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Accord Émirats-Israël : la normalisation fait craindre un changement de statut d’al-Aqsa

Un rapport affirme que l’accord aurait de graves conséquences pour le statut des sites historiques à Jérusalem
Des manifestations éclatent sur le complexe de la mosquée al-Aqsa contre l’accord négocié par les Américains entre Israël et les Émirats arabes unis pour normaliser leurs relations (AFP)
Des manifestations éclatent sur le complexe de la mosquée al-Aqsa contre l’accord négocié par les Américains entre Israël et les Émirats arabes unis pour normaliser leurs relations (AFP)

La normalisation des relations entre Israël et les Émirats arabes unis (EAU) pourrait avoir un impact significatif sur le statut sensible de la mosquée al-Aqsa, met en garde un rapport de l’ONG israélienne Terrestrial Jerusalem.

Ce rapport pointe les termes utilisés pour al-Aqsa dans le communiqué conjoint du président américain Donald Trump, du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et de Mohammed ben Zayed, prince héritier d’Abou Dabi, le 13 août.

Ce communiqué – condamné par les Palestiniens de tous bords politiques – stipule que « tous les musulmans qui viennent en paix peuvent visiter et prier à la mosquée al-Aqsa » et que « les autres lieux saints de Jérusalem doivent rester ouverts aux fidèles pacifiques de toutes les confessions ».

Après la guerre des Six Jours, Israël et la Jordanie (gardienne du complexe al-Haram al-Sharif) ont convenu que si les juifs pouvaient accéder au site, ils ne pouvaient y prier. 

Ce statu quo a, depuis, résisté à de nombreuses remises en question.

Mais Terrestrial Jerusalem, une organisation qui suit les développements à Jérusalem susceptibles d’avoir un impact sur les processus politiques ou de faire éclater des violences, fait valoir que la terminologie utilisée dans le communiqué conjoint est une tentative délibérée d’ouvrir le mont du Temple à la prière juive et, à terme, de changer le statu quo. 

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« Il n’est pas trop tard pour insister sur le retrait de cette formulation et pour qu’Israël et les États-Unis renouvellent leur engagement, clairement et sans ambiguïté, vis-à-vis de l’interprétation traditionnelle du statu quo, et plus particulièrement en ce qui concerne la prière juive sur le mont [du Temple] », indique le rapport. 

Al-Aqsa, troisième lieu saint de l’islam, est situé dans les quatorze hectares du complexe al-Haram al-Sharif (noble sanctuaire ), connu par les juifs sous le nom de mont du Temple.

Selon le rapport, le communiqué conjoint parle d’accès à « la mosquée al-Aqsa », plutôt qu’à al-Haram al-Sharif : si Israël définit al-Aqsa comme la structure de la mosquée, les musulmans l’entendent comme l’ensemble de l’esplanade d’al-Haram al-Sharif. 

« Par conséquent, selon Israël [et apparemment les États-Unis], tout ce qui se situe sur le mont [du Temple] sans appartenir à la structure de la mosquée est défini comme ‘’l’un des autres lieux saints de Jérusalem’’ et ouvert à la prière pour tous – notamment les juifs. »

Perte de Jérusalem

Terrestrial Jerusalem a également souligné que le communiqué conjoint ne mentionne pas le Waqf, l’organisation islamique qui supervise le lieu saint, ou son rôle autonome en tant qu’agent de gardiennage de la Jordanie, érodant potentiellement l’autorité musulmane sur al-Aqsa.

L’accord négocié par les États-Unis est dénoncé par les Palestiniens et leurs dirigeants. Les Palestiniens le rejettent massivement, le considérant comme une « trahison » et un « coup de poignard dans le dos ». 

Le rapport stipule que la normalisation entre les deux pays pourrait avoir de profondes conséquences sur les sites historiques de Jérusalem.

« Il est presque inévitable que les partisans de la normalisation des relations avec Israël soient accusés d’avoir contribué à la perte de Jérusalem pour le monde arabe et musulman. »

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L’année dernière, un ministre israélien a appelé les colons à continuer de se rendre dans le complexe d’al-Aqsa, quelques jours après des affrontements entre des Palestiniens et la police israélienne sur le site. 

Le statut d’al-Haram al-Sharif est l’un des sujets les plus sensibles du conflit israélo-palestinien. 

Le complexe fut la première qibla, la direction vers laquelle les musulmans doivent se tourner pour prier, avant d’être remplacée par La Mecque, en Arabie saoudite.

Mais c’est également le lieu le plus saint du judaïsme, l’emplacement supposé du temple juif qui a été détruit il y a 2 000 ans.

Cette zone est une poudrière depuis des années : les fidèles musulmans sont fréquemment harcelés lorsqu’ils entrent dans la mosquée en raison des mesures de sécurité imposées par le gouvernement israélien.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.