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Les rebelles soutenus par la Turquie reprennent la très symbolique ville de Dabiq à l'EI

Le groupe État islamique (EI) a été chassé de la ville qu’il présentait comme le théâtre d’une bataille épique entre musulmans et chrétiens
Des combattants de l’Armée syrienne libre se réjouissent alors qu’ils combattent contre l’EI dans les environs de Dabiq (AFP)

Des rebelles syriens soutenus par la Turquie se sont emparés ce dimanche de Dabiq, une ville proche de la frontière turque, jusqu’à présent aux mains de l’État islamique (EI), portant un coup symbolique majeur à l’organisation.

Cette défaite de l’EI survient alors que le secrétaire d’État américain John Kerry devait rencontrer ses alliés européens à Londres dans un nouveau round diplomatique pour mettre un terme à la guerre en Syrie qui a fait plus de 300 000 morts depuis 2011.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), les médias officiels turcs et une faction rebelle ont rapporté que des forces d’opposition appuyées par les avions de combat et l’artillerie de la Turquie avaient pris le contrôle de Dabiq ce dimanche.

« Après le retrait des combattants de l’EI, les forces rebelles ont repris Dabiq », a relevé l’OSDH, basé à Londres.

La Fanstaqim Union, une faction rebelle appuyée par Ankara, partie prenante dans cette bataille, a précisé que « Dabiq était tombée après de violents combats » et que les rebelles avaient continué à prendre d’autres villes à proximité, dont Soran, Ihtimalat et Salihiyah.

Prophétie sunnite

Dabiq est pour l’EI d’une importance cruciale d’un point de vue idéologique, en raison d’une prophétie sunnite selon laquelle elle serait le théâtre d’une bataille décisive entre les chrétiens et les musulmans.

Entre les partisans de l’EI, Dabiq est même devenue l’incarnation d’une bataille contre l’Occident, où Washington et ses alliés bombardant les djihadistes sont décrits comme des croisés des temps modernes.

En elle-même, la ville, dans la province nord d’Alep, a toutefois une valeur militaire négligeable comparée à des villes stratégiques détenues par l’EI comme Raqqa en Syrie et Mossoul en Irak.

Au début de la semaine, l’EI avait essayé de minimiser l’avance des forces rebelles sans son hebdomadaire en ligne, al-Naba, en disant que la plus grande bataille pour la ville n’était pas encore là.

Les forces anti-EI et leurs soutiens turcs « se sont rassemblés à Alep, en annonçant que Dabiq était leur principal objectif » et pensent qu’ils peuvent gagner « une grande victoire morale contre l’EI ».

« Mais la grande épopée de Dabiq sera précédée par des faits majeurs et des présages apocalyptiques », a aussi relevé l’hebdomadaire jeudi dernier.

« Cette intervention à la sauvette à Dabiq et dans sa banlieue – la plus petite des batailles de Dabiq – finira dans une grande épopée », a ajouté le groupe.

Dabiq est également le nom de la revue très soignée de l’EI en anglais.

Une frontière devenue instable

L’agence officielle turque Anadolu a précisé que les rebelles syriens étaient en train de désamorcer les bombes laissées sur place. 

Toujours selon l’agence, neuf rebelles ont été tués et 28 autres ont été blessés dans les combats.

La Turquie avait lancé une opération sans précédent en Syrie le 24 août, avec l’intention de cibler à la fois l’EI et les Unités de protection du peuple (YPG) pro-kurdes.

Samedi, le président Recep Tayyip Erdoğan avait déclaré qu’il pousserait plus au sud pour sécuriser une zone sûre de 5 000 kilomètres carrés en Syrie.

La zone frontalière est devenue grandement instable, et dimanche, trois officiers de police turcs ont été tués alors qu’ils menaient une opération contre une cellule dormante de l’EI, par des kamikazes qui se sont fait exploser à Gazantiep.

Selon Anadolu, les rebelles soutenus par Ankara contrôleraient maintenant 1 130 kilomètres carrés le long de la frontière dans la province d’Alep, le gouvernorat du nord découpé en zones contrôlées par l’EI, les Kurdes, les rebelles et les forces du gouvernement.

Traduit partiellement (original) de l'anglais.