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Le chef de l’armée israélienne affirme qu’un officier mort en prison allait divulguer de « grands secrets »

L’armée israélienne a censuré la plupart des informations entourant la mort d’un officier dans une prison militaire le mois dernier, mais le chef d’état-major de l’armée affirme aujourd’hui que l’homme était prêt à divulguer un « grand secret »
L’agent des renseignements a été retrouvé dans un état grave dans sa cellule le 16 mai, selon l’armée, et son décès a été prononcé quelques heures plus tard (AFP)
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Un agent des renseignements israéliens décédé dans des circonstances mystérieuses dans une prison militaire le mois dernier était prêt à divulguer un « grand secret » avant d’être appréhendé à la dernière minute, a déclaré le général Aviv Kochavi, chef d’état-major de l’armée.

S’exprimant mercredi au Centre interdisciplinaire d’Israël (institut de recherche privé à Herzliya), Kochavi a annoncé que l’agent décédé avait été arrêté juste avant de causer de « sérieux dommages en lien avec un secret d’État ».

« L’attitude [de l’armée israélienne] semble être une tentative de dissimulation de ses propres échecs. Comment ont-ils pu tenter d’effacer une personne comme ça ? »

- Un proche de l’agent des renseignements décédé

« Cet officier était mon soldat. Il a commis les crimes les plus graves. Il les a commis délibérément, intentionnellement, pour des raisons que je ne peux exposer », a ajouté Kochavi. 

L’agent, dont l’identité n’a pas été révélée, a été arrêté l’année dernière et inculpé en septembre. 

Pas encore condamné pour un crime quelconque, il était en détention provisoire pendant que ses avocats travaillaient à une négociation de peine avec les procureurs militaires. Cependant, le 16 mai, l’ancien officier des renseignements a été retrouvé dans un état grave dans sa cellule selon l’armée. Son décès a été prononcé quelques heures plus tard.  

L’armée israélienne a imposé une censure stricte sur ce décès, affirmant que cela était nécessaire pour protéger le pays et l’armée et afin de « préserver la vie privée [de l’officier] et de sa famille […] tout en protégeant un grand secret ».

Israël impose à toutes les agences de presse et à tous les journalistes recensés dans le pays (ressortissants nationaux comme étrangers) la signature d’un accord qui les oblige à respecter l’ensemble des obligations étatiques de silence, dont use largement l’armée en ce qui concerne les décès de militaires, entre autres.

« Pas motivé par une idéologie »

Kochavi a néanmoins assuré que, quoi que l’officier eût prévu de révéler, il agissait par « motivation personnelle » et n’avait aucun lien avec une idéologie ou un gouvernement étranger en particulier. Kochavi a précisé que l’agent prévoyait d’agir seul, sans aucun avantage. 

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Kochavi a ajouté regretter la mort de cet officier, le décrivant comme « un excellent agent » et réclamant une enquête sur son décès. 

Sa famille a critiqué le secret imposé par l’armée et la façon dont cette dernière gère cette affaire. 

« Nous ne savons rien. Personne ne nous a expliqué ce qui se passait. L’attitude [de l’armée israélienne] semble être une tentative de dissimulation de ses propres échecs. Comment ont-ils pu tenter d’effacer une personne comme ça ? », s’interroge un proche dans le quotidien israélien Haaretz

Celui-ci a ajouté que la famille avait parlé à l’ancien agent des renseignements quelques heures avant son décès et qu’il ne semblait pas bouleversé d’une façon ou d’une autre.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.