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INTERVIEW – Ridha Driss : « Nous n’avons pas d’autre choix que de travailler avec Nidaa Tounes »

À l’approche des élections municipales du 6 mai qui verront s’opposer les deux partis au gouvernement, Nidaa Tounes et Ennahdha, Middle East Eye a rencontré Ridha Driss, membre du bureau exécutif du parti islamiste
Depuis sa victoire aux législatives de 2011, Ennahdha a toujours dû partager l'exercice du pouvoir avec d'autres partis. Ici, Rached Ghannouchi, le leader d'Ennahdha, assiste aux cérémonies du quatrième anniversaire de la révolution tunisienne, le 14 janvier 2011, aux côté du Premier ministre de l'époque, Habib Essid, et de l'ex-secrétaire général de Nidaa Tounes, Taïeb Baccouche (AFP)

TUNIS – Depuis les élections législatives de 2014 à l’issue desquelles Ennahdha est devenu le second parti du pays derrière Nidaa Tounes, le parti islamiste tunisien a revu son positionnement dans le paysage politique face à son principal rival.

En plus d’une participation au gouvernement d’union nationale, négociée avec différents partis et partenaires sociaux (accord de Carthage en 2016), Ennahdha a opéré un virage idéologique à 180 degrés lors de son congrès la même année en affirmant « être sorti de l’islam politique ».

Ridha Driss, 54 ans, philosophe de formation et militant depuis 37 ans pour Ennahdha, fait partie de la tendance prônant le changement. Membre du bureau exécutif chargé de la relation entre le bureau exécutif et le Conseil de la Choura revient pour Middle East Eye sur les grandes nouvelles lignes du parti, qui se présente aujourd’hui comme « parti de musulmans démocrates », sa collaboration avec Nidaa Tounes et l’enjeu des municipales.

Ridha Driss, 54 ans, membre du bureau exécutif chargé de la relation entre le bureau exécutif et le Conseil de la Choura d'Ennahdha (Facebook/Ridha Driss)

Middle East Eye : Comment le parti Ennahdha a-t-il évolué depuis son expérience du pouvoir avec la Troïka (le gouvernement de coalition qui a dirigé la Tunisie entre 2011 et 2014) ?

Ridha Driss : D’abord, le parti a changé dans sa nature. Car Ennahdha était un parti globalisé qui s’occupait du volet religieux, culturel, éducatif et qui a dû, en sortant de la clandestinité, apprendre à faire de la politique. 

Il a ensuite évolué dans son statut, passant de la contestation et de la résistance, sous l’ère de Ben Ali et de Bourguiba, à l’exercice du pouvoir, pour ensuite devenir un parti d’État, un parti qui contribue à la gestion de la chose publique et de l’État tunisien.

Enfin, Ennahdha a changé de référentiel. Avant le congrès de 2010, le mouvement se réfère à un texte ancien qui détermine les éléments de pensée, la doctrine du parti, novatrice dans la sphère de la pensée islamique contemporaine, mais qui reste fermée sur certains aspects, comme sur sa lecture de l’islam.  

« Nous assumons notre patrimoine éthique hérité de l’islam, mais nous n’appartenons pas à une doctrine »

Nous n’en sommes plus là maintenant. Nous assumons notre patrimoine éthique hérité de l’islam, c’est notre droit, c’est notre patrimoine partagé avec tous les Tunisiens ou du moins la majorité, mais nous n’appartenons pas à une doctrine. Nous appartenons à des finalités, à des valeurs, comme celle de la justice sociale, par exemple.

Le dixième congrès a bien rendu compte dans des textes de ces trois éléments de changement. Le mouvement avait commencé à réfléchir à cette mutation dès son congrès de 2001, et cela avait été renforcé avec le congrès de 2007. La révolution de 2011 et l’expérience du pouvoir ont permis de mettre en place ces changements.

