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Les parallèles entre Minneapolis et Jérusalem sont loin d’être superficiels

Dans un monde où les ressources s’épuisent et les économies se contractent, les États se préparent aux futurs soulèvements d’une classe marginalisée grandissante
Des Palestiniens manifestent contre les violences policières et en soutien aux manifestants américains après la mort de George Floyd, dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie occupée, le 8 juin (AFP)
Des Palestiniens manifestent contre les violences policières et en soutien aux manifestants américains après la mort de George Floyd, dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie occupée, le 8 juin (AFP)

Difficile d’ignorer les parallèles frappants entre les récentes scènes de violences policières dans les villes américaines et les décennies de violences contre les Palestiniens par les forces de sécurité israéliennes

Le mois dernier, une vidéo est devenue virale. Elle montre un policier de Minneapolis, Derek Chauvin, tuer un homme noir, George Floyd, en pressant son genou sur son cou pendant près de neuf minutes. Ces événements ont été l’élément déclencheur des grandes manifestations à travers les États-Unis – et au-delà – depuis plus de deux semaines.

Ces images bouleversantes sont la dernière preuve visuelle en date d’une culture policière américaine qui semble considérer les Américains noirs comme des ennemis – et un rappel que les policiers véreux sont bien trop rarement sanctionnés. 

Le lynchage de Floyd par Chauvin sous les yeux, sinon la participation, de trois autres policiers fait écho à des scènes troublantes et familières dans les territoires occupés.

Le lynchage de Floyd sous les yeux, sinon la participation, de trois autres policiers fait écho à des scènes troublantes et familières dans les territoires occupés

Les vidéos montrant des soldats, policiers et colons armés israéliens frapper, maltraiter et tirer sur des hommes, femmes et enfants palestiniens se sont banalisées sur réseaux sociaux. 

La déshumanisation qui a permis le meurtre de Floyd est régulièrement observée dans les territoires palestiniens occupés.

Début 2018, les snipers israéliens se sont mis à prendre les Palestiniens – y compris des enfants, des infirmiers, des journalistes et des handicapés – pour des cibles d’entraînement lors des manifestations hebdomadaires sur la barrière de séparation autour de Gaza qui les tient prisonniers. 

Tout comme aux États-Unis, le recours à la violence par la police et les soldats israéliens contre des Palestiniens aboutit rarement à des poursuites, encore moins à des condamnations. 

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Quelques jours après le meurtre de Floyd, un Palestinien souffrant d’autisme, Eyad al-Halak – qui avait l’âge mental d’un enfant de 6 ans selon sa famille –, a été touché à sept reprises par des tirs de la police à Jérusalem. Aucun des policiers impliqués n’a été arrêté.

Face à l’embarras suscité par l’attention internationale à la suite du meurtre de Floyd, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a – fait rare – prononcé une déclaration sur la mort d’un Palestinien provoquée par les services de sécurité. Il a qualifié le meurtre de Halak de « tragédie » et a promis une enquête. 

Ces deux morts, à quelques jours d’intervalle, soulignent pourquoi les slogans « Black Lives Matter » et « Palestinian Lives Matter » vont naturellement de pair, que ce soit lors des manifestations ou sur les réseaux sociaux. 

Des différences existent entre ces deux affaires, bien entendu. De nos jours, les Afro-américains ont la citoyenneté américaine, la plupart d’entre eux peuvent voter (à condition de pouvoir accéder au bureau de vote), les lois ne sont plus explicitement racistes et ils ont accès aux mêmes tribunaux – même si la justice rendue n’est pas toujours la même – que la population blanche. 

Traduction : « En Palestine. Nous ne pouvons pas respirer. »

Ce n’est pas le cas pour la plupart des Palestiniens sous domination israélienne. Ils vivent sous l’occupation d’une armée étrangère, des ordres militaires arbitraires régissent leur vie, et ils ont un accès très limité aux voies de recours légaux. 

Il existe une autre différence flagrante. Le meurtre de Floyd a choqué de nombreux Américains blancs qui ont rejoint les manifestations. À l’inverse, l’immense majorité des Israéliens a ignoré le meurtre de Halak, qui a apparemment été accepté une fois de plus comme le prix de l’occupation.

Il convient néanmoins de souligner les similitudes entre les deux cultures racistes de maintien de l’ordre. Toutes deux proviennent d’une vision du monde façonnée par des sociétés coloniales fondées sur la spoliation, la ségrégation et l’exploitation. 

Israël considère toujours largement les Palestiniens comme des ennemis devant être chassés ou soumis. Les Afro-américains vivent quant à eux avec l’héritage d’une culture blanche raciste qui justifiait il y a peu encore l’esclavage et l’apartheid. 

