Aller au contenu principal

L’ONU accuse l’armée libyenne de saper les efforts de paix

L’armée libyenne a lancé l’opération « Épée à double tranchant » la veille de la date limite des pourparlers de paix parrainés par l’ONU
L’armée libyenne a lancé l’opération « Épée à double tranchant » la veille de la date limite des pourparlers de paix parrainés par l’ONU

L’ONU a accusé dimanche l’armée du gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale de chercher à saboter les pourparlers de paix en lançant une nouvelle offensive contre la deuxième ville du pays, Benghazi.

La Mission de soutien de l’ONU en Libye (UNSMIL) a appelé à un arrêt immédiat de l’offensive annoncée samedi par le chef controversé de l’armée libyenne, Khalifa Haftar, afin de donner leur chance aux négociations de paix entre les deux parlements rivaux du pays.

L’UNSMIL a déclaré « condamner fermement l’escalade militaire à Benghazi ».

« Ces frappes aériennes sont une tentative évidente de mettre à mal et faire dérailler les efforts actuels pour mettre un terme au conflit, et ce au moment où les négociations sont entrées dans leur phase final, la phase la plus critique », a déclaré l’organisation onusienne. 

L’annonce de l’offensive, dénommée opération « Épée à double tranchant », a eu lieu la veille de la date limite accordée aux deux parlements rivaux de la Libye pour conclure un accord de paix sur la base d’un plan négocié par l’ONU afin de mettre en place un gouvernement unifié.

La Libye est partagée entre deux administrations rivales depuis août 2014, après qu’une alliance de milices a pris le contrôle de la capitale Tripoli, poussant le gouvernement du pays reconnu par la communauté internationale à trouver refuge à Benghazi, à l’est.

L’UNSMIL a appelé à un « arrêt immédiat des hostilités à Benghazi et à travers la Libye [...] pour donner une chance au dialogue en cours à Skhirat, afin qu’il se conclue positivement dans les heures à venir ». 

Les ambassadeurs étrangers réunis à Skhirat, une ville balnéaire du Maroc, ont condamné dimanche « le regain des hostilités en Libye [...] notamment les frappes aériennes contre la population civile de Benghazi ».

« Cette montée de la violence souligne le besoin urgent de conclure le plus tôt possible le processus de dialogue politique », ont déclaré les diplomates de l’Union européenne, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, du Maroc, du Portugal, de l’Espagne, de la Turquie, du Royaume-Uni et des États-Unis.

Dimanche, l’envoyé de l’ONU pour la Libye, Bernardino Léon, a dit espérer que les deux parties signent un accord dans la journée après des mois d’impasse et le rejet de diverses propositions de résolution du conflit.

Traduction de l’anglais (original).