Rached Ghannouchi, le leader d’Ennahdha, à son arrivée à Tunis le 30 janvier 2011, après 22 ans d’exil (AFP)

MEE : Est-ce que vous craignez encore d’être exclu de la vie politique, comme ce fut le cas sous Ben Ali ?

RD : La régression des acquis démocratiques nous a inquiétés, mais nous n’avons pas peur d’un retour de la répression ou d’un coup d’État comme en Égypte. En Tunisie, il y a toujours eu une possibilité de dialogue.

MEE : Comment le parti gère-t-il son alliance avec Nidaa Tounes auprès de sa base électorale ?

RD : Avant les élections législatives de 2014, nous disions en interne comme en externe que la Tunisie ne pouvait pas être gouvernée par un seul parti ou une seule école de pensée, comme ce fut le cas avec le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti unique sous Ben Ali.

Pour être honnête, la majorité d’entre nous pensait que nous allions nous détacher comme le premier parti de Tunisie. Les résultats des élections de 2014 nous ont surpris. Mais nous pensions que même en restant le premier parti, nous ne présenterions pas de candidat pour la présidentielle.

« L’essentiel pour nous, c’est de transmettre le message que nous passons par une période transitoire. La Tunisie n’est pas une démocratie bien installée » 

Nous n’avons pas axé la campagne électorale sur le clivage idéologique, modernistes versus conservateurs. Contrairement à Nidaa Tounes, qui s’est focalisé sur cette question, nous n’avons pas opté pour cela. Peut-être que c’était une faute tactique, mais nous avons opté pour un discours qui rassemble.

Sur le principe, cela ne nous pose pas de problème de travailler avec Nidaa Tounes, mais il y a entre nous des différences. Une partie de notre base affirme que l’on aurait dû, peut-être, être plus exigeants lors des négociations notamment sur le partage des postes au gouvernement [Ennahdha compte trois ministres et trois secrétaires d’État].

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L’essentiel pour nous, c’est de transmettre le message que nous passons par une période transitoire. La Tunisie n’est pas une démocratie bien installée, pour fonctionner selon la logique de la majorité [en dépit du fait qu’Ennahdha gagne les législatives de 2011, le parti a dû gouverner avec d'autres partis] et puis le pays fait partie d’une région en pleine mutation.

Nous avons la chance que dans notre pays, malgré les clivages, le dialogue soit la langue de communication, mais ce n’est pas le cas de toute la région [il évque ici sans les nommer la Libye et l’Égypte]. Il vaut mieux préserver ces acquis chez nous, quitte à faire des concessions.

Les élections municipales du 6 mai risquent de tourner au face-à-face entre Nidaa Tounes (mené par Hafedh Caïd Essebsi, à gauche) et Ennahdha (mené par Rached Ghannouchi, à droite) (AFP)

MEE : Avez-vous de bonnes relations avec le fils du président, Hafedh Caïd Essebsi, qui est à la tête de Nidaa Tounes ?

RD : Cette alliance comprend deux aspects. D’abord, la relation avec le président de la République, Béji Caïd Essebsi. Nous soutenons cette présidence car elle est une composante de la stabilité dans notre pays.

Ensuite, nous soutenons celui qui représente le parti. Mais lorsque Ridha Belhaj était à la tête de Nidaa Tounes [directeur exécutif du Comité constitutif entre 2012-2015], pendant deux ou trois mois, nous avons aussi travaillé avec lui sans problème. Nous avions des réunions hebdomadaires et cela marchait très bien. Peut-être même mieux qu’avec Hafedh Caïd Essebsi.

« Dans tous les cas de figures, ni Nidaa Tounes, ni Ennahdha n’aura la possibilité d’établir un monopole »

Nidaa Tounes a changé. Face à nous, la composante qui rassemble un certain nombre de députés au Parlement, c’est la frange représentée par Hafedh Caïd Essebsi. Donc nous n’avons pas le choix, il faut travailler avec la majorité pour assurer une stabilité au Parlement, à travers laquelle nous assurons également le fonctionnement de l’État et du gouvernement.

