurs et notre religion. Ceci en est un exemple. »

Ces dernières années, les autorités cherchent néanmoins à ouvrir davantage la société pour adoucir son image auprès du monde et de sa propre jeunesse, en dépit d’une répression politique féroce qui cible notamment des militantes féministes.  

Le mois dernier, l’équipe nationale saoudienne de football féminin a disputé son premier match à domicile contre le Bhoutan, et une première ligue féminine doit bientôt voir le jour.

EN IMAGES – Dans le quotidien des Saoudiennes de Riyad
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Les autorités visent également une plus grande participation des femmes au golf, un sport traditionnellement dominé par les hommes et qui connaît une popularité grandissante dans ce riche État pétrolier.  

Dans ce contexte de changements, au moins trois salles de sport en Arabie saoudite proposent des cours de pole dance.

« J’ai l’impression qu’il y a plus d’intérêt pour la pole dance, parce que c’est quelque chose de nouveau que les filles aiment essayer », relève May al-Youssef, propriétaire d’une salle de sport à Riyad. 

Pour les adeptes de la pole dance, la mauvaise réputation de ce sport n’a pas lieu d’être en Arabie saoudite, puisque l’alcool y est interdit et que les clubs de strip-tease sont inexistants.

Une des membres d’un cours de pole dance à Riyad assure ainsi n’avoir « pas du tout honte » de s’y adonner.  

Plus difficile qu’il n’y paraît à l’écran

« C’est ma personnalité, je dirais. Je n’ai pas honte d’assumer ma sensualité, ma féminité. Je n’ai honte de rien, tant que je ne fais de mal à personne », explique-t-elle, tout en demandant à rester anonyme.

La seule raison pour laquelle elle a arrêté, dit-elle, c’est que la pole dance s’est avérée plus exigeante qu’elle ne l’avait cru d’un point de vue physique, une activité bien plus difficile qu’il n’y paraît à l’écran. 

Traduction : « Apprendre aux femmes musulmanes, au pays des deux Lieux sacrés, la pole dance qui est en Occident une sorte de commerce de sexe. Que Dieu humilie celui qui a accepté ou défendu ou ordonné cela. »

« J’ai réalisé que ce n’était pas mon truc. Il faut beaucoup de muscles, beaucoup de force pour pouvoir le faire », raconte-t-elle.

May al-Youssef, la propriétaire de la salle de sport, espère que les exigences physiques de la pole dance transparaissent sur les photos et les vidéos qu’elle publie sur Instagram.  

Autre atout de ce sport selon elle, le bien-être et le rapport des clientes à leur corps : « Avec le temps, elles semblent aimer davantage leur corps », et disent « se sentir bien dans leur peau ».

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