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La police turque arrête le frère de Fethullah Gülen afin de « déraciner les traîtres »

Le Premier ministre turc Binali Yıldırım a déclaré que la répression post-coup d’État était motivée par la justice, non pas par la vengeance

Binali Yıldırım, Premier ministre turc et leader du parti au pouvoir (AFP)

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La police turque a placé dimanche en détention le frère du prédicateur exilé aux États-Unis Fethullah Gülen, accusé d’avoir fomenté le coup d’État raté en juillet dernier, visant à renverser le président Recep Tayyip Erdoğan.

Kutbettin Gülen a été dénoncé puis arrêté alors qu’il se trouvait chez un parent dans le district de Gaziemir, dans l’ouest de la province d’Izmir, a rapporté l’agence d’informations Anadolu.

Il est le premier des frères Gülen à être placé en détention depuis le coup d’État.

Il est accusé d'être « membre d'une organisation armée terroriste », a ajouté Anadolu sans donner plus de détails.

Kutbettin Gülen a été interrogé par la police antiterroriste. Selon l’agence, des livres appartenant à Fethullah Gülen aurait été perquisitionnés dans l’opération de police.

Fethullah Gülen, ancien allié d’ Erdoğan, qui vit en exil aux États-Unis depuis 1999, est accusé par la Turquie d’avoir orchestré le coup d’État du 15 juillet.

Gülen dément les faits, et ses partisans tournent en dérision le nom que les autorités turques ont donné à son groupe, l’Organisation terroriste de Fethullah (FETO), en disant qu’il dirigeait juste une organisation pacifique appelée Hizmet.

Selon ce qu’ont rapporté les médias turcs, Gülen a trois frères en vie – Meslih, Salih et Kutbettin – et deux autres décédés, Seyfullah et Hasbi. Il a également deux sœurs, Nurhayat et Fazilet. On ne sait pas où ils se trouvent actuellement.

En juillet, les autorités ont arrêté le neveu de Gülen, Muhammat Sait Gülen, dans la ville de Erzurum (à l’est), longtemps perçu comme un foyer de partisans.

Un autre neveu, Ahmet Ramiz Gülen, a été arrêté en août à Gaziantep (dans le sud-est).

« Déraciner les traîtres »

Quelque 32 000 personnes ont été arrêtées depuis la tentative de putsch, pour liens présumés avec Gülen, dans une répression implacable qui a suscité des inquiétudes sur la scène internationale.

Parmi les personnes arrêtées figurent d’anciens généraux accusés d’avoir organisé le coup d’État mais aussi des gens dans tous les secteurs : magnat des pâtisseries, journalistes, anciens footballeurs.

Lors d’une réunion de jeunes militants à Ankara, le Premier ministre Binali Yıldırım a promis que la répression continuerait jusqu’à ce que l’influence de Gülen soit éradiquée de tous les aspects de la vie en Turquie.

« Maintenant, il est temps de les chasser de toute les structures. Nous allons déraciner ces traîtres où qu’ils soient, à l’intérieur de l’État, des affaires, de la politique », a-t-il déclaré.

« Personne ne doit jouer les victimes », a-t-il menacé en promettant toutefois que la Turquie n’agissait pas « dans un esprit de vengeance mais par esprit de justice ».

Les officiels turcs se sont moqués des rumeurs selon lesquels il pourrait y avoir un nouveau coup d’État, mais Yıldırım a averti qu’« il ne pouvait y avoir de complaisance » et qu’ils étaient « prêts à tout, de jour comme de nuit ».

La Turquie a demandé aux autorités américaines d’extrader Gülen pour qu’il soit poursuivi par la justice de son pays et a exprimé son impatience devant la lenteur de la procédure.

Washington a insisté sur le fait que le processus judiciaire complet devait être respecté.

La date à laquelle les premiers procès commenceront n’est pas claire. Le ministre de la Justice Bekir Bozdag a précisé qu’ils se tiendraient dans tout le pays et que des tribunaux spéciaux seront mis en place dans certains endroits.

Traduit de l’anglais (original).