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En Arabie saoudite, supprimer quelqu’un d’un groupe WhatsApp peut conduire en prison ?

Dans le royaume saoudien, des utilisateurs de l’application WhatsApp ferment leurs groupes, inquiets de l’interprétation possible d’un texte de loi
Un conseiller juridique affirme que supprimer quelqu’un d’un groupe WhatsApp peut être sanctionné d’une amende et d’une peine de prison, suscitant l’émoi dans le pays (AFP/photo d’archives)

Les utilisateurs de WhatsApp pourraient se voir infliger une peine de prison ou une lourde amende s’ils suppriment quelqu’un d’un groupe, selon un conseiller juridique saoudien

Ahmed Ajab a déclaré lundi au quotidien Makkah que cet acte a priori inoffensif pourrait avoir de graves conséquences pour les Saoudiens. 

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Ajab cite un paragraphe de la loi saoudienne contre la cybercriminalité qui stipule que ceux qui diffament ou nuisent à autrui via des moyens informatiques encourent une amende et une peine de prison. 

Il fait valoir que si quelqu’un est supprimé d’un groupe WhatsApp et dépose plainte auprès des autorités compétentes, le responsable de sa suppression encourt une peine d’un an de prison et de 500 000 rials (117 500 euros) d’amende. 

Il explique qu’être supprimé d’un groupe sur l’application de messagerie pourrait engendrer « un préjudice moral qui diminue la valeur [de la personne] et dégrade sa position », bien qu’il précise que si le départ d’un groupe n’engendre pas de préjudice avéré ou potentiel, il n’y aurait aucune conséquence légale. 

Vif émoi en Arabie saoudite

Jeudi, Al-Watan a rapporté que cette information avait inquiété les utilisateurs saoudiens de WhatsApp et que beaucoup avaient fermé des groupes par peur des sanctions. 

L’avocat Fawaz al-Dakhil a confirmé au journal que l’interprétation d’Ajab étaient erronée et exagérée et assuré que la loi contre la cybercriminalité ne s’appliquait pas à la suppression de membres de groupe WhatsApp. 

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Un autre avocat, Khalid al-Mahmadi, précise que si un membre d’un groupe WhatsApp peut déposer plainte devant une cour civile pour tout préjudice subi, il n’y a pas de sanction pénale pour la suppression de membres. 

Réagissant à l’information sur les réseaux sociaux, une défenseure saoudienne des droits de l’homme qui vit en Suède a accusé l’Arabie saoudite d’emprisonner les utilisateurs de WhatsApp alors que les autorités restaient impunies pour des enlèvements et meurtres présumés ainsi que la disparition de fonds publics. 

Sultan al-Amer, un universitaire saoudien vivant aux États-Unis, estime quant à lui : « Lorsque votre système juridique est sous-développé, vous obtenez des conseillers juridiques comme ça. »

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.