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Tripoli à cran tandis que le gouvernement soutenu par l’ONU cherche à y entrer

De fortes explosions et des tirs nourris ont été entendus dans la capitale libyenne après plusieurs jours de spéculations selon lesquelles le gouvernement d’union soutenu par l’ONU se préparerait à y pénétrer
Des Libyennes manifestant à Tripoli contre le gouvernement d’union soutenu par l’ONU la semaine dernière (AFP)
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Plusieurs fortes explosions suivies de tirs nourris auraient été entendus à Tripoli tôt ce mercredi dans un contexte de spéculations selon lesquelles le gouvernement d’union soutenu par l’ONU se préparerait à entrer dans la capitale.

Ces derniers jours, les vols vers l’aéroport de Milaga dans la capitale ont été interrompus pendant plusieurs heures. Mardi, le Conseil présidentiel soutenu par l’ONU, basé à Tunis, a tenu le gouvernement de Tripoli pour responsable de cette fermeture, en affirmant dans un communiqué que celui-ci essayait d’empêcher le conseil de débuter ses travaux.

Le Conseil présidentiel a été créé en décembre à la suite du processus de l’ONU approuvé par les participants issus de la Chambre des représentants basée à Tobrouk, du Congrès général national basé à Tripoli et de la société civile libyenne.

Toutefois, les deux parlements ont rejeté la nouvelle autorité dirigée par le Premier ministre nommé, Fayez al-Sarraj. Les membres du gouvernement de Tripoli et certaines factions armées de la capitale ont prévenu le conseil soutenu par l’ONU de ne pas y entrer.

La semaine dernière, le gouvernement de Tripoli a annoncé un « état d’urgence maximal » après que Sarraj a annoncé que le gouvernement allait bientôt commencer à travailler dans la capitale.

Craignant que des combats éclatent, les habitants ont constitué des réserves de nourriture en préparation. « Pas plus de dix boîtes de thon par personne », indiquait la pancarte d’une boutique.

Ce mardi soir, le chef de l’ONU Ban Ki-moon a plaidé pour que le gouvernement d’union puisse commencer à travailler rapidement et a demandé à ce quiconque entrave le processus de paix rende des comptes.

S’exprimant depuis la Tunisie, Ban Ki-moon a demandé à ce que le Conseil présidentiel soutenu par l’ONU puisse travailler à « la passation de pouvoir pacifique, ordonnée et immédiate au gouvernement d’entente nationale ».

« Ceux qui entravent le processus politique doivent rendre des comptes. Le peuple libyen mérite la paix, la sécurité et la prospérité sous un gouvernement fort et uni », a-t-il déclaré.

Les puissances mondiales font pression sur toutes les parties au conflit libyen afin que celles-ci acceptent l’accord négocié par l’ONU, craignant que le groupe État islamique (EI) gagne en influence dans le pays.

Les pays occidentaux envisagent ouvertement une intervention militaire contre les combattants du groupe, mais les diplomates et les responsables ont annoncé qu’ils attendraient une demande du gouvernement d’union avant d’intervenir.

Toutefois, comme l’a révélé Middle East Eye, la Grande-Bretagne a déjà lancé des opérations militaires secrètes dans le pays avec le soutien de la Jordanie. Les États-Unis ont également effectué des frappes de drones sur des cibles de l’EI dans le pays.

« De nombreux pays souhaitent vraiment que la Libye établisse aujourd’hui un gouvernement d’entente nationale afin que nous puissions les aider, afin qu’ils puissent rétablir la paix et la sécurité dans leur pays », a ajouté le secrétaire général de l’ONU.

« Le terrorisme constitue une grande menace non seulement en Libye et en Tunisie, mais partout dans le monde, comme nous l’avons constaté ces derniers jours en Belgique, en Irak et au Pakistan. Il nous faut une approche mondiale unie. »

 

Traduction de l’anglais (original) par VECTranslation.