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Près de 700 établissements européens financent des entreprises impliquées dans les colonies israéliennes

BNP Paribas et HSBC figurent parmi les plus grands bailleurs de fonds d’une cinquantaine d’entreprises impliquées dans les colonies, selon un nouveau rapport
Les colonies israéliennes sur des terres prises par Israël lors de la guerre des Six Jours en 1967 sont illégales au regard du droit international (AFP)
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Près de 700 institutions financières européennes ont des relations financières avec une cinquantaine d’entreprises activement impliquées dans les colonies israéliennes illégales, selon un rapport publié par une coalition interrégionale d’ONG palestiniennes et européennes.

Ces institutions s’avèrent avoir des relations de plusieurs milliards de dollars avec des entreprises telles que Airbnb, TripAdvisor et General Mills, qui figurent parmi les entreprises dont l’ONU a conclu l’année dernière qu’elles avaient des liens avec des colonies israéliennes illégales.

La française BNP Paribas, l’allemande Deutsche Bank et la britannique HSBC figurent parmi les banques qui auraient fourni 114 milliards de dollars sous forme de prêts et de souscriptions, et détenu des investissements d’un montant de 141 milliards de dollars en actions et obligations de ces entreprises. 

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Le rapport en question a été publié par la coalition Don’t Buy into Occupation (DBIO), un projet de 25 organisations palestiniennes, régionales et européennes basées en Belgique, en France (l’Association France Palestine Solidarité), en Irlande, aux Pays-Bas, en Norvège, en Espagne et au Royaume-Uni.

La coalition DBIO a constaté qu’entre janvier 2018 et mai 2021, 672 établissements financiers européens (banques, gestionnaires d’actifs, compagnies d’assurance et fonds de pension) avaient des relations financières avec la cinquantaine d’entreprises qu’elle a identifiées comme impliquées dans les colonies.

Les colonies israéliennes construites sur des terres prises par Israël lors de la guerre des Six Jours en 1967 sont illégales au regard du droit international et constituent des actes qui engagent une responsabilité pénale individuelle en tant que crimes de guerre et crimes contre l’humanité en vertu du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI).

Une « bouée de sauvetage financière » aux colonies 

Dans l’avant-propos de ce rapport, Michael Lynk, le Rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, affirme que « l’implication de ces entreprises dans les colonies – par le biais d’investissements, de prêts bancaires, d’extraction de ressources, de contrats d’infrastructure et d’accords d’approvisionnement en équipements et produits – leur fournit l’oxygène économique indispensable pour croître et prospérer ».

Outre BNP Paribas (17,30 milliards de dollars), la Deutsche Bank (12,03 milliards de dollars) et HSBC (8,72 milliards de dollars) parmi les dix premiers créanciers de cette cinquantaine d’entreprises, figuraient Barclays (Royaume-Uni, 8,69 milliards de dollars), Société Générale (France, 8,20 milliards de dollars) et Crédit Agricole (France, 5,55 milliards de dollars), Santander (Espagne, 4,75 milliards de dollars), ING Group (Pays-Bas, 4,60 milliards de dollars), Commerzbank (Allemagne, 4,37 milliards de dollars) et Unicredit (Italie, 3,58 milliards de dollars).

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Récemment, plusieurs institutions financières et entreprises ont coupé les liens avec des entreprises liées aux colonies israéliennes. 

En juillet, Kommunal Landspensjonskasse (KLP), la plus grande caisse de retraite de Norvège, s’est départie de ses intérêts dans seize de ces sociétés, tandis que plus tôt ce mois-ci, le fonds de pension du gouvernement norvégien (GPFG) a déclaré qu’il exclurait trois de ces sociétés de ses investissements.

Willem Staes, coordinateur de la coalition DBIO, déplore que « malgré la nature illégale des colonies israéliennes en vertu du droit international, les institutions financières européennes continuent de jeter une bouée de sauvetage financière aux entreprises opérant dans les colonies. » 

« Les institutions financières européennes devraient prendre leurs responsabilités et suivre l’exemple de KLP et GPFG. » 

« Elles devraient mettre un terme à tous les investissements et flux financiers dans les colonies israéliennes, et ne pas adhérer à l’occupation israélienne. »

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.