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La religion du thé en Turquie et en Azerbaïdjan entre au patrimoine immatériel de l’humanité

Consommé à toutes heures, partout et par tous en Turquie, le « çay » (tchaï, thé) turc a fait son entrée jeudi au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO aux côtés de son cousin azerbaïdjanais
 Une tasse de thé sur une table au caravansérail de Hasan Pasa à Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie (AFP/Ilyas Akengin)
Une tasse de thé sur une table au caravansérail de Hasanpaşa à Diyarbakır, dans le sud-est de la Turquie (AFP/Ilyas Akengin)
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C’est avec ces mots que l’agence des Nations unies pour la culture, la science et l’éducation, l’UNESCO, a commenté la nouvelle : « La culture du thé en Azerbaïdjan et en Turquie est une pratique sociale importante qui témoigne de l’hospitalité, crée et maintient des liens sociaux et sert à célébrer les moments importants de la vie des communautés. »

Traditionnellement préparé dans des sortes de petits samovars, des théières à deux niveaux, le « çay » turc, thé noir servi plus ou moins fort selon les goûts, est bu du petit déjeuner jusqu’à tard dans la soirée, dans de petits verres en forme de tulipe épousant la paume de la main.

Un élément essentiel de la vie quotidienne

Dans les bazars de Turquie et les rues populaires, les porteurs de thé sont encore légion, se faufilant avec leurs plateaux en métal pour servir commerçants et clients.

Les vendeurs ambulants sont également omniprésents dans les grandes villes turques.  

Des villageois cueillent du thé cultivé sur des terres locales à Ikizdere, dans la province de Rize, dans la région de la mer Noire en Turquie, le 7 juin 2021 (AFP/Bulent Kilic)
Des villageois cueillent du thé cultivé sur des terres locales à Ikizdere, dans la province de Rize, dans la région de la mer Noire en Turquie, le 7 juin 2021 (AFP/Bulent Kilic)

« La culture du thé est un élément essentiel de la vie quotidienne de toutes les couches de la société, qui procure un fort sentiment d’identité culturelle », explique l’UNESCO, qui a également consacré jeudi « les techniques traditionnelles de transformation du thé et les pratiques sociales associées en Chine ». 

L’agence culturelle des Nations unies détaille également la pratique du thé en Azerbaïdjan, notant que « dans certaines régions, certaines communautés ajoutent des épices et des herbes locales comme la cannelle, le gingembre et le thym ».

Le thé relève dans les deux pays de la même pratique sociale, du même rituel d’hospitalité qui ouvre n’importe quelle rencontre ou rendez-vous.

Le thé consommé en Turquie est en grande partie récolté sur les collines verdoyantes qui s’étendent à perte de vue dans le nord-est du pays, surplombant la mer Noire.

Le célèbre café turc – non filtré et dégusté lentement, jusqu’au marc – avait déjà été consacré en 2013 par l’UNESCO. Plus récemment, ce sont la harissa tunisienne ainsi que le raï algérien qui ont fait leur entrée au patrimoine immatériel.

La consommation de thé a surtout explosé depuis le début du XXe siècle, quand le père de la Turquie moderne Mustafa Kemal Atatürk l’a encouragée au détriment du café pour soutenir la production nationale.

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