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Un ministre émirati accusé d’agression sexuelle par une ressortissante britannique

Une Britannique affirme que le cheikh Nahyane ben Moubarak al-Nahyane l’a agressée sexuellement dans une villa située sur une île aux Émirats
Le cheikh Nahyane ben Moubarak al-Nahyane dément ces accusations (AFP)
Le cheikh Nahyane ben Moubarak al-Nahyane dément ces accusations (AFP)
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Une Britannique accuse un membre important de la famille royale émiratie d’agression sexuelle. Elle travaillait alors sur le lancement du festival littéraire Hay à Abou Dabi, annonce un journal britannique.

Selon le Sunday Times, Caitlin McNamara, 32 ans, rapporte avoir été agressée par le cheikh Nahyane ben Moubarak al-Nahyane, 69 ans, ministre de la Tolérance du cabinet des Émirats arabes unis (EAU).

L’agression présumée s’est déroulée le 14 février dans une villa d’une île privée isolée où la jeune femme pensait avoir été convoquée pour discuter des préparatifs pour la première édition du festival Hay à Abou Dabi.

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Le journal précise que Caitlin McNamara a été interrogée par Scotland Yard.

Au moment de l’agression présumée, elle travaillait depuis six mois au ministère de la Tolérance du cheikh Nahyane, après avoir été embauchée par le festival pour organiser sa première collaboration avec les EAU.

Caitlin McNamara raconte qu’après l’avoir officiellement invitée à dîner, le cheikh Nahyane l’a emmenée dans une villa sur une petite île qui, selon elle, ferait partie du Al Gurm Resort d’Abou Dabi.

« C’est alors qu’il a commencé à me toucher », explique-t-elle au Sunday Times. « C’était effrayant. Il était sur le canapé à côté de moi et a commencé à me toucher le bras et à me faire du pied. Je reculais, alors il s’est imposé… J’ai compris soudain pourquoi j’étais là. Je me suis sentie tellement naïve. »

« Il m’a poussée contre la paroi »

La jeune femme confie à quel point elle était terrifiée. « J’étais seule sur cette île, dans un bâtiment en béton, avec cet homme puissant dans un pays où, chaque jour, vous entendez des histoires à propos de gens qui disparaissent dans le désert. »

Lorsqu’elle s’est plainte, poursuit Caitlin McNamara, au lieu de la laisser partir, le cheikh lui a fait visiter la villa.

« Ensuite, nous sommes entrés dans un ascenseur doré où il m’a poussée contre la paroi et a commencé à me peloter les seins bizarrement, dans un mouvement d’essuie-glaces », raconte-t-elle.

« Nous sommes entrés dans une pièce pleine de bouteilles de parfum et il m’a poussée sur un lit circulaire couvert de fourrure. Il a retiré sa kandora [longue tunique] – il était nu en dessous – et il a grimpé sur moi. J’ai rabattu ma robe mais il a mis ses mains sur ma robe et ses doigts en moi, cela faisait vraiment mal, et il se frottait contre moi. »

« J’étais seule sur cette île, dans un bâtiment en béton, avec cet homme puissant dans un pays où, chaque jour, vous entendez des histoires à propos de gens qui disparaissent dans le désert »

- Caitlin McNamara

Caitlin McNamara dit avoir tellement eu peur qu’elle ne sait pas expliquer comment elle a fui. « Je me rappelle juste qu’il continuait à écraser et à se frotter contre ma jambe alors même que je m’échappais », indique-t-elle.

Selon le Sunday Times, la baronne Helena Kennedy, conseillère de la reine et célèbre activiste pour les droits des femmes, a fait en sorte que le cabinet d’avocats londonien Carter Ruck représente gratuitement Caitlin McNamara.

Carter Ruck va étudier s’ils peuvent poursuivre le cheikh Nahyane au Royaume-Uni au nom de la compétence universelle, en vertu de laquelle les atteintes aux droits de l’homme telles que la torture et le fait de détenir quelqu’un contre sa volonté peuvent faire l’objet de poursuites dans n’importe quel pays.

« Notre client est surpris et attristé »

Un avis juridique a été envoyé au procureur, annonce le Sunday Times. Selon Caitlin McNamara, une décision était attendue le mois dernier quant à des suites éventuelles mais la réponse se fait attendre.

Le cheikh Nahyane n’a pas répondu aux appels ou aux messages du Sunday Times à propos de ces allégations. Des messages ont également été envoyés via son attaché de presse. 

Une lettre a été envoyée par le cabinet Schillings, avocats spécialistes de la diffamation, contenant le communiqué suivant : « Notre client est surpris et attristé par ces allégations qui surviennent huit mois après l’incident présumé et par l’intermédiaire d’un quotidien national. Ce récit est démenti. »

Dans un communiqué publié dimanche, Caroline Michel, présidente du comité du festival Hay, a qualifié cette agression présumée d’« épouvantable atteinte et d’abus de confiance et de pouvoir ».

Elle a ajouté que le festival Hay ne retournerait pas aux Émirats arabes unis tant que le cheikh Nahyane serait en poste. 

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.