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Les Palestiniens commémorent la Nakba en pleurant les morts de Gaza

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Les Palestiniens commémorent la Nakba en pleurant les morts de Gaza

Les Palestiniens commémoraient ce mardi le 70e anniversaire de la Nakba, la « tragédie » de la création d'Isräel sur les terres de la Palestine historique en 1948, qui contraint quelque 750 000 Palestiniens à l’exil, dépossédés de leurs biens et de leur patrie.

Le bilan des victimes du lundi 14 mai, la journée la plus meurtrière du conflit israélo-palestinien depuis la guerre de l’été 2014 à Gaza, a été révu à la hausse : 61 Palestiniens ont été tués, en majorité par des tirs de snipers israéliens et plus de 2 400 Palestiniens ont également été blessés.

Depuis le 30 mars dernier, date de la première "Grande marche du retour" qui se déroule tous les vendredis depuis, plus de cent Palestiniens ont été tués par l'armée israélienne.

Mises à jour du direct

Au Maroc, Mohammed VI « inquiet » et « préoccupé »
1 année ago

Mohammed VI a exprimé une « profonde inquiétude et préoccupation » devant la mise en œuvre de la décision de l’administration américaine de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël (AFP)

par Reda Zaireg, à Rabat

Le roi Mohammed VI a adressé lundi 14 mai une lettre à Mahmoud Abbas, suite au transfert de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem. Il a exprimé son soutien au président palestinien, et a dit suivre avec une « profonde inquiétude et préoccupation la mise en œuvre de la décision de l’administration américaine de reconnaître Al-Quds comme capitale d’Israël et d’y transférer son ambassade ».

Le souverain marocain a également insisté sur « l’importance extrême de la ville d’Al-Quds, non seulement pour les parties au conflit, mais également pour les adeptes des trois religions monothéistes, et que toute atteinte au statut juridique et historique reconnu d’Al-Quds, renferme le danger d’entraîner la question palestinienne dans les méandres des conflits religieux ».

À LIRE  Mohammed VI dénonce la politique « inacceptable » d’Israël à Jérusalem

Amplement suivies au Maroc, les manifestations qui se sont tenues à Gaza ont suscité un déluge de réactions, à mesure que le bilan humain ne cessait de s'aggraver.

Traduction : « Faites-vous plaisir et regardez @4noura donner des détails : ‘’En prison, les Palestiniens ont eu le choix de décorer leur cellule comme ils le voulaient’’ »

Lundi à Rabat, devant le Parlement marocain, une manifestation organisée par la Coalition nationale pour la Palestine et contre la normalisation a vu la participation de plusieurs dizaines de personnes, dont certaines figures politiques connues : les parlementaires Abdelali Hamieddine et Amina Maelainine, du Parti de la justice et du développement (PJD, islamistes), Khadija Ryadi et Abdelhamid Amine, figures de la défense des droits humains au Maroc.

Au micro du site d'information Hespress, Hamieddine a déclaré que cette marche était une « réaction instantanée au massacre perpétré par l'armée israélienne », qui vise à empêcher les Palestiniens à « exercer leur droit au retour », selon ses termes. 

Traduction : « Chaque Palestinien qui est mort aujourd’hui compte, chacun d’eux avait une famille, des amis, des gens qui les aimaient. Chacun d’eux avait des rêves et des projets qu’il/elle voulait réaliser. Ils ne sont pas des chiffres. Ils ne sont pas des chiffres »

La procureure de la CPI promet de « prendre toute mesure appropriée »
1 année ago

Fatou Bensouda, procureure de la CPI (Facebook)

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI) Fatou Bensouda a affirmé mardi qu'elle suivait de près les violences à Gaza et a promis de « prendre toute mesure appropriée ».

« Mon équipe suit attentivement les développements sur place et examine tout crime présumé qui pourrait être du ressort » de la CPI, a-t-elle déclaré à l'AFP, affirmant que « la violence doit cesser ».

Elle a demandé à « tous les protagonistes de s'abstenir d'aggraver cette situation » et à l'armée israélienne « d'éviter d'user de la force de manière excessive ».

L'Autorité palestinienne a rejoint la CPI en janvier 2015 en signant le Statut de Rome qui a créé la CPI. La Cour est compétente pour juger les crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

À la demande des Palestiniens, Fatou Bensouda avait ouvert en 2015 une enquête sur des crimes présumés commis lors de la guerre à Gaza en 2014.

Elle a rapellé mardi que « la situation en Palestine est sous le coup d'une enquête préliminaire menée par mes services ».

« Je suivrai la situation et je prendrai toute mesure appropriée dans le cadre de mon mandat défini par le Statut de Rome », a-t-elle promis, se disant « bouleversée » par le bilan des violences de lundi.

À Gaza, une famille pleure son bébé, mort asphyxié par du gaz lacrymogène
1 année ago

Leïla al-Ghandour, huit mois, est décédée après avoir respiré des gaz lacrymogènes (AFP)

Dans une dernière étreinte, Mariam al-Ghandour serre contre elle le tout petit corps de sa fille Leïla, en larmes. « Les Israéliens l'ont tuée », sanglote-t-elle.

