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Pourquoi le Bahreïn a empêché d’entrer un militant de Human Rights Watch

Un militant de Human Rights Watch devait appeler la FIFA à questionner le sponsoring d’Israël des matchs de football qui se déroulent dans les colonies illégales en Cisjordanie
Des membres de la FIFA participent au 67e congrès de la FIFA à Manama, capitale de Bahreïn (AFP)

Les autorités bahreïnies ont interdit l’accès à une conférence de la FIFA, la fédération sportive internationale de football, à un chercheur de Human Rights Watch qui prévoyait de s’y rendre. Il prévoyait de manifester contre l’inaction de la fédération envers la tenue de matchs dans les colonies israéliennes illégales qui se trouvent dans les territoires palestiniens occupés.

Omar Shakir, citoyen américain, est arrivé à l’aéroport de Manama le 9 mai et s’est identifié aux autorités frontalières comme étant un chercheur d’Human Rights Watch (HRW) pour Israël et la Palestine. Il a indiqué qu’il est venu au Bahreïn pour tenir des réunions en marge du 67e congrès de la FIFA.

Son interdiction d’entrée au Bahreïn intervient quelques jours après que la FIFA a retiré du programme de son congrès une résolution contre les clubs israéliens basés dans les colonies de Cisjordanie occupée.

Les lignes directrices de la FIFA interdisent aux associations nationales d'enregistrer des équipes sur les territoires d'autres associations.

Omar Shakir prévoyait de demander aux décisionnaires de la FIFA d’adopter la résolution lors de son congrès.

« Le Bahreïn a de nouveau montré son intolérance envers les défenseurs des droits de l’homme », a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord d'HRW.

HRW a exhorté la FIFA à agir contre les clubs des colonies.

« Tous les doutes quant au fait que la FIFA devrait continuer à sponsoriser les matchs dans les colonies israéliennes en Cisjordanie auraient dû être levés le mois dernier lorsque le conseil de sécurité de l’ONU a voté pour réaffirmer l’illégalité des colonies établies sur le territoire palestinien occupé », a déclaré en janvier Sari Bashi, directrice de plaidoyer de la division Israël-Palestine d’HRW, en faisant référence à la résolution de l’ONU de décembre 2016.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a averti le président de la FIFA Gianni Infantino lors d’un appel téléphonique dimanche que la résolution palestinienne pourrait « ruiner la FIFA », a reporté le quotidien Haaretz.

« Le conflit palestinien est un conflit de longue durée et la FIFA ne va pas le résoudre », a déclaré Netanyahou au président de la FIFA, selon le quotidien israélien.