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Maghreb-Orient du livre : le guide de la rédaction

On y parlera des libertés individuelles, des minorités religieuses, de guerre en Irak, mais aussi d’humour, d’amour et de poésie : ne ratez pas le Maghreb-Orient des livres qui ouvre ce vendredi à Paris
Affiche du Maghreb-Orient des livres, du 8 au 10 février à Paris
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Le deuxième Maghreb-Orient des livres ouvre ce vendredi à l’hôtel de ville de Paris jusqu’au 10 février. Cette manifestation fédère, pour la deuxième fois, le 25e Maghreb des livres (organisé par l’association Coup de soleil) et le deuxième Orient des livres (organisé par l’Institut de recherche et d’études Méditerranée Moyen-Orient, l’iReMMO). Quelque 145 auteurs sont attendus pour ce salon qui compte une trentaine de rencontres et de débats. 

À ne pas rater : la conférence de Régis Debray : « Europe-Méditerranée : une communauté de destin » (le 8, à 14h) et les tables rondes « Écrire en exil » avec, entre autres, Abnousse Shalmani, l’auteure de Khomeyni, Sade et moi (le 9, à 13h15) et « Femmes du Maghreb : quel droit à l’héritage » (le 10, à 11h30). 

Si vous avez envie de rencontrer des auteur(e)s en chair et en os, voici une sélection des personnalités présentes dont les essais, BD ou œuvres littéraires évoquent directement ou indirectement les thématiques abordées par Middle East Eye.

Ali Al Muqri 

Romancier et journaliste yéménite vivant en France, il s’intéresse notamment aux questions des minorités sociales et religieuses, ainsi qu’à la place des femmes au Yémen. Son premier roman, non traduit en français, Black Taste, Black Odour (traduction anglaise) a été sélectionné en 2009 pour le International Prize for Arabic Fiction. Le Beau juif (Liana Lévi, 2011) est sélectionné pour le prix international du roman arabe, tandis que Femme interdite (Liana Lévi, 2015) traduit de l’arabe par Ola Mehanna et Khaled Osman a reçu cette année-là la mention du jury du prix de littérature arabe.

Dédicace : samedi 9 février de 18h à 19h.

Darina Al Joundi

Auteure et comédienne née au Liban et installée en France, elle s’y fait connaître avec Le jour où Nina Simone a cessé de chanter, narration autobiographique qu’elle présente au festival d’Avignon en 2007 et jouera ensuite près de 500 fois. Ma Marseillaise, autre pièce présentée en 2012 à Avignon, continue de développer les thèmes au cœur du travail de Darina Al Joundi : liberté, laïcité, féminisme, rapport à l’altérité. Elle publie en 2017 sous le titre Prisonnière du Levant (Grasset) la biographie de May Ziadé, féministe libanaise ayant vécu en Égypte au début du XXe siècle.

Dédicace : vendredi 8 février de 16h45 à 17h45.

Hoda Barakat 

Journaliste et romancière libanaise installée en France, elle a notamment reçu le prix Naguib Mahfouz pour la littérature arabe en 2000 pour Le Laboureur des eaux (Actes Sud, 1998). Diplômée de l’Université de Beyrouth en littérature française, elle a travaillé au Centre pour la recherche libanaise et a été directrice de l’information chez Radio Orient pendant plusieurs années. Son dernier roman, Courrier de nuit (ActesSud, 2018), est un recueil de lettres intimes, tragiques et touchantes, jamais reçues par leurs destinataires, qui interrogent la notion de lien en temps de guerre et d’exil.

Dédicace : samedi 9 février de 15h30 à 16h30.

Yiğit Bener

Interprète, traducteur et auteur, il a grandi entre la France et la Turquie avant de s’installer en 1990 à Istanbul. Son roman Le Revenant (Actes Sud, 2015), a obtenu le prix littéraire turc Orhan Kemal. Il a également traduit Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline, travail pour lequel il a reçu en 2002 le prix de la meilleure traduction, décerné par la revue Dünya. Avec Enis Batur, il signe Délires simultanés, Simültane cinnet (Verdier, 2017), un livre bilingue traitant avec humour des divers aspects de leur profession, à mi-chemin entre l’essai et la fiction.

Dédicace : vendredi 8 février de 18h à 19h.

Tracy Chawhan 

Après avoir grandi à Chypre et étudié une année en France, elle a poursuivi ses études à l’Académie libanaise des Beaux-Arts où elle se spécialise dans la bande-dessinée et l’illustration. Beirut bloody Beirut (Marabulles, 2018) est son projet de master et lui a valu le prix Mahmoud Kahil de l’Université Américaine de Beyrouth dans la catégorie illustration graphique. Elle est cofondatrice du collectif de BD libanaise Zeev.