Selon le ministère de la Santé gazaoui, le bébé, âgé de seulement huit mois, est décédé après avoir inhalé du gaz lacrymogène pendant les affrontements entre manifestants palestiniens et soldats israéliens lundi près de la frontière entre la bande de Gaza et Israël.

La famille met l'accent sur la responsabilité de l'armée israélienne qui a lancé les grenades lacrymogènes, plutôt que sur la suite d'événements qui a conduit ce bébé à se retrouver à proximité de la frontière avec Israël, lors de la journée la plus meurtrière du conflit depuis quatre ans.

Au moins 60 Palestiniens ont été tués lundi par des soldats israéliens, portant à 114 le nombre de décès côté gazaoui depuis le début des manifestations le 30 mars.

Anwar al-Ghandour, le père de Leïla (Twitter)

Leïla est un cas particulier : alors que la grande majorité des victimes ont été tuées par des tirs de snipers, elle a succombé à l'inhalation de gaz lacrymogènes, temporairement douloureux pour les adultes mais potentiellement dangereux pour les enfants.

Sa mère Mariam, âgée de 17 ans, a expliqué avoir eu rendez-vous chez le dentiste. « J'ai donc laissé Leïla avec mes frères, à la maison », raconte-t-elle à l'AFP depuis le domicile familial, à l'est de la ville de Gaza. « Mon petit frère l'a prise avec lui et l'a conduite à la frontière. »

Au fond de la pièce, Ammar, 11 ans, sanglote sans pouvoir s'arrêter, les yeux fixés sur le corps du bébé, peu avant les funérailles qui se sont déroulées en présence de plusieurs dizaines de personnes.

Il assure avoir pensé que sa sœur Mariam était à la frontière avec sa mère et d'autres membres de la famille. « Alors je l'ai prise avec moi dans le bus », explique-t-il en parlant de Leïla. « Je me sens responsable » de sa mort, concède-t-il.

Il a finalement rejoint sa mère Heyam près de la frontière et lui a confié le bébé. Ils ne sont restés sur place que quelques minutes, avant d'être pris sous les tirs de grenades lacrymogènes, précise Heyam. 

Leïla al-Ghandour, huit mois, fait partie des plus de 60 personnes tuées depuis lundi (AFP)

« Je pouvais à peine respirer », décrit-elle. « Nous nous sommes éloignés et j'ai confié Leïla à ma sœur puis nous sommes allés chercher deux autres enfants pour pouvoir partir. »

« Elle a bu du jus mais elle pleurait énormément », poursuit-elle. « Et puis elle s'est tue. Je pensais qu'elle dormait. »

Ce n'est qu'en sortant du bus que la famille s'aperçoit que l'enfant est devenue bleue.

« Je me suis précipitée à l'hôpital, ils m'ont alors dit qu'elle était morte depuis plus d'une heure. »

Des dizaines de milliers de manifestants se sont réunis lundi devant la barrière qui sépare la bande de Gaza d'Israël pour protester contre l'ouverture de l'ambassade américaine à Jérusalem le même jour, mais aussi pour réclamer le droit au retour sur les terres dont ils ont été chassés à la création d'Israël en 1948.

Seul un petit nombre a cherché à franchir la barrière. Les soldats israéliens ont lancé des grenades lacrymogènes et des snipers ont tiré sur la foule.

Israël fait face aux critiques internationales pour usage excessif de la force mais affirme avoir agi afin de se protéger d'éventuelles incursions de l'autre côté de la barrière qui le sépare de la bande de Gaza. 

(AFP)

Hael al-Fahoum, ambassadeur de Palestine en Tunisie : « On a besoin d’action et pas de déclaration officielle »
1 année ago

par Lilia Blaise à Tunis

C’est via un communiqué du ministère des Affaires étrangères publié lundi 14 mai que la Tunisie a fermement condamné les attaques d’Israël contre les Palestiniens qui ont fait au moins 59 morts et 2 400 blessés dans la bande de Gaza. Le ministère a aussi déclaré qu’au regard de la situation actuelle, le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem était « inapproprié » et « ne pourrait pas mener à la paix dans la région ». 

L’ambassadeur palestinien en Tunisie, Hael al-Fahoum, de retour de Palestine ce mardi 15 mai, a déclaré par téléphone à Middle East Eye : « C’est horrible ce qui se passe là-bas, c’est le chaos total. Maintenant, on a besoin d’action et pas de commentaire ou de déclaration officielle. Le monde voit ce qui se passe et ferme les yeux. Et l’administration américaine bloque tout sur place, c’est vraiment terrible. »

Sur les réseaux sociaux, les Tunisiens commentent aussi l’inauguration de la nouvelle ambassade américaine par le président Trump à Jérusalem. Des appels d’organisations étudiantes à manifester près de l’ambassade américaine à Tunis circulent sur les réseaux sociaux depuis mardi matin. 