MEE : Nidaa Tounes semble très confiant pour les élections et se distancie aussi du parti Ennahdha. Comment percevez-vous cela ?

RD : Nous considérons que les élections municipales et locales constituent un véritable enjeu pour le processus de démocratisation de notre pays, mais pour nous, ces élections ne sont pas si stratégiques au regard des acquis partisans.

Que nous arrivions premiers ou deuxièmes, cela ne changera pas grand-chose. Nous faisons tout pour être en tête et nous voulons avancer par rapport à Nidaa Tounes, mais ce n’est pas dramatique si Nidaa Tounes gagne ces élections.

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Dans tous les cas de figures, ni Nidaa Tounes, ni Ennahdha n’aura la possibilité d’établir un monopole. Donc nous allons travailler ensemble dans les conseils municipaux, et ce sera une expérience nouvelle.

Cette leçon que nous avons apprise au plan national avec l’expérience du gouvernement, il faut la mettre en place au niveau local. Ce sera aussi l’occasion d’avoir davantage de dialogue avec les gens.

Les derniers sondages nous donnent au coude-à-coude. Nidaa Tounes, en 2014 a obtenu 37 % des voix. Mais lorsque nous avons examiné ce réservoir électoral, nous avons vu qu’il y avait notamment 10 % de voix représentés par les « votes utiles » [slogan de campagne de Nidaa Tounes pour rassembler les électeurs autour d’un seul parti] via le siphonage des petits partis, et 10 % de votes sanctions par rapport à la Troïka.

Cette fois-ci, je pense qu’il pourrait y avoir davantage de votes sanctions exprimés contre Nidaa Tounes.

MEE : Le résultat des élections législatives partielles en Allemagne en février dernier avec l’élection de l’indépendant Yassine Ayari, a créé un froid entre Ennahdha et Nidaa Tounes. Pourquoi ?

RD : Je considère que la réaction de Nidaa Tounes de se retourner contre Ennahdha relevait de la politique politicienne et était motivée par des calculs électoraux. C’est dommage car nous avions pris la décision de ne pas nous présenter pour ouvrir justement la voie à Nidaa Tounes.

Notre loi électorale stipule que lorsqu’il y a un désistement ou une démission, c’est celui qui vient après, sur la même liste, qui lui succède. En Allemagne, il n’y avait qu’une personne, donc il y avait un vide. Nous avons pris le parti de ne pas aller grignoter sur le territoire de notre partenaire en présentant un candidat de notre parti. C’était aussi un geste politique de notre part.

Le bloggeur tunisien Yassine Ayari, a été élu député aux élections législatives partielles en Allemagne en décembre 2017 (AFP)

Donc tout ce que nous pouvions faire, c’était, à la limite, de chuchoter à l’oreille de nos militants de voter pour le candidat de Nidaa Tounes, mais nous n’allions quand même pas participer à leur campagne électorale. Nous avons fait le maximum : sur les 400 voix obtenues par Nidaa Tounes, nous sommes certains que 147 étaient les nôtres.

Et puis au début, c’était Hafedh Caïd Essebsi qui devait se présenter. Mais pour nous, c’était un peu compliqué. Nous étions contre, vu qu’il représente Nidaa Tounes en tant que parti. Il s’est finalement désisté à la dernière minute, ce qui a pu jouer en défaveur du parti. Et puis les gens ne se sont pas beaucoup déplacés, il n’y a pas une grande mobilisation de la part de notre électorat, c’est vrai. Mais 40 % des voix pour Nidaa Tounes étaient Nadhaouies.

