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Journée meurtrière en Syrie, toujours pas d’accord entre la Russie et les États-Unis

Pendant qu’en marge du G20, les pourparlers sur l’avenir de la Syrie entre Obama et Poutine n’ont abouti à aucun accord, l’EI a frappé ce lundi plusieurs régions contrôlées par Assad ou les milices kurdes, faisant plusieurs dizaines de morts
À Tartous, l'attaque a été organisée sur un pont à la périphérie à l'aide d'une voiture piégée conduite par un kamikaze (Reuters)

Ce lundi, plusieurs attaques-suicides ont été menées simultanément dans des zones de Syrie contrôlées par le gouvernement de Bachar al-Assad ou les milices kurdes, à Damas, Tartous, Homs (centre) et Hassaké (nord-est), faisant au moins 48 morts, selon l'agence officielle syrienne Sana.

Le groupe État islamique (EI) a revendiqué cette série d'attentats, a indiqué l'agence Amaq, la branche médiatique de l'organisation.

À Tartous, un bastion du gouvernement syrien, l'attaque a été organisée sur un pont à la périphérie de la ville à l'aide d'une voiture piégée conduite par un kamikaze. Ce dernier a déclenché sa ceinture d'explosifs lorsque des personnes s’étaient rassemblées pour secourir les blessés de la première explosion, selon la télévision d'État. L'attentat a fait au moins 35 morts.

Tartous est la ville qui déplore le plus grand nombre de morts dans les rangs de l'armée et des milices pro-Assad depuis le début du conflit en Syrie, qui a fait plus de 290 000 morts et poussé des millions de personnes hors de chez elles.

Dans le nord-est du pays, à Hassaké — une ville tenue quasiment entièrement par les milices kurdes bien que les forces d'al-Assad soient présentes dans certaines zones — au moins huit personnes ont été tuées par un kamikaze circulant à moto, selon Amaq.

Selon les médias d'État, six des huit morts sont des membres des Assayech, les forces de sécurité kurdes, présents à un point de contrôle. Hassaké a été fréquemment prise pour cible par l'EI, qui a notamment revendiqué un attentat ayant fait seize morts en juillet à l'extérieur d'une boulangerie.

À Homs (centre), l'explosion d'une voiture piégée a causé la mort de quatre personnes et fait sept blessés, selon l'agence Sana. Cette attaque a été menée à l'entrée de Zahra, un quartier majoritairement alaouite, une branche du chiisme à laquelle appartient Bachar al-Assad.

Une autre explosion s'est produite sur une route à l'ouest de la capitale Damas, faisant un mort et trois blessés, a indiqué Sana. D'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), cette attaque a fait trois morts.

Ces attentats surviennent alors que dimanche, au sud d’Alep, les forces armées syriennes et leurs alliés ont pris, selon une source militaire citée par la télévision officielle, le contrôle total d’une zone et de la route d’approvisionnement entre le sud de la province d’Alep et les quartiers de la ville.

Traduction : « VIDEO : Le groupe rebelle syrien Ahrar al-Sham frappe les forces pro-régime à al-Ameria avec un engin explosif improvisé #Alep »

« Ces attaques sont des réponses aux victoires de notre armée à Alep », a déclaré le conseil des ministres syrien, selon la chaîne syrienne al-Ekhbariya al-Soriya.

« L'armée s'est emparée de l'académie d'artillerie et contrôle désormais les trois écoles militaires [avec l'école de l'armement et l'école technique de l'armée de l'air]. Par conséquent, les quartiers est d'Alep sont de nouveau complètement assiégés », a déclaré à l'AFP Rami Abdel Rahman, directeur de l'OSDH. Une opération rendue possible grâce à des raids massifs de l'aviation russe sur les positions rebelles, selon l'Observatoire.

Ce lundi toujours, en marge du G20 qui s’est tenu à Hangzhou (Chine), le président américain Barack Obama a rencontré son homologue russe au sujet de la Syrie. Vladimir Poutine a évoqué « un certain rapprochement des positions [avec les États-Unis] et une compréhension de ce que nous pourrions faire pour une désescalade de la situation et la recherche d'un accord mutuellement acceptable ».

Moscou et Washington, qui effectuent séparément des frappes en Syrie, sont notamment en désaccord sur le sort de Bachar al-Assad, le premier étant fermement opposé à son départ réclamé par le second.

Interrogé par CNN, Barack Obama a souligné toutefois qu’ « un manque de confiance mutuelle » freinait toujours les négociations. 

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov et le secrétaire d’État américain John Kerry s'étaient déjà entretenus « durant de longues heures » la veille en marge du sommet, mais sans pouvoir résoudre leurs divergences sur des « points délicats », avait reconnu Kerry dimanche.

Samedi, le site al-Araby al-djadid, a publié les recommandations de Staffan de Mistura, l’envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie, que ce dernier doit présenter au Conseil de sécurité de l’ONU le 23 septembre prochain. Ce document dessine la forme d’une solution politique en Syrie autour de plusieurs axes, notamment des négociations directes, limitées à une durée de six mois, et une période de transition de dix-huit mois au cours de laquelle Bachar al-Assad n’aurait plus que des prérogatives protocolaires. Il s’agit d’une copie remaniée d’un précédent document présenté au Conseil de sécurité en avril dernier.