Dédicace : samedi 9 février de 14h15 à 15h15.

Aziz Chouaki 

Écrivain algérien francophone, il est diplômé de littérature anglaise à l’Université d’Alger. Il réside en France depuis 1991. Dramaturge, romancier et musicien, il se fera connaître avec la pièce de théâtre Les Oranges (1997), jouée de très nombreuses fois. Son dernier livre, Baya : rhapsodie algéroise est paru chez Bleu Autour en 2018.

Dédicace : samedi 9 février de 15h30 à 16h30.

Slimane Dazi 

Cet acteur algérien qui vit en France fait ses débuts à l’écran la quarantaine passée, en apparaissant dans plusieurs courts métrages. Il joue notamment dans Quarante frères de Rachid Djaïdani, court métrage qui aboutit en 2012 au film Rengaine, où le rôle qu’il joue lui vaudra d’être couronné meilleur acteur au festival Vues d’Afrique de Montréal et aux trophées francophones du cinéma de Dakar en 2013. Il a également joué dans Un prophète de Jacques Audiard (2009). Il a sorti un livre sur sa situation administrative ubuesque en France, Indigène de la nation (Don Quichotte). 

Dédicace : dimanche 10 février de 17h à 18h.

Rachid El-Daïf 

Titulaire d’un doctorat en littérature arabe de l’Université Paris 3, il enseigne désormais cette matière à l’Université libano-américaine de Beyrouth. Il est l’auteur de plusieurs recueils de poèmes et romans dont le plus récent est La Minette de Sikirida (Actes Sud, 2018). La plupart de ses écrit dressent un portrait acerbe et tendre de la société libanaise, notamment par le biais de l’autofiction, qu’il utilise pour dépeindre de manière réaliste et crue les relations humaines.

Dédicace : dimanche 10 février de 14h30 à 15h30.

Jean-Pierre Filiu 

Spécialiste de l’histoire du Moyen-Orient contemporain et du monde arabo-musulman, il est professeur à Sciences Po Paris, au sein de l’École des affaires internationales, après avoir été professeur invité aux États-Unis à l’Université Columbia et à l’Université de Georgetown. Il a été conseiller des Affaires étrangères de 1988 à 2006 et membre de plusieurs cabinets ministériels. Il est l’auteur de nombreux essais, dont récemment Le Miroir de Damas (La Découverte, 2017), Généraux, gangsters et jihadistes : histoire de la contre-révolution arabe (La Découverte, 2018), Main basse sur Israël : Netanyahou et la fin du rêve sioniste (La Découverte, 2019).

Dédicace : vendredi 8 février de 15h30 à 16h30.

Gérard Haddad 

Psychiatre et psychanalyste, il travaille aux côtés de Jacques Lacan avant d’entamer une lecture croisée entre le judaïsme et la psychanalyse. Il est aussi traducteur de l’hébreu, écrivain et éditeur. Ismaël et Isaac (Premier Parallèle, 2018), son dernier ouvrage, revient sur l’histoire qui unit les enfants d’Abraham.

Dédicace : dimanche 10 février de 15h45 à 16h45.

Fatéma Hal 

Après avoir étudié la littérature arabe, l’anthropologie et l’ethnologie, elle se dirige vers une carrière de chef cuisinier. Elle rejoint le ministère des Droits de la femme aux côtés d’Yvette Roudy avant d’ouvrir le restaurant La Mansouria à Paris en 1984, qui devient un lieu privilégié de la gastronomie marocaine et accueille des évènements culturels. Elle reçoit en 2001 la Légion d’honneur et publie récemment Les discours amoureux des épices (Zellige, 2018), son premier roman après de nombreux ouvrages sur l’utilisation des épices et leurs origines. 

Dédicace : vendredi 8 février de 18h à 19h.

Fouad Laroui 

Économiste et écrivain, il enseigne l’économétrie puis les sciences de l’environnement à l’Université d’Amsterdam. Il est parallèlement chroniqueur littéraire pour les revues Jeune Afrique et Économia, et pour la radio Medi1. Il est notamment l’auteur de L’Étrange affaire du pantalon de Dassoukine (Julliard, 2012) prix Goncourt 2013 de la nouvelle, et de Tribulations du dernier Sijlmassi (Julliard, 2014), prix Jean Giono 2014. Il a récemment publié Dieu, les mathématiques, la folie (Robert Laffont, 2018) et Lumières marocaines (Langages du Sud, 2018).

Dédicace : samedi 9 février de 16h45 à 17h45.