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La réaction de Nidaa après les résultats montre qu’ils étaient choqués. Ils ont aussi oublié que l’ancien ministre de la Santé qui se présentait, a capté des voix, que le candidat de Mohsen Marzouk [dissident de Nidaa Tounes et président du parti Machrou Tounes] aussi. Tout cela venait du réservoir électoral de Nidaa Tounes, qui a perdu également ces électeurs-là.

MEE : Comment allez-vous faire face à l’électorat des déçus du gouvernement actuel ? Ceux qui ne veulent voter « ni Ennahdha, ni Nidaa » ?

RD : Je pense que c’est malheureusement le prix à payer : le taux de participation au vote ne sera pas très élevé. Mais lorsque l’on regarde les sondages, Nidaa et Ennahdha restent quand même en tête des intentions de vote.

Il faut un peu de temps pour que l’on arrive à convaincre les Tunisiens que l’exercice des pouvoirs, ce n’est pas facile. Je pense que nous sommes plus mûrs maintenant et que nous avons une meilleure expérience de la gouvernance. Depuis qu’Ennahdha a dû vivre dans la clandestinité, sous Ben Ali, il est un parti organisé mais pour les municipales, nous avons pris les choses plus au sérieux. Cela fait deux ans que nous y travaillons. L’idée d’intégrer des indépendants était quelque chose de réfléchi, par exemple.

« Sur 9 400 indépendants candidats, nous en avons retenu 4 000 »

MEE : Certaines voix disent que vous ouvrez vos listes à des indépendants à défaut d’avoir assez de militants qui se présentent – justement en réaction à votre alliance avec Nidaa ?

RD : Au début, nous avions prévu d’intégrer 25 % d’indépendants. Puis le bureau exécutif s’est mis d’accord sur 50 %, l’objectif étant de mettre en place les objectifs de notre dixième congrès avec une certaine ouverture.

Quand je me suis déplacé dans les régions, j’ai constaté que nos militants, parmi les plus anciens, ne recrutaient pas de nouveaux militants. Il fallait prendre des décisions. Nous avons fait le choix d’ouvrir nos listes à des indépendants car l’ouverture ce n’est pas seulement le fait d’intégrer des gens dans le parti, mais de travailler ensemble.

Les partisans du parti tunisien Ennahda laissent éclater leur joie après la réélection à sa tête de son fondateur, Rached Ghannouchi, avec plus de 70 % des suffrages le 16 juillet 2012 à Tunis (AFP)

Les personnes qui souhaitent travailler dans les futures municipalités ne sont pas fermées à l’idée de collaborer avec nous. Nous avions la possibilité de meubler nos listes avec des partisans, mais le but, c’était de s’ouvrir. Nous avons reçu 16 000 candidatures [militants et indépendants] pour 7 000 postes. Le tri s’est fait via le vote de militants dans les localités.

Par exemple, à Sfax centre, il y a 49 candidats, répartis entre indépendants et militants, qui ont été sélectionnés sur 300 candidats.

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À l’échelle nationale, on voit même que nous avons un peu plus d’indépendants que de militants. Ce sont les militants qui ont fait le premier tri : le responsable local tient compte des équilibres entre quartiers, tendances, etc… La représentation locale a un droit de regard, puis la direction régionale du parti valide ou non une candidature. On peut dire que les indépendants ont été finalement élus par la base d’Ennahdha. Sur 9 400 indépendants candidats, nous en avons retenu 4 000.

« On ne peut pas prétendre que les trois millions de Rcdistes sont mauvais. Nous savons que beaucoup ont été contraints d’accepter la carte du RCD pour avoir la paix sous Ben Ali »

MEE : Avez-vous accepté d’anciens Rcdistes (membres du RCD, le parti de Ben Ali) ?

RD : Oui, la tête de liste du Bardo (Tunis) est une ancienne Rcidste. C’est la localité qui l’a choisie. C’est une femme respectable, parmi les membres fondateurs de Nidaa Tounes, qui n’était pas d’accord avec la politique du parti. Nos militants du Bardo l’ont choisie et cela n’a posé aucun problème. On ne peut pas prétendre que les trois millions de Rcdistes sont mauvais. Nous savons que beaucoup ont été contraints d’accepter la carte du RCD pour avoir la paix sous Ben Ali.

