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La Tunisie envisage de reprendre ses relations diplomatiques avec la Syrie

Le président Béji Caïd Essebsi a rencontré ce mardi des députés tunisiens qui se sont récemment rendus de leur propre chef à Damas (Facebook)
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La Tunisie n'est pas opposée à une reprise à leur niveau « normal » des relations diplomatiques avec la Syrie, rompues il y a cinq ans, a déclaré ce mardi le chef de l'État tunisien Béji Caïd Essebsi.

Tunis avait annoncé en février 2012 l'expulsion de l'ambassadeur de Syrie pour protester contre la répression menée par le régime de Bachar al-Assad à Homs, qui aurait fait en un seul jour à la veille de la fête du Mawlid (anniversaire de la naissance du prophète Mohammed) plus de 200 morts et des centaines de blessés selon l’opposition.

Le président Essebsi a tenu ces propos lors d'une rencontre avec des députés tunisiens qui se sont récemment rendus de leur propre chef à Damas, où ils se sont entretenus avec des responsables syriens, dont Bachar al-Assad.

Dans ce post, le député Abdelaziz Khotti raconte qu’il a été reçu par le président Béji Caïd Essebsi avec d’autres membres de la délégation partie en Syrie. La délégation a expliqué que cette visite avait été menée pour « tenter d’inverser les relations entre les deux pays ». Selon lui, les hauts responsables syriens que la délégation a rencontrés se seraient notamment engagés à livrer un certain nombre de jeunes Tunisiens qui se trouvent en Syrie.

« Il n'y a pas d'objection fondamentale à ramener les relations à leur niveau normal une fois la situation améliorée et stabilisée dans ce pays frère », peut-on lire dans un communiqué de la présidence.

Le président a tenu à préciser que son pays avait actuellement « une représentation consulaire à Damas, qui s'occupe des intérêts tunisiens ».

Cités par le communiqué, les élus ont affirmé que le régime de Damas était disposé à « coopérer avec l'État tunisien pour lui remettre un certain nombre de jeunes Tunisiens présents en Syrie et n'étant pas impliqués dans des affaires de terrorisme ».

La Syrie est aussi « prête à fournir des informations sur les filières de recrutement de jeunes Tunisiens vers la Syrie », selon ces élus.

Retour d’un représentant consulaire en 2015

La rupture des relations tuniso-syriennes s'est produite lorsque Moncef Marzouki, rival malheureux d'Essebsi à l'élection présidentielle de 2014, était président.

La décision d’expulser l’ambassadeur de Syrie à Tunis, qui s’était accompagnée de « mesures pour retirer toute reconnaissance du régime au pouvoir à Damas », avait été saluée par des dizaines de manifestants syriens et tunisiens qui s’étaient rassemblés devant l’ambassade de Syrie à Tunis pour réclamer le départ de Bachar al-Assad.

Mais plusieurs partis d'opposition tunisiens avaient aussi critiqué cette décision, la jugeant « précipitée » et s'inquiétant de ses éventuelles répercussions sur les Tunisiens installés en Syrie.

Des Tunisiens manifestent contre l'attaque contre le musée national du Bardo, commis par une cellule de combattants dont deux rentraient de Syrie, le 18 mars 2015 (MEE/ Eric Reidy)

En 2015, la Tunisie avait fait un pas vers le rétablissement des relations diplomatiques en indiquant qu'elle allait désigner un représentant consulaire ou diplomatique auprès du régime de Bachar al-Assad pour « suivre » la situation des Tunisiens en Syrie, dont celle de ses nombreux ressortissants ayant rejoint les rangs de groupes islamistes armés.

Au cours des derniers mois, un vif débat a secoué la Tunisie autour de la perspective d'un retour massif de ces combattants. Selon le ministère de l’Intérieur, ils seraient plus de 800 à être revenus en Tunisie.

Une commission d'enquête parlementaire sur les filières d’islamistes armés a été constituée en janvier par les députés tunisiens. Le résultat de ses travaux est toutefois incertain en raison notamment de dissensions politiques sur son action.