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Les Houthis accusés d’ignorer le cessez-le-feu à Ta’izz

La Résistance populaire affirme que douze violations ont été commises au cours de la première heure, tandis que des commandants ne reconnaissent pas la trêve et que la ville reste assiégée
Des unités de la Résistance populaire de Ta’izz affirment ne pas reconnaître le cessez-le-feu (AFP)

TA'IZZ, Yémen – Le cessez-le-feu tant vanté au Yémen a semblé vaciller dès les premières heures de sa mise en place à Ta’izz, où des affrontements se poursuivent et où la Résistance populaire accuse les rebelles houthis d’avoir commis douze violations au cours de la première heure.

Le conseil militaire de la résistance a déclaré ce lundi que les Houthis avançaient sur plusieurs fronts dans la province et que le bombardement de zones civiles par ces derniers se poursuivait.

On rapporte qu’au moins quatre enfants ont été blessés au cours des bombardements.

Moath al-Yaseri, chef de la résistance populaire à Ta’izz, a indiqué à Middle East Eye que les forces de la résistance avaient répondu avec des tirs défensifs, mais n’avaient pas attaqué les Houthis.

« En vertu de l’accord régissant le cessez-le-feu, nous pouvons répondre aux tirs mais nous ne pouvons pas attaquer ; cependant, les Houthis n’ont pas respecté l’accord de cessez-le-feu et continuent de cibler à la fois les civils et la résistance », a affirmé Yaseri.

Il a souligné que les Houthis avançaient sur les fronts d’al-Dhabab et d’al-Rabie, alors que les affrontements étaient toujours en cours sur plusieurs fronts. « Nous pouvons dire que Ta’izz ne fait pas partie du processus de paix », a-t-il ajouté.

Un cessez-le-feu est entré en vigueur à minuit heure locale ce lundi entre les forces qui soutiennent le président Abd Rabbo Mansour Hadi, soutenu par l’Arabie saoudite, et leurs ennemis, les Houthis et les forces qui soutiennent toujours l’ancien président Ali Abdallah Saleh.

Ce cessez-le-feu marque le début d’une semaine de mesures de « rétablissement de la confiance » avant des pourparlers prévus à partir du 18 avril au Koweït.

Le gouvernement Hadi a accusé les Houthis d’avoir utilisé leur artillerie lourde quelques instants après le début de la trêve, alors que les Houthis auraient affirmé selon Reuters que des avions de la coalition saoudienne avaient organisé trois frappes contre la ville.

Les Houthis n’ont pas formulé de commentaires au sujet des allégations de rupture du cessez-le-feu.

Dans un communiqué, la brigade Saalik, qui fait partie de la Résistance populaire, a indiqué qu’elle ne faisait pas partie de l’accord et qu’elle n’accepterait pas de dialogue avec l’« ennemi » si les Houthis poursuivaient leur siège de Ta’izz.

« La brigade participe à la guerre à Ta’izz depuis le début et ne cessera pas les combats avant la libération de Ta’izz, et nous combattrons pour la victoire ou pour tomber en martyrs », a précisé le communiqué.

« Nous laisserons le dialogue et la politique aux partis et au [gouvernement soutenu par l’Arabie saoudite] qui ont déçu Ta’izz, mais nous combattrons pour notre religion, notre terre et notre honneur », a commenté ce dimanche pour MEE Nabil al-Adimi, commandant de la brigade Saalik.

Farouq al-Hamadi, un habitant de la ville de Ta’izz, ne croit pas au processus de paix et accuse à la fois les Houthis et la Résistance populaire de détruire sa ville et de tuer des civils.

« La brigade Saalik a annoncé qu’elle ne respecterait pas le cessez-le-feu et les Houthis ont l’habitude de ne pas les respecter, donc les deux camps sont responsables des violations. »

Hamadi, qui vit dans le quartier de Bir Basha, dans l’ouest de la ville, a indiqué avoir entendu de violents affrontements sur le front sud-ouest pendant la nuit.

« Je ne peux pas faire confiance aux Houthis ou à la résistance pour mon salut ; je ne peux que prier Dieu pour qu’il les chasse de Ta’izz, puisque ni les uns ni les autres ne comprennent le langage de la paix », a ajouté Hamadi.

Ses propos ont été repris par d’autres habitants qui se sont exprimés ce lundi.

Mohamed Abdulwadood, qui vit dans le quartier d’al-Thawra, à Ta’izz, a expliqué qu’il ne pourrait croire au processus de paix qu’une fois que le siège serait levé.

« Nous serions stupides de croire aux pourparlers de paix alors que nous vivons sous le siège, a-t-il soutenu. La première étape avant les pourparlers doit être de briser le siège ; s’ensuivraient alors le cessez-le-feu puis les pourparlers de paix. »

Les frappes aériennes dirigées par l’Arabie saoudite ont également ciblé les Houthis sur la colline d’al-Salal, à l’est de la ville, depuis laquelle les Houthis ont procédé à des tirs.

Le cessez-le-feu semble tenir ailleurs au Yémen, ont indiqué plusieurs rapports d’agences de presse.

« La trêve n’est pas tombée et nous espérons que les rebelles mettront fin à leurs attaques et respecteront le cessez-le-feu », a affirmé le général Mohamed Ali al-Makdashi, chef d’état-major des forces de Hadi.

L’envoyé spécial de l’ONU pour le Yémen, Ismail Ould Cheikh Ahmed, a salué le cessez-le-feu, évoquant « une première étape dans le retour du Yémen à la paix ».

« [Cette étape] est essentielle, urgente et indispensable. Le Yémen ne peut se permettre de perdre plus de vies », a déclaré le diplomate mauritanien.

Traduction de l’anglais (original) par VECTranslation.