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Dans ses derniers moments, Morsi aurait déclaré au juge qu’il avait des secrets à partager

Peu avant de s’effondrer, l’homme dont la présidence s’est terminée par un coup d’État sanglant en 2013 a déclaré à la cour qu’il garderait ses secrets avec lui jusqu’à sa mort
L’ancien président égyptien Mohamed Morsi dans le box des accusés lors d’une audience en 2014 (AFP)
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Dans les derniers moments de sa vie, Mohamed Morsi aurait exhorté un juge à lui laisser lui révéler des secrets qu’il avait même tus à son avocat, selon un témoignage obtenu par Middle East Eye.

L’ancien président égyptien, décédé ce lundi, aurait déclaré qu’il devait prendre la parole à huis clos pour révéler ces informations – une demande formulée à plusieurs reprises dans le passé, mais jamais acceptée.

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Devant la cour, l’homme dont la présidence s’est terminée par un coup d’État sanglant en 2013 a déclaré qu’il garderait ses secrets avec lui jusqu’à sa mort ou sa rencontre avec Dieu. Il s’est effondré peu après.

Bien que Middle East Eye ne puisse pas vérifier ce témoignage de manière indépendante, des détails ont été corroborés par d’autres comptes rendus de la séance du tribunal examinés par MEE ainsi que par des sources proches du dossier de Morsi.

Tandis que l’ancien président s’exprimait devant le juge, celui-ci l’a interrompu, lui demandant s’il allait commencer à prêcher, puis a déclaré que la prochaine audience aurait lieu mardi.

L’état de santé de Morsi s’était détérioré au cours des presque six années qu’il a passées en prison, selon les conclusions d’une commission britannique composée de politiciens et d’avocats qui ont averti l’année dernière que le traitement médical inadéquat qu’il recevait pouvait entraîner sa mort prématurée.

Le premier dirigeant d’Égypte élu démocratiquement était emprisonné depuis que son ministre de la Défense, Abdel Fattah al-Sissi, aujourd’hui président, a pris le pouvoir lors d’un coup d’État militaire en 2013. Sissi a par la suite fait interdire le mouvement des Frères musulmans, dont Morsi est issu.

« Il y en a beaucoup d’autres qui sont sur le point de mourir et si la communauté internationale ne le dénonce pas et ne demande pas la libération des autres, beaucoup mourront, y compris mon père et mon frère »

- Abdullah Haddad, fils de l’ancien conseiller aux affaires étrangères de Morsi

L’ancien président égyptien était l’un des 60 000 prisonniers politiques qui auraient été arrêtés depuis la prise de pouvoir de Sissi.

Mohamed Morsi souffrait de diabète et d’hypertension artérielle et avait déjà subi un coma diabétique en prison.

Plus tôt lors de l’audience de lundi, selon le compte-rendu, Safwat al-Hejazi, haut responsable des Frères musulmans, et Essam al-Haddad, ancien conseiller aux affaires étrangères de Morsi, également détenus, ont demandé au juge d’envisager la possibilité d’espacer les séances.

À leur âge, ont-ils déclaré, ils étaient fatigués de rester assis par terre dans la salle d’audience de 7 heures du matin jusqu’au soir sans nourriture ni médicament.

Le fils d’Essam al-Haddad, Abdullah, a confié à MEE qu’il craignait que son père et son frère Gehad, également emprisonné, ne subissent le sort de Morsi.

« Il y en a beaucoup d’autres qui sont sur le point de mourir et si la communauté internationale ne le dénonce pas et ne demande pas la libération des autres, beaucoup mourront, y compris mon père et mon frère », a-t-il déclaré.

Traduit de l’anglais (original).