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Les Émirats arabes unis prévoyaient d’envahir le Qatar avec des mercenaire en lien avec Blackwater

Selon d’ex-responsables, un projet prévoyait de renverser l’émir du Qatar et de le remplacer par un dirigeant aux ordres du bloc, mené par les Saoudiens, qui boycotte le riche État gazier
Erik Prince, le fondateur de Blackwater témoigne devant la Commission sur la surveillance et la réforme du gouvernement, à Washington DC en 2007 (AFP)
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Un ancien vice-Premier ministre du Qatar a accusé les Émirats arabes unis (EAU) de conspirer pour envahir Doha avec une armée de mercenaires, selon un rapport.

Abdullah ben Hamad al-Attiyah a lancé ces accusation mercredi dans un rapport publié par le quotidien espagnol ABC.

Les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, Bahreïn et l’Égypte ont imposé un blocus et des sanctions économiques au mois de juin, accusant le Qatar de « soutien aux extrémistes » et de trop de proximité avec l’Iran, des accusations rejetées par Doha.

Selon Attiyah, les EAU ont recruté une société privée dans la sécurité, liée à Blackwater, sulfureuse société militaire américaine privée, pour former des milliers de mercenaires afin d’envahir le Qatar dans le but de renverser l’émir et de le remplacer par un dirigeant aux ordres du bloc mené par les Saoudiens qui boycotte le riche État gazier, raconte le site NewArab.


Traduction : « Hum. Ok. Alors il y a beaucoup à déballer dans cette affaire… »

Le plan, qui aurait été préparé avant l’altercation diplomatique, selon Attiyah, n’a jamais été exécuté parce que le président américain Donald Trump n’a pas réussi à donner le feu vert à l’assaut, souligne encore le site.

Une source officielle anonyme rapporte au quotidien que les militaires recrutés étaient entraînés sur une base militaire émiratie à Liwa, à l’ouest du pays, par Academi, une entreprise américaine de service dans la sécurité, connue auparavant sous le nom de Blackwater.

Les mercenaires de Blackwater ont tué dix-sept civils irakiens non armés et en ont blessé vingt autres dans un célèbre massacre en 2007 à Bagdad, qui a poussé l’entreprise à changer de nom.

« Nous estimons que Blackwater a formé quelque 15 000 employés, pour la plupart colombiens ou sud-américains », précise la source à NewArab.

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Le New York Times rapporte dès 2011 que des Colombiens entraient aux EAU en se présentant comme des ouvriers du bâtiment pour intégrer en secret l’armée de mercenaires formée par le fondateur de Blackwater, Erik Prince, avec plus de 500 millions de dollars (420 millions d’euros) de financements de la riche pétromonarchie.

Les Colombiens, tout comme des Sud-Africains et d’autres troupes étrangères, ont été formées par des soldats américains à la retraite, des vétérans des opérations spéciales allemandes et britanniques, et des légionnaires français, rapportent d’ancien employés et des officiels américains au New York Times.

Selon un mail récent présumé envoyé par l’ambassadeur émirati aux États-Unis, Yousef al-Otaiba, l’Arabie saoudite s’apprêtait à « conquérir » le Qatar avant le début du blocus.

En septembre, des proches de Trump ont déclaré à Bloomberg (groupe financier américain spécialisé dans les services aux professionnels des marchés financiers et dans l’information économique) que le bloc mené par les Saoudiens étudiait une intervention militaire au Qatar au début de la crise, avant que le président américain appelle au calme.

Traduit de l’anglais (original).