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« Allô, vous pouvez me passer Bouteflika ? » : quand un hôpital suisse est au bord de la crise de nerfs

Plus de 6 000 appels en une journée, des milliers de mails : l’établissement hospitalier à Genève où le président algérien est hospitalisé fait face à une avalanche de messages
Abdelaziz Bouteflika à la sortie d’un bureau de vote à Alger lors des élections locales de novembre 2017 (AFP)
Par MEE

La colère des Algériens contre un cinquième mandat du président sortant Abdelaziz Bouteflika se fait ressentir jusqu’à Genève, en Suisse, où le chef de l'État, candidat à sa propre succession, est hospitalisé depuis le 24 février. 

Ces derniers jours, et en parallèle à la forte mobilisation populaire contre le scénario de la reconduction du chef de l’État pour un mandat écourté, le standard, la page Facebook et le mail de l’établissement hospitalier où est soigné Abdelaziz Bouteflika, ont été saturés par des centaines d’appels et de messages, sérieux ou ironiques, d’Algériens. 

Alors que 3 000 appels quotidiens sont enregistrés en moyenne, c’est environ le double qui a été reçu, selon le Dauphiné libéré : « Ce n’est pas seulement pour protester, c’est aussi pour demander des nouvelles », souligne Nicolas de Saussure, porte-parole des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) qui évoque « une situation lourde mais qui est gérée ».

« La majorité des Algériens qui nous contactent veulent avoir confirmation de la présence du président Bouteflika et connaître son état de santé. Nous ne confirmons ni n’infirmons rien, nous sommes tenus au secret médical et les interlocuteurs le comprennent bien la plupart du temps », a déclaré à La Tribune de Genève, Nicolas de Saussure. 

https://www.facebook.com/LesKabylesDeParis/videos/555535601626520/

Le quotidien genevois explique que « le répondeur a même été momentanément enclenché afin que le service ne soit pas accaparé », alors que la page Facebook des HUG a été carrément suspendue. 

Un message type a été partagé sur les réseaux sociaux afin de l’envoyer massivement par mail aux Hôpitaux universitaires de Genève : « Je m’inquiète de l’état de santé du patient Abdelaziz Bouteflika, président de la République algérienne démocratique et populaire. Vous comprendrez que mon état de santé et celui de 40 millions d’Algériens dépendent directement du sien. Merci de vouloir nous déclarer s’il est vivant, s’il est apte, selon vous, à assurer des fonctions présidentielles ». Un compte parodique a même parlé au nom de Bouteflika pour « rassurer » les Algériens.

Sur les réseaux sociaux, révèle La Tribune de Genève, « l’adresse e-mail et le numéro de téléphone direct de certains collaborateurs circulent. C’est le cas notamment du professeur Karl Schaller, médecin-chef de la neurologie. ». Hier mardi, des internautes algériens ont demandé d’arrêter les appels et les envois de mails pour le bon fonctionnement de l’hôpital.

Le 4 mars, une manifestation d’une centaine d’Algériens a été organisée aux abords de l’hôpital genevois pour dénoncer le système algérien. « Le président est fini, qu’il reste se faire soigner à l’hôpital en suisse, C’est tout ! », scandaient les manifestants. 

Selon des révélations de La Tribune de Genève, ce mercredi 6 mars, le président algérien est « sous menace vitale permanente », souffrant d’une « dégradation de ses réflexes neurologiques », et nécessite des « soins constants ». Les effets de son AVC de 2013 semblent s’aggraver, selon le quotidien genevois.   

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