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Le Qatar est menacé d’expulsion du CCG, selon les médias pro-saoudiens

Des journaux émiratis spéculent sur la prochaine étape contre le Qatar, alors que les ministres des Affaires étrangères d’Arabie saoudite, des EAU, de Bahreïn et de l’Égypte se rencontrent au Caire
Un Qatari écrit un message de soutien sur une peinture murale de l’émir Sheikh Tamim à Doha (Reuters)

Le Qatar se retrouve un peu plus isolé et menacé d’expulsion du Conseil de coopération du Golfe (CCG) si sa réponse à la liste des demandes faites il y a presque deux semaines n’est pas satisfaisante, ont déclaré des médias du Golfe soutenus par leurs États mercredi.

Les ministres des Affaires étrangères d’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, de l’Égypte et de Bahreïn se rencontraient au Caire mercredi pour discuter de la réponse du Qatar aux treize demandes.

Le conflit repose sur les allégations selon lesquelles le Qatar soutiendrait des militants islamistes, y compris les Frères musulmans, considérés comme une organisation terroriste par l’Arabie saoudite, les EAU et l’Égypte. Le Qatar nie tout soutien au terrorisme et affirme que les pays arabes veulent contrôler sa politique étrangère.   

Le ministre des Affaires étrangères qatari, Mohammed ben Abdulrahman al-Thani, a déclaré mardi que sa réponse serait « donnée avec bonne volonté, et une bonne initiative pour une solution constructive », mais a insisté sur le fait que Doha ne ferait pas de compromis sur sa souveraineté.

Des hauts fonctionnaires du Golfe ont déclaré que les demandes étaient non négociables, et ont signalé que d’autres sanctions étaient possibles, y compris de « se séparer » de Doha – ce qui suggère que le Qatar pourrait être éjecté du CCG, une organisation de coopération sécuritaire et économique régionale fondée en 1981.

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« Le Qatar marche seul, bercé par ses rêves et ses illusions, loin de ses frères du Golfe, après avoir vendu chacun de ses frères et amis et acheté les traîtres et ceux qui sont loin au prix le plus élevé », a déclaré dans un édito le rédacteur en chef du journal al-Ittihad, lié au gouvernement d’Abou Dabi.

« Un citoyen du Golfe pourrait se retrouver obligé de se préparer psychologiquement à ce que son Golfe se retrouve sans le Qatar », a-t-il ajouté.

Certains journaux ont déclaré que l’insistance du ministre des Affaires étrangères qatari sur le fait que son pays ne ferait pas de compromis sur sa souveraineté suggérait que Doha ne changerait pas sa politique.

« Nous ne comprenons pas l’intransigeance du Qatar, construite sur le principe de souveraineté, qui a été répétée dans chaque réaction publiée par Doha », a commenté dans un édito le journal en arabe al-Riyadh, qui reflète la pensée du gouvernement saoudien.

« Les demandes du Golfe n’impactaient pas du tout la souveraineté du Qatar, mais demandaient seulement que le Qatar mette fin à son ingérence dans les affaires internes », a-t-il ajouté.

Mettre fin au soutien financier de groupes terroristes, fermer la chaîne de télévision basée au Qatar Al Jazeera, rétrograder ses liens avec l’Iran et fermer une base militaire turque faisaient partie des demandes envers le Qatar.

Le journal al-Bayan basé à Dubaï écrivait dans un édito que toutes les indices suggéraient que « le Qatar a décidé de choisir l’hostilité de son environnement, et a dénigré l’action jointe du Golfe et du bloc arabe ».

« Doha a choisi d’entrer dans un tunnel sombre et les quatre pays arabes qui ont repoussé l’échéance ont agi de façon positive, malgré le fait qu’ils savaient qu’ils faisaient face à un pays qui abrite le diable pour ses voisins. »

« Nous faisons aujourd’hui face à une nouvelle situation après le rejet qatari, et c’est un rejet qui aura un prix. Le Qatar seul porte la responsabilité de cette réaction. »

Des hauts fonctionnaires qataris ont répété à plusieurs reprises que les demandes étaient tellement draconiennes qu’ils suspectaient que les quatre pays n’aient jamais sérieusement envisagé de les négocier, et essayaient au contraire d’entraver la souveraineté de Doha.

Ils ont également déclaré que le Qatar souhaitait négocier une solution juste et équitable à « tout problème légitime » qui préoccupe les membres du CCG.

Traduit de l’anglais (original).