Jean-Paul Mari 

Né à Alger, Jean-Paul Mari est grand reporter, réalisateur et écrivain. Il quitte l’Algérie française à 11 ans pour la France métropolitaine. Après des études de psychologie, il devient kinésithérapeute puis journaliste à la radio et dans plusieurs titres de la presse écrite, pour lesquels il couvre de très nombreux conflits à travers le monde. Ces reportages lui inspirent plusieurs ouvrages. Il a récemment publié En dérivant avec Ulysse (éditions J-C Lattès, 2018) où il revient sur ce que serait le mythique voyage d’Ulysse aujourd’hui autour de la Méditerranée.

Dédicace : samedi 9 février de 14h15 à 15h15.

Hélène Sallon

Journaliste au Monde, elle a couvert d’octobre 2016 à juillet 2017 la bataille de Mossoul en Irak. Elle a passé plus de quatre mois sur le terrain, où elle a pu suivre l’offensive des forces irakiennes contre les forces de l’organisation État islamique (EI) et enquêter sur son influence à Mossoul. Les témoignages qu’elle a recueillis sont la matière première de son livre L’État islamique de Mossoul (La Découverte, 2018).

Dédicace : samedi 9 février de 18h à 19h.

Omar Youssef Souleimane 

Poète et journaliste syrien, il prend part au soulèvement de 2011 en Syrie, et est contraint à quitter le pays pour la Jordanie avant de rejoindre la France, qui lui accorde l’asile en 2012. Il continue alors à écrire des poèmes, en français cette fois-ci, dont La Mort ne séduit pas les ivrognes (L’oreille du loup, 2016) pour lequel il reçoit le prix Amélie-Murat. La même année il devient directeur de programme au Collège international de philosophie. Son dernier ouvrage, Le Petit Terroriste (Flammarion, 2018), est inspiré de son enfance en Arabie Saoudite et de son parcours. 

Dédicace : samedi 9 février de 15h30 à 16h30.

Abdellah Taïa 

Écrivain et réalisateur marocain d’expression française, il est l’un des premiers écrivains marocains et arabes à affirmer publiquement, dans ses livres comme dans les médias, son homosexualité. Il a suivi des études de littérature française et a soutenu une thèse sur Jean-Honoré Fragonard et sur le roman libertin du XVIIIe siècle. Il a écrit plusieurs romans, traduits dans plusieurs langues, dont Celui qui est digne d’être aimé (Points, 2017) et, plus récemment Maroc : la guerre des langues ? (En toutes lettres, 2018).

Dédicace: dimanche 10 février de 13h15 à 14h15.

Fabien Toulmé 

Après des études d’ingénieur civil et d’urbanisme, il maîtrise les bases essentielles à la construction d’une BD. Il a voyagé au Bénin, au Brésil, en Guyane et en Guadeloupe avant de revenir en France où il participe à plusieurs ouvrages collectifs. Dans Ce n’est pas toi que j’attendais (Delcourt, 2014) , il partage son expérience de père d’une petite fille atteinte de trisomie 21 et rencontre son premier succès. Il a également publié Les Deux vies de Baudouin (Delcourt, 2017) et L’Odyssée d’Hakim (Delcourt, 2018), bande-dessinée qui retrace le parcours d’un réfugié syrien en Turquie.

Dédicace : dimanche 10 février de 14h30 à 15h30.

Dominique Vidal 

Journaliste et historien, ancien rédacteur en chef adjoint du Monde Diplomatique, il a également été directeur international du Centre de formation et de perfectionnement des journalistes (CFPJ). Il est par ailleurs l’auteur de nombreux ouvrages portant notamment sur le conflit israélo-palestinien, dont Les 100 clés du Proche-Orient, avec Alain Gresh (Fayard, 2011), Un autre Israël est possible, avec Michel Warschawski (Atelier, 2012), Palestine : le jeu des puissants (Actes Sud/Sindbad, 2014) et, dernièrement, Antisionisme = antisémitisme ? Réponse à Emmanuel Macron (Libertalia, 2018).

Dédicace: vendredi 8 février de 18h à 19h.

Salim Zerrouki 

Ancien directeur artistique dans la publicité, il s’est fait connaître grâce au blog Yahia Boulahia, où il publie chaque jour une caricature de son personnage fictif, Yahia Boulahia, « roi de la fatwa », qui tourne en dérision la radicalisation et l’extrémisme religieux. Cette année il a publié sa première BD, 100 % bled. Comment se débarrasser de nous pour un monde meilleur (Lallah Hadria et Encre de nuit, 2018), dans laquelle il se moque crûment des travers de la société au Maghreb.

Dédicace: samedi 9 février de 13h à 14h.

Infos pratiques : Vendredi 8 (14h-19h), samedi 9 (11h-19h) et dimanche 10 (11h-18h) février, dans les salons de l’hôtel de ville de Paris. Entrée 3 rue de Lobau, Paris 4e. Entrée libre.