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Les combattants kurdes hissent le portrait du leader du PKK au centre de Raqqa

Des activistes syriens ont réagi avec colère lorsque le drapeau d’Abdullah Öcalan est apparu après la libération de la ville de l’État islamique
Une image montre un étendard d’Abdullah Öcalan au centre de Raqqa (capture d’écran)
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Des internautes syriens ont réagi avec colère sur les réseaux sociaux après la diffusion, par les Forces démocratiques syriennes (FDS), d’une grande photo du leader du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Öcalan, au centre de Raqqa une fois la ville libérée du groupe État islamique (EI).

Les FDS, soutenues par les États-Unis, composées d’Arabes et de Kurdes, ont pris le contrôle de Raqqa cette semaine. Le portrait d’Öcalan a été hissé sur le square al-Naïm, au centre de la ville, par les combattants affiliés aux Unités de protection du peuple (YPG) lors d’une parade de leurs membres féminins uniquement.

Traduction : « À #Raqqa, les drapeaux noirs de la mort et des ténèbres ont été vaincus. Maintenant, il y a de l’espoir, de la vie et un avenir libre pour le peuple »

« #YPG : Nous dédions la victoire de Raqqa à Öcalan et à toutes les femmes »

Après avoir hissé le drapeau, le commandement des YPG a déclaré que la victoire à Raqqa était une victoire à la fois pour Öcalan et pour les femmes, contre le groupe État islamique et d’autres groupes islamistes en Syrie.

« Les femmes se sont libérées d’un régime masculin relevant de l’exploitation à la fois politique, sociale et culturelle, et sont devenues une solution aux problèmes et des bâtisseuses de morale », a déclaré Nesrin Abdullah.

« La création d’une armée de femmes contre Ahrar al-Sham, Nosra et l’EI a été une réponse aux puissances en Syrie et une étape importante au service des peuples de Syrie. »

Elle a terminé sa déclaration par le slogan « Jin, Jiyan, Azadi » (Les femmes, la vie, la liberté).

Öcalan, né dans la province turque de Şanlıurfa, fut le cofondateur du PKK en 1978 et mena une guérilla contre l’État turc qui entraîna plus de 40 000 morts.

Bien que les YPG revendiquent être indépendants du PKK, le groupe reconnaît Öcalan comme sa figure idéologique et les commandants du PKK sont supposés contrôler les institutions essentielles au nord de la Syrie.

Des activistes opposants syriens ont critiqué le mouvement sur Twitter, certains affirmant qu’un groupe « terroriste », l’EI, avait simplement été remplacé par un autre :

Traduction : « Les États-Unis ont déclaré leur soutien aux YPG, non pas au PKK. Toutefois, l’image du chef du PKK, Abdullah Öcalan, sur le square de la ville de Raqqa aujourd’hui, est dédié aux États-Unis »

Traduction : « Ville de #Raqqa : la photo d’al-Baghdadi a été remplacée par celle d’Abdullah Öcalan, le leader du PKK, considéré dans le monde comme un groupe terroriste »

Traduction : « Les #YPG soutenus par la #Syrie et les #États-Unis suspendant un grand portrait d’Öcalan, leader du #PKK, à #Raqqa. D’un point de vue sentimental, cela peut se comprendre, mais d’un point de vue politique, c’est un désastre »

Les États-Unis ont soutenu les YPG comme partie des FDS dans leur combat contre l’EI mais considèrent en même temps le PKK comme une organisation terroriste, au même titre que le Royaume-Uni et l’Union européenne.

La Turquie a, à plusieurs reprises, critiqué les États-Unis pour leur soutien aux YPG, qui selon elle, sont indissociables du PKK.

L’EI a pris le contrôle de la ville arabe principalement sunnite de Raqqa en 2014, et sous son règne, elle devint tristement célèbre comme centre de planification pour les attaques à l’étranger et pour les violences épouvantables qui y ont été perpétrées.

Traduction : « Danse de la victoire par les hommes et les femmes libres des YPG/YPJ/FDS. Après 134 jours de combats menés jour et nuit et de soutien de la @coalition »

Après la défaite en juillet à Mossoul, la deuxième ville d’Irak et un autre de leurs bastions urbains, la perte de Raqqa a porté un coup majeur aux rêves de califat des combattants.

En Syrie, ils sont maintenant essentiellement confinés dans la province de Deir Ezzor, où ils subissent les attaques à la fois des forces du gouvernement soutenues par la Russie et les FDS.

Dans l’Irak voisin, ils tiennent uniquement une petite bande de la vallée de l’Euphrate adjacente à la frontière syrienne, bien loin de leur apogée en 2014, quand leur « califat » était à peu près de la même taille que la Grande-Bretagne.

Traduit de l’anglais (original).