MEE : Jusqu’où l’alliance Ennahdha-Nidaa peut-elle aller ? On pense en particulier à la question de l’égalité dans l’héritage, clairement défendue par Béji Caïd Essebsi ?

RD : Je ne peux pas vous donner la position officielle du parti sur ce sujet car il n’y a pas encore eu de projet de loi sur lequel nous allons débattre. Ce que je peux vous dire, c’est que cette question sociale n’est pas une priorité pour le pays actuellement. L’égalité dans l’héritage nous renvoie au clivage idéologique entre deux Tunisies, la Tunisie conservatrice et la Tunisie moderniste. Ce n’est pas ce que nous voulons, mais nous sommes prêts à assumer si débat il y a.

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La Présidence a pris la bonne décision en reportant la publication du rapport de la commission sur les libertés et sur l’égalité une fois que les élections municipales seront passées [cette commission présidée par la députée Bochra Bel Haj Hmida a été mandatée en août 2017 par la Présidence pour dresser un état des lieux des libertés individuelles et collectives dans le pays]. Nous ne voulons pas miner un enjeu local avec des batailles idéologiques.

MEE : Justement, est-ce que vous ne craignez pas que Nidaa Tounes rejoue la carte de l’opposition idéologique durant ces élections ? Comme aux législatives ?

RD : Oui il y a une tendance au sein de Nidaa qui veut tendre vers ça. Mais je pense aussi qu’ils ne sont pas tant favorables à ce débat sur l’égalité dans l’héritage, car il y a eu en interne des sondages d’opinion qui montrent que la majorité des Tunisiens sont contre le changement de la loi. Parmi ces Tunisiens, 70 % sont des femmes. Donc même Nidaa Tounes sait que ce n’est pas un bon argument électoral. La Tunisie est un pays ouvert, un pays libéral, mais avec une base conservatrice, toutes les études sociologiques le montrent.

« L’égalité dans l’héritage, imposée par une loi, va toucher à la conscience des Tunisiens qui estiment que c’est une atteinte à la religion »

MEE : Mais en France, quand la loi sur l’abolition de la peine de mort a été votée en 1981 par le parlement, 62 % des Français, selon les sondages, étaient pour le maintien de la peine capitale. Ne pensez-vous pas que parfois la loi doit être en avance sur la société ?

RD : Personnellement, je suis pour le libre choix, et je pense que même le parti sera ouvert à la possibilité du libre choix. Ceux qui veulent suivre le Coran le feront et ceux qui veulent l’égalité pourront le faire, mais le parti s’opposera peut-être à ce que la loi exige l’égalité de fait. Car cela va toucher à la conscience des Tunisiens qui estiment que c’est une atteinte à la religion.

Manifestations à Tunis pour réclamer l’égalité dans l’héritage, le 10 mars 2018 (AFP)

MEE : Qu’en est-il de l’aile dure du parti Ennahdha, présente à l’assemblée de 2011 avec Sadok Chourou ou Habib Ellouze par exemple. Quel poids a-t-elle au sein du parti aujourd’hui ?

RD : Les députés que vous venez de citer ne sont pas présentés aux élections de 2014. Cela fait partie des changements du parti. Ils ne constituent plus un courant au sein du parti, et même eux sont en train de réviser des choix qu’ils ont pu faire en 2011 et 2012.

MEE : Dans quelles municipalités pensez-vous gagner du terrain aux élections ?

RD : L’implantation d’Ennahdha reste le sud. Au nord et au centre, nous devrions avoir la majorité dans certaines banlieues de Tunis, les villes de Bizerte, et Kairouan et nous sommes en train de percer, selon nos sondages, dans la zone de Sousse.