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Libye : 20 000 mercenaires et forces étrangères toujours dans le pays

« Ils ne sont pas en Libye pour vos intérêts, mais pour les leurs », a déclaré la représentante spéciale de l’ONU par intérim pour la Libye en évoquant la présence des forces étrangères dans le pays
Stephanie Williams, représentante spéciale de l’ONU par intérim pour la Libye (AFP)
Stephanie Williams, représentante spéciale de l’ONU par intérim pour la Libye (AFP)
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Quelque 20 000 « forces étrangères et/ou mercenaires » sont toujours en Libye en dépit de l’accord de cessez-le-feu signé en octobre, a déploré mercredi l’émissaire de l’ONU par intérim, pointant une « violation choquante de la souveraineté libyenne ».

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« Il y a aujourd’hui dix bases militaires dans votre pays, totalement ou partiellement occupées par des forces étrangères », a déclaré l’Américaine Stephanie Williams, représentante spéciale de l’ONU par intérim, à l’adresse des participants au Forum politique libyen, qui vise sous l’égide des Nations unies à sortir la Libye d’une grave crise politique qui perdure. 

Ce nouveau round du Forum politique libyen, qui se déroule en format virtuel, intervient après une première session mi-novembre à Tunis qui a permis de trouver un accord sur des élections « nationales » le 24 décembre 2021, mais pas sur les noms des futurs dirigeants de la transition. La question divise profondément la classe politique libyenne. 

« Violation flagrante de l’embargo »

« Il y a maintenant 20 000 forces étrangères et/ou mercenaires dans votre pays. C’est une violation choquante de la souveraineté libyenne. Vous pouvez croire que ces étrangers sont vos invités, mais ils occupent maintenant votre maison », a alerté l’émissaire de l’ONU 

Il s’agit là d’une « violation flagrante de l’embargo sur les armes », a par ailleurs mis en garde Stephanie Williams. « Ils déversent des armes dans votre pays, un pays qui n’a pas besoin davantage d’armes. Ils ne sont pas en Libye pour vos intérêts, mais pour les leurs. »

La Libye est plongée dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Deux autorités s’y disputent le pouvoir, sur fond d’implications étrangères : le Gouvernement d’union nationale (GNA) à Tripoli, reconnu par l’ONU et soutenu militairement par la Turquie, et un pouvoir incarné par Khalifa Haftar, homme fort de l’Est, appuyé par les Émirats arabes unis, la Russie et l’Égypte.

Après l’échec de l’offensive lancée par le maréchal Haftar en avril 2019 pour s’emparer de Tripoli, les deux camps ont conclu un cessez-le-feu permanent en octobre, qui prévoit le départ des mercenaires étrangers et le démantèlement des milices dans un délai de 90 jours.