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L'Arabie saoudite poursuit son projet de canal isolant le Qatar de la terre

D'une base militaire à des clubs de plage en passant par un site de déchets nucléaires, Riyad a de grands projets afin de que sa voie navigable mette un peu plus la pression sur Doha
Le Qatar, émirat de la péninsule, perdra sa seule frontière terrestre si le canal est construit (AFP)
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L'Arabie saoudite a avancé son plan de construction d'un canal à la frontière avec le Qatar, ce qui aurait pour effet de détacher le Qatar de la péninsule arabique, ont rapporté cette semaine les médias du Golfe.

L'Arabie saoudite, avec les Émirats arabes unis (EAU), Bahreïn et l'Égypte, ont soumis le Qatar à un blocus depuis un an pour protester contre les politiques prétendument poursuivies par Doha.

Riyad a fixé le 25 juin comme date limite pour les offres des entreprises qui creuseront le canal Salwa, long de 60 km. Cinq compagnies internationales se sont déjà lancées dans l’arène, selon Gulf News.

L'Arabie saoudite annoncera le gagnant dans les 90 jours après la date fixée, selon le quotidien saoudien Makkah, et la compagnie gagnante devra alors terminer le projet dans un an.

Le coût du projet est estimé à 530 000 dollars (3 870 euros). Le canal s'étendra de Salwa à Khor al-Adaid et aura une largeur de 200 mètres et une profondeur de 15 à 20 mètres.

Les navires mesurant jusqu'à 33 mètres de largeur et 295 mètres de longueur pourront naviguer dans le canal, selon ce qui a été rapporté.

Le luxe, le militaire et les déchets toxiques 

En plus d’isoler le Qatar, Riyad envisage plusieurs usages du canal. Un minuscule émirat riche en gaz sera construit, à partir de sa seule frontière terrestre.

Selon Gulf News, des stations balnéaires sont prévues à Salwa, Sakak, Khor al-Adaid et Ras Abu Qamees.

Des ports doivent être construits à Salwa et à Aqlat al-Zawayed, ainsi que des marinas le long des deux rives pour les yachts privés et les sports nautiques.

La base militaire prévue et le site de déversement de déchets nucléaires sont toutefois moins attrayants pour les visiteurs.

Le canal se trouverait entièrement du côté saoudien de la frontière, de sorte que le Qatar n'aura pas accès aux voies navigables. Il sera entièrement financé par les investisseurs privés saoudiens et émiratis.

Les entreprises égyptiennes ayant une expertise dans le forage seront appelées à l'aide.

Traduit de l'anglais (original).