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L’État islamique interdit aux chrétiens de quitter Raqqa

Il ne reste aujourd’hui qu’environ 43 familles chrétiennes dans le bastion de l’État islamique
Le drapeau de l’État islamique flotte sur le « dôme » de l’église des Martyrs de Raqqa, une église catholique arménienne (AFP)
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L’État islamique a interdit aux chrétiens de quitter son bastion de Raqqa « quelles que soient les circonstances », affirment des activistes de la ville.

Selon le groupe Raqqa Is Being Slaughtered Silenced (RIBSS) qui lutte contre l’État islamique, la milice a publié jeudi un édit prononçant l’interdiction.

« L’État islamique empêche de partir tous les chrétiens ou les Arméniens qui se trouvent à Raqqa », a affirmé RIBSS dans un tweet.

Il ne resterait aujourd’hui que 43 familles chrétiennes à Raqqa depuis que l’État islamique a imposé sa loi islamique stricte sur la ville. Les chrétiens qui s’y trouvent subissent un « état de sujétion », d’après un document publié par l’État islamique en décembre 2014.

« Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la taxe en reconnaissance de supériorité et qu’ils soient dans un état de sujétion », indiquait le document.

Un activiste de RIBSS a précisé que l’interdiction avait été imposée à Pâques, soulignant que la plupart des chrétiens restants en ville étaient des travailleurs pauvres dont les perspectives de départ seraient minces même s’ils en avaient la possibilité.

« Ils souffrent des décisions et des pratiques de l’organisation, qui occupe leurs lieux de culte tout en les obligeant à témoigner leur respect. Ils sont également privés de la pratique de leurs rituels et de leurs pratiques religieuses », a expliqué Abou Mohammed, ajoutant que les chrétiens subissent également un harcèlement régulier.

Les chrétiens représentaient à un certain moment environ 10 % de la population de la Syrie, mais la montée de groupes militants islamiques a poussé plusieurs centaines de milliers de personnes à fuir.

Ceux qui restent sont généralement favorables au gouvernement, dans la mesure où beaucoup considèrent le président syrien Bachar al-Assad comme le seul rempart contre un gouvernement rebelle qui les discriminerait selon eux sur le plan institutionnel.

L’État islamique a été accusé de nombreuses atrocités contre les chrétiens dans les zones qu’il contrôle au Moyen-Orient. Dans la province irakienne de Ninive, le groupe a peint la lettre arabe correspondant à la lettre « N » sur les maisons des chrétiens irakiens, avant de les sommer de se convertir ou de payer une taxe, faute de quoi ils risqueraient la mort.

Dans une vidéo diffusée par le groupe en avril 2015, l’État islamique a exécuté plusieurs dizaines de chrétiens éthiopiens en Libye.

Dans la vidéo, un combattant de l’État islamique prononce une déclaration sur les relations « entre chrétiens et musulmans », surmontée d’images d’églises et d’autels en train d’être détruits par l’État islamique.

La vidéo se poursuit avec des images de chrétiens en Syrie et explique qu’ils se sont vu imposer un choix entre se convertir à l’islam et payer une « taxe spéciale ». Un texte affiché à l’écran identifie les hommes comme étant des « disciples de la croix ennemie de l’Église éthiopienne ».

« À la nation de la croix [...] Le sang musulman qui a été versé sur les mains de votre religion a un prix, affirme le combattant en anglais. Nous jurons devant Allah que vous ne serez pas en sécurité, même dans vos rêves, tant que vous n’adhérerez pas à l’islam. »

Traduction de l’anglais (original) par VECTranslation.