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Libye : douze morts dans un attentat-suicide revendiqué par l'EI

Ce mercredi, un attentat-suicide revendiqué par l'EI visant la Haute commission électorale libyenne à Tripoli a fait douze morts
Le siège de la Haute commission électorale libyenne (HNEC) à Tripoli a été visé ce mercredi 2 mai par une attaque suicide (capture d'écran)

Douze personnes ont été tuées ce mercredi 2 mai dans un attentat-suicide contre le siège de la Haute commission électorale libyenne (HNEC) à Tripoli, chargée d'organiser des élections cruciales pour le pays, selon des sources sécuritaire et sanitaire.

Vidéo montrant des images fixes de l'attaque

Dans un communiqué diffusé par son organe de propagande Amaq, le groupe État islamique (EI) a revendiqué l'attaque menée selon le groupe par deux de ses membres.

Ces dernières années, l'EI a revendiqué plusieurs attentats en Libye dont le dernier a visé fin mars des forces pro-Haftar dans l'est du pays, où huit personnes ont été tuées. 

Malgré la perte de son principal fief de Syrte en décembre 2016, le groupe reste actif dans le centre et le sud libyens.

Vidéo montrant une fusillade après l'attaque. Un homme crie : « Attention, il y a nos fonctionnaires »

Les deux assaillants ont attaqué le siège de la Haute commission électorale (HNEC), ouvrant le feu sur les gardes et les fonctionnaires, avant de se faire exploser, a indiqué le ministre de l'Intérieur Abdessalam Achour dans une conférence de presse.

Traduction : « Des photos plus nettes montrant l’ampleur de l’explosion. C’est si triste »

Selon des témoins, des tirs ainsi qu'au moins deux explosions ont été entendus aux abords de la HNEC.

Un périmètre de sécurité a été installé autour des lieux empêchant les journalistes et badauds de s'approcher.  

Le siège de la HNEC a pris feu et a été gravement endommagé mais son président Imed al-Sayeh a assuré qu'une copie de la base de données des électeurs était « sauvegardée en lieu sûr ». « La commission est toujours forte et toujours capable d'organiser n'importe quel scrutin », a-t-il dit.

Dans un communiqué, le Gouvernement d'union nationale (GNA) a dénoncé une « attaque terroriste ». 

« Cette attaque lâche n’empêchera pas le GNA de continuer à apporter son soutien à la HNEC », a indiqué le cabinet de Fayez al-Sarraj, affirmant son « engagement à (respecter) le processus démocratique pour la tenue des élections afin de mener la Libye à bon port ».

La mission de l'ONU en Libye (MANUL) a également condamné l'attentat, « avec la plus grande fermeté ».

Traduction : « Une attaque aussi lâche contre cet édifice démocratique est une agression directe contre le peuple libyen et sa volonté de construire un État juste et civil, et contre son espoir de trouver des moyens de sortir des transitions pour établir la paix et la stabilité en Libye »

La Libye est en proie au chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

Deux autorités s'y disputent aujourd'hui le pouvoir : d'un côté, le gouvernement d'union nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale et basé à Tripoli, de l'autre, une autorité exerçant son pouvoir dans l'est du pays, avec le soutien du puissant et controversé maréchal Khalifa Haftar.

À LIRE ► Libye : le mirage des élections

Pour départager les camps rivaux, la communauté internationale et l'ONU pressent pour la tenue d'élections dans le pays en 2018. 

La HNEC, considérée parmi les rares institutions crédibles et indépendantes, avait organisé les deux premières législatives en 2012 et 2014, réinstaurant cet exercice après 42 ans d'interdiction sous la dictature.

Elle a déjà achevé le processus d'enregistrement des électeurs pour de nouvelles élections, dont la date n'a pas encore été fixée.