Le déni de l’idéologie raciste

Les Palestiniens et les Afro-Américains ont longtemps été privés de leur dignité. Trop souvent, peu de valeur est accordé à leur vie. 

Malheureusement, la plupart des juifs israéliens sont dans le déni de l’idéologie raciste qui sous-tend leurs principales institutions, y compris les services de sécurité.

Peu manifestent en solidarité avec les Palestiniens, et ceux qui le font sont généralement considérés par le reste de l’opinion publique israélienne comme des traîtres.

De nombreux Américains blancs ont, au contraire, été choqués de constater la rapidité avec laquelle les forces de police américaines – confrontées à des manifestations de grande ampleur – ont eu recours à des méthodes agressives de contrôle des foules qui ne sont que trop familières aux Palestiniens. 

Peu d’Israéliens manifestent en solidarité avec les Palestiniens, et ceux qui le font sont généralement considérés par le reste de l’opinion publique israélienne comme des traîtres

Parmi ces méthodes figurent les annonces de couvre-feux et le bouclage de quartiers de grandes villes ; le déploiement de snipers contre des civils ; le recours à des brigades anti-émeutes portant des uniformes ne permettant pas leur identification ou des cagoules ; l’arrestation et l’agression physique de journalistes parfaitement identifiables ; et l’utilisation aveugle de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc pour blesser les manifestants et les effrayer dans le but de les chasser de la rue. 

Cela ne s’arrête pas là.

Le président Donald Trump a qualifié les manifestants de « terroristes », faisant écho au qualificatif employé par Israël à chaque contestation palestinienne, et a menacé d’envoyer l’armée américaine, ce qui refléterait encore plus précisément la situation que vivent les Palestiniens. 

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Comme les Palestiniens, la communauté noire américaine – et désormais les protestataires – ont enregistré des exemples d’abus sur leurs téléphones et publié les vidéos sur les réseaux sociaux pour souligner combien les déclarations de la police et la couverture médiatique des événements sont trompeuses. 

Aucun de ces parallèles ne devrait nous surprendre. Depuis des années, les forces de police américaines, comme tant d’autres à travers le monde, sollicitent Israël pour apprendre de ses dizaines d’années d’expérience en matière de répression de la résistance palestinienne. 

Israël mise sur la nécessité pour les États occidentaux, dans un monde où les ressources s’épuisent et l’économie mondiale se contracte à long terme, de se préparer aux futurs soulèvements internes d’une classe marginalisée grandissante. 

Traduction : « Ce qui est arrivé à George Floyd aux #États-Unis arrive tous les jours aux Palestiniens… »

Avec ses laboratoires tout trouvés dans les territoires palestiniens occupés, Israël est en mesure de développer et de tester sur le terrain de nouvelles méthodes de surveillance et de subordination sur les Palestiniens captifs. Constituant la plus importante sous-classe aux États-Unis, il était prévisible que les communautés noires urbaines se retrouvent sur le front tandis que les forces de police ont adopté une approche militarisée du maintien de l’ordre. 

Ces changements ont finalement fait mouche lors des manifestations qui ont éclos à Ferguson (Missouri) en 2014, après la mort de Michael Brown – un homme noir tué par la police.

Vêtus de treillis militaires et de gilets pare-balles, soutenus par des véhicules blindés de transport de troupes, la police locale donnait davantage l’impression de pénétrer dans une zone de guerre que d’être là pour « servir et protéger ». 

Formées en Israël

C’est à ce moment-là que les groupes de défense des droits de l’homme et d’autres ont commencé à souligner à quel point les forces de police américaines étaient influencées par les méthodes israéliennes de soumission des Palestiniens. De nombreuses forces ont été formées en Israël ou ont participé à des programmes d’échange. 

La célèbre police des frontières paramilitaire d’Israël, en particulier, est devenue un modèle pour d’autres pays. C’est la police des frontières qui a abattu Halak à Jérusalem peu après la mort de Floyd à Minneapolis. 

La police des frontières a un rôle hybride de police et d’armée, et opère contre les Palestiniens dans les territoires occupés et en Israël, où une importante minorité palestinienne vit telle des citoyens de seconde zone. 

Le postulat institutionnel de la police des frontières est que tous les Palestiniens, y compris ceux qui sont officiellement citoyens israéliens, doivent être considérés comme des ennemis.

Des policiers américains arrivent à l’académie de police israélienne, à Beit Shemesh, le 10 septembre 2019 (police israélienne)
Des policiers américains arrivent à l’académie de police israélienne, à Beit Shemesh, le 10 septembre 2019 (police israélienne)

C’est au cœur d’une culture raciste de maintien de l’ordre d’Israël, identifiée il y a dix-sept ans par le rapport