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L’Arabie saoudite, les EAU, l’Égypte et la Jordanie soutiendraient l’« accord du siècle »

Les quatre pays arabes désirent voir Mahmoud Abbas être marginalisé par les États-Unis s’il persiste à refuser le plan de Donald Trump pour la résolution du conflit israélo-palestinien, selon le journal Israel Hayom
Le président palestinien Mahmoud Abbas refuse de négocier avec les États-Unis depuis leur décision concernant Jérusalem (AFP)
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Quatre pays arabes soutiennent le plan de Donald Trump en vue d’un règlement de la situation entre Israël et l’Autorité palestinienne (AP) et sont disposés à marginaliser le président de cette dernière, Mahmoud Abbas, pour que ce plan soit mis en œuvre, d’après le journal israélien Israel Hayom.

Selon l’article, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis (EAU), l’Égypte et la Jordanie ont informé Jared Kushner, gendre du président américain Donald Trump chargé par ce dernier de résoudre la question israélo-palestinienne, ainsi que l’envoyé spécial Jason Greenblatt qu’ils soutenaient l’« accord du siècle », ainsi que le présente le président américain.

Israel Hayom, un quotidien appartenant aux milliardaires Miriam et Sheldon Adelson, a rapporté qu’il avait échangé avec des responsables des quatre pays arabes, qui auraient fait part au journal de la décision de leur pays respectif de soutenir le plan américain, qu’Abbas et l’AP coopèrent ou non.

Dans l’article, un « haut responsable égyptien » déclare que les pays sont unanimes quant au fait que si les États-Unis doivent outrepasser Abbas et tenter de mettre en œuvre le plan de règlement, ils ne s’y opposeraient pas.

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et le président américain Donald Trump (AFP)

Depuis son investiture, Donald Trump se présente souvent comme l’homme qui négociera enfin le dénouement du conflit israélo-palestinien.

Cependant, en reconnaissant Jérusalem en tant que capitale d’Israël, il a été accusé par Abbas et l’AP de favoriser clairement les Israéliens et donc de discréditer les États-Unis dans le rôle de négociateur honnête.

Les Palestiniens cherchent à obtenir Jérusalem-Est, occupée par Israël depuis la guerre des Six Jours, comme capitale d’un futur État palestinien.

Agacé par la position de l’administration Trump, Abbas a refusé de donner suite aux efforts déployés par les États-Unis pour mettre en œuvre leur stratégie israélo-palestinienne.

Un accord en vue ?

Bien que ceux-ci n’aient pas encore été annoncés, de nombreux détails de l’« accord du siècle » de Trump semblent être connus de tous.

Le négociateur en chef palestinien Saeb Erekat, qui dirige depuis plusieurs décennies les efforts déployés dans le but de mettre fin à l’occupation israélienne et d’établir un État palestinien, a déclaré à MEE la semaine dernière que l’« accord du siècle » revenait à ne conclure aucun accord.

Selon lui, Washington met déjà en œuvre sa stratégie sur le terrain, indépendamment des Palestiniens et de leurs intérêts.

Les Américains ne sont devenus « rien d’autre que des porte-parole de l’occupation israélienne », a déclaré Erekat, qui a ajouté que l’intention des Américains était de « normaliser l’apartheid israélien ».

Toutefois, selon le reportage d’Israel Hayom, Riyad, Abou Dabi, Le Caire et Amman ne sont pas favorables à la position de l’Autorité palestinienne et rejettent le refus d’Abbas de coopérer avec Washington, le voyant comme un faux pas. MEE a rapporté en mars qu’Abbas s’était vu remettre une copie du plan américain par des responsables saoudiens et qu’il avait refusé de regarder le document.

« Les États arabes ne mettront pas de bâtons dans les roues du processus de paix »

- Un responsable jordanien

Selon le quotidien israélien, un haut responsable jordanien a déclaré que Kushner et Greenblatt avaient été informés que « les États arabes ne mettr[aient] pas de bâtons dans les roues du processus de paix et [que] le refus continu d’Abbas de travailler avec les Américains donner[ait] lieu à un plan de paix régional lancé sans lui ».

Ils ont toutefois souligné qu’« [ils] ne prendr[aient] pas part à un accord qui compromettrait les intérêts palestiniens », a indiqué le journal.

« En dépit des erreurs stratégiques commises par Abou Mazen [Abbas] et son peuple, Kushner et Greenblatt ont été informés sans ambiguïté que les Palestiniens méritaient un État palestinien indépendant avec Jérusalem-Est comme capitale », a déclaré un responsable égyptien à Israel Hayom.

« Kushner a accepté la requête des nations arabes et a fait clairement savoir lors de ses rencontres avec le roi Abdallah [de Jordanie] et le président [égyptien] [Abdel Fattah] al-Sissi que les intérêts du peuple palestinien ne seraient pas compromis si le plan de paix régional était introduit sans la coopération des dirigeants palestiniens », a-t-il précisé. ‎

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.