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« Disco Maghreb » : le nouveau clip de DJ Snake enflamme l’Algérie

Entre nostalgie et branchitude, les sons et les traditions de l’Ouest algérien sont mis à l’honneur dans le nouveau clip de la star mondiale de l’électro
DJ Snake est venu tourner une partie de « Disco Maghreb » à Climat de France, un quartier populaire d’Alger, où les habitants se sont massés par dizaines pour écouter la star (capture d’écran)
DJ Snake est venu tourner une partie de « Disco Maghreb » à Climat de France, un quartier populaire d’Alger, où les habitants se sont massés par dizaines pour écouter la star (capture d’écran)
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Presque deux millions de vues en moins de 24 heures : le dernier clip de DJ Snake, « Disco Maghreb », diffusé mardi 31 mai en fin de journée, a déclenché une véritable fièvre.

Le DJ-compositeur-producteur français d’origine algérienne, star mondiale de la musique électro, qui a aussi produit l’album « Born this way » de Lady Gaga, assemble raï, percussions, ghaïta (sorte de flûte) et électro, sur des images endiablées où enfants, femmes et vieux dansent sur des rythmes et des traditions de l’Ouest algérien.

« J’ai imaginé ''Disco Maghreb'' comme un pont entre les différentes générations et origines, reliant l’Afrique du Nord, le monde arabe et au-delà… C’est une lettre d’amour aux miens », a tweeté William Grigahcine, son vrai nom, qui apparaît aussi dans le clip.

Il y scande, en derdja (dialecte algérien), quelques incantations typiques des mariages algériens – « Encore une !, « Chante ! » « Joue, joue ! » –, éclairé par des spots aux couleurs de l’Algérie, sur une scène montée spécialement pour l’occasion à Climat de France, un quartier populaire d’Alger, où les habitants se sont massés par dizaines pour écouter la star.

Décalage

La réussite du clip, qui tient, au-delà du son, au décalage créé par la superposition de codes entre l’Algérie traditionnelle (scènes de transe inspirées des zaouïas, mariage, baroud, course de dromadaires) et l’Algérie contemporaine (jeunes en survêtement, mobylettes, salle des fêtes), est aussi à mettre sur le compte des apparitions de personnalités connues.

On y voit par exemple le célèbre comédien Mustapha Himoun, personnage central de la série culte de Ramadan de la fin des années 1990 Bila Houdoud (sans frontières), la chanteuse de raï Cheba Dalila, qui a modernisé les medahate (ensembles vocaux féminins des fêtes familiales de l’Oranie), ou encore le célèbre éditeur de raï oranais, Boualem, en train d’ouvrir la légendaire maison de disque Disco Maghreb.

https://twitter.com/djsnake/status/1531406068336668672?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1531406068336668672%

Elle est aujourd’hui fermée mais son enseigne subsiste, et avec son rideau de fer toujours baissé, elle est devenue un lieu emblématique du centre-ville d’Oran.

Traduction : « Ce moment où tu vois tes pâtisseries traditionnelles algériennes préférées dans le nouveau clip de DJ Snake. »

C’est d’ailleurs à « Disco Maghreb » que DJ Snake a emprunté la charte graphique pour la promotion de son single, comme le montre cette affiche postée sur Instagram.

Enfin, ce clip sur l’Ouest algérien ne pouvait se terminer sans un clin d’œil au roi du raï, Cheb Khaled, qui signe l’outro, sur des images de jeunes filant sur leurs mobylettes sur l’autoroute.  

DJ Snake sera en tournée en France cet été. Il passera notamment par Paris pour un concert au Parc des Princes le 11 juin.

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