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Mahmoud Abbas à l'ONU : « Israël détruit les espoirs d’une solution à deux États »

Le président palestinien a annoncé qu'il présenterait bientôt au Conseil de sécurité des Nations unies une résolution contre les colonies israéliennes en Cisjordanie
Le président palestinien Mahmoud Abbas s'est exprimé à l'occasion de la 71e Assemblée générale des Nations unies à Manhattan (New York) le 22 septembre 2016 (Reuters)

Le président palestinien Mahmoud Abbas a déclaré ce jeudi à l’Assemblée générale des Nations unies que la poursuite de la colonisation israélienne en Cisjordanie détruisait tout espoir d’une solution à deux États.

« Ce que le gouvernement israélien est en train de faire en poursuivant sa colonisation expansionniste détruira ce qui reste de possibilités pour la solution à deux États selon les frontières de 1967 », a déclaré le leader palestinien à la 71e Assemblée générale des Nations unies à New York.

Il a continué en exhortant les pays à reconnaître la Palestine comme un État, et a annoncé qu’il présenterait bientôt au Conseil de sécurité des Nations unies une résolution contre les colonies en Cisjordanie, dont il espère qu'elle sera soutenue par chaque pays des quinze membres du Conseil de sécurité.

De précédentes tentatives pour faire voter une résolution se sont heurtées à l’opposition des États-Unis, et souvent du Royaume-Uni et de la France, qui disposent d’un droit de véto.

« Ceux qui croient en une solution à deux États devraient reconnaître les deux États, et pas seulement un des deux », a souligné Mahmoud Abbas en critiquant sévèrement le Royaume-Uni pour la déclaration de Balfour de 1917 qui appela à l’établissement d’un foyer juif sur un territoire largement peuplé par les Palestiniens.

« Nous demandons au Royaume-Uni, alors que nous approchons du centenaire de cette tristement célèbre déclaration, de tirer les leçons qui s’imposent afin de prendre ses responsabilités historiques, légales, politiques, matérielles et morales pour les conséquences de cette déclaration. Ce qui implique des excuses au peuple palestinien pour les catastrophes, la souffrance et l’injustice qu'elle a engendré, et des actions pour corriger ces désastres et remédier à leurs répercussions. Et cela passe par la reconnaissance de l’État de Palestine », a plaidé Mahmoud Abbas.

« Le monde doit concentrer ses efforts pour faire de 2017, le centenaire de la déclaration, l’année de la fin de l’occupation israélienne », a-t-il ajouté.

« Le conflit n’a jamais porté sur les colonies ou sur la création d’un État palestinien. Il a toujours été question de l’existence d’un État juif, un État juif quelles que soient ses frontières », a déclaré le Premier ministre Benyamin Netanyahou ce jeudi à l’ONU en ajoutant : « Haifa, Jaffa et Tel Aviv, toutes ces villes israéliennes, voilà vraiment les colonies auxquelles [les Palestiniens] s’opposent. »

Benyamin Netanyahou a reconnu que les colonies étaient un « un vrai sujet » (Reuters)

La question des colonies en Cisjordanie est cependant « un vrai sujet », a-t-il admis en affirmant que la question « peut et doit être résolue dans le cadre de négociations sur le statut final [des territoires palestiniens] ».

Les déclarations de Mahmoud Abbas aux Nations unies surviennent un jour après que le président Barack Obama a annoncé avoir mis de côté ses différences avec le Premier ministre israélien, en déclarant aux journalistes que « la sécurité d’Israël est importante pour la sécurité nationale de l’Amérique ». Il a cependant souligné sa « préoccupation » face la « poursuite de la colonisation ».

Traduit de l'anglais (original).