Différents partis politiques ont aussi réagi, le parti Ettakatol (social-démocrate) a publié un communiqué lundi dans lequel il déclare que « le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, en dehors de tout processus de paix et décidé de manière unilatérale, donne un feu vert au gouvernement sioniste de droite dure pour une effusion de sang palestinien ».

Ce mardi, l'Assemblée des représentants du peuple (ARP) a commencé la séance plénière en accordant une heure aux députés pour parler de la situation à Gaza.

La Tunisie avait déjà exprimé son rejet du transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem en février dernier. Le président de l’Assemblée des représentants du peuple, Mohammed Ennaceur, par ailleurs membre du parti Nidaa Tounes, avait pris la parole pendant une session plénièrepour condamner cette décision. Et les députés avaient scandé en chœur le 6 décembre à l’assemblée, « Al-Quds, capitale éternelle de la Palestine ». 

La centrale syndicale, l’UGTT, avait déclaré être « profondément préoccupée par l’ampleur de la décision américaine ». Le président de la République Béji Caïd Essebsi avait même convoqué à l’époque, l’ambassadeur américain en Tunisie. 

Le mouvement du peuple – parti de gauche dont l’ancien président était Mohamed Brahmi, un opposant politique assassiné en 2013 – a aussi publié un communiqué dans lequel il appelle le Parlement tunisien à voter le projet de loi criminalisant la normalisation avec Israël. Ce projet de loi avait suscité de nombreuses polémiques en commission en décembre dernier et le Parlement tunisien n’en n’avait finalement pas débattu en plénière. 

Le parti, qui se dit désormais « musulman démocrate » et non plus islamiste, Ennahdha, a également publié un communiqué en anglais sur sa page Facebook disant que le parti considère l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem comme une « violation flagrante des résolutions de l’ONU et des droits des Palestiniens ». 

Ces dernières années, la Tunisie a fréquemment manifesté, via les partis de gauche, pour le boycott de produits venant d’Israël. L’année 2017 a notamment été marquée par la déprogrammation du film Wonder Woman avec l’actrice israélienne Gal Gadot par exemple, ou encore la polémique autour de la venue du comédien Michel Boujenah au festival de Carthage. 

ÀLIRE  Boycotter, ou ne pas boycotter Wonder Woman ? 

Le 15 décembre 2016, l’assassinat de Mohamed Zouari, un ingénieur qui avait fabriqué des drones pour le Hamas palestinien avait suscité l’indignation en Tunisie surtout après qu’un journaliste israélien soit venu couvrir les événements, muni d’un passeport allemand. 

Depuis les années 1980, la Tunisie s’est toujours rangée du côté de l’Organisation pour la libération de la Palestine (OLP), ce qui avait valu à la ville de la banlieue-Sud de Tunis, Hammam Chott d’être bombardée par un raid israélien en 1985. 

La Tunisie a également accordé en avril 2018 un visa au père de Ahed Tamimi, l’adolescente de 16 ans, devenue une icône de la révolte palestinienne après avoir giflé un soldat israélien dans une vidéo devenue virale. 

D’après un récent sondage sur les réactions des pays arabes de l’Arab Center à Washington DC au sujet des positions de Trump au Moyen-Orient, la Tunisie arrive souvent en tête des pays qui désapprouvent le plus la politique du président américain au Moyen-Orient. 

EN DIRECT : Réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU sur la situation à Gaza
1 année ago

La Nakba, 70 ans après : ce que les jeunes Palestiniens espèrent pour l’avenir
1 année ago

Les conditions de vie dans les camps de réfugiés, notamment la pauvreté, la surpopulation, les infrastructures de mauvaise qualité et le manque d’espace public, sont aggravées par les raids réguliers, de jour comme de nuit, des forces israéliennes, les nombreuses arrestations et les innombrables victimes dues à l’utilisation de balles réelles et de gaz lacrymogènes par l’armée.

Inas, future avocate âgée de 24 ans, explique : « La Nakba est ma réalité quotidienne dans le camp de réfugiés. Chaque jour, l’armée israélienne pénètre ici et nous tire dessus, c’est la Nakba. Avoir vu mon voisin se faire tirer dessus et se faire tuer juste devant chez moi, c’est la Nakba. »

Inas : « La Nakba est ma réalité quotidienne dans le camp de réfugiés » (Chloé Benoist/MEE)

Ghaida, qui a également étudié le droit, décrit ce qu’elle considère comme l’oppression quotidienne des forces israéliennes. Pour elle, il s’agit d’une tentative délibérée de créer une « culture de la peur et de la soumission » parmi les réfugiés.

« La Nakba n’est pas seulement les terres qui nous ont été prises », estime-t-elle. « Bien sûr, les terres nous ont été prises et devraient être restituées, mais on m’a également privée de droits qui devraient être rétablis. »

« J’ai le droit de vivre en paix, le droit à une bonne éducation. La Nakba est essentielle pour les réfugiés, car ils ont été dépossédés des droits de l’homme. »

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