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La récession économique va-t-elle transformer Dubaï en une ville fantôme ?

La principale ville des Émirats arabes unis, considérée comme la plus progressiste du Golfe pour ses boutiques de luxe, sa vie nocturne animée et ses gratte-ciel ultramodernes, souffre d’une récession économique dont les conséquences sont déjà visibles
Un centre commercial vide à Dubaï tôt le matin (AFP)

L’émirat de Dubaï connaît un ralentissement économique qui entraîne la fermeture de plusieurs centres commerciaux, hôtels et bars, a indiqué le quotidien Al-Quds al-Arabi, basé à Londres.

Des habitants ont confié à Al-Quds al-Arabi que Dubaï était en train de se transformer rapidement en une ville fantôme, avec notamment la fermeture de plusieurs sites touristiques. Certains se sont étonnés de ce que le célèbre souk d’or de Dubaï ait été, pour la première fois en plus de 40 ans, vide.  

Plusieurs milliers d’étudiants ont quitté la capitale émiratie, selon Al-Quds al-Arabi, et d’anciens habitants de la célèbre et luxueuse résidence Jumeirah ont rapporté que plusieurs club et bars branchés avaient fermé, à l’instar du célèbre bar The Agency ou encore le Left Bank, malgré les tentatives de ce dernier pour survivre en baissant le prix des boissons alcoolisées.


La crise hypothécaire à l’origine de la récession 

Depuis 2016, la chute du prix du pétrole a conduit les autorités émiraties à baisser les dépenses et à imposer de nouveaux impôts qui ont entraîné un ralentissement économique majeur aux Émirats. Résultat : Dubaï a pris la décision de geler plusieurs projets hypothécaires et d’abandonner d’autres projets commerciaux.

« La liquidité du marché de Dubaï a également baissé, les investisseurs régionaux se tournant désormais vers l’Arabie saoudite »

- M. R. Raghu, Kuwait Financial Center

La récession économique a été renforcée par la récente crise immobilière qui a frappé l’émirat de Dubaï. Selon un rapport du Kuwait Financial Center « Marzak », les ventes de projets immobiliers en construction à Dubaï ont chuté de 46 % au premier trimestre 2018, tandis que les ventes de propriétés ont chuté de 24 %.

« Le marché de Dubaï est en retrait par rapport aux marchés du CCG [Conseil de coopération du Golfe : Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Koweït, Bahreïn, Oman], perdant plus de 12 % depuis le début de l’année à cause du sell-off [mouvement de vente général] dans le secteur de l’immobilier », a expliqué à l’AFP M. R. Raghu, directeur de recherche au Kuwait Financial Center.

Toujours selon le rapport, la liquidité à Dubaï a chuté d’environ 35 % en avril seulement.

« La liquidité du marché de Dubaï a également baissé, les investisseurs régionaux se tournant désormais vers l’Arabie saoudite », a ajouté Raghu.

La croissance économique au Moyen-Orient et dans les pays du Golfe a chuté l’an dernier mais devrait se redresser en 2018. Le Fonds monétaire international (FMI) estime toutefois que des risques subsistent, mettant en garde contre une crise croissante de la dette dans la région et conseillant aux importateurs et exportateurs de pétrole de poursuivre leurs réformes économiques et leurs réductions des subventions, selon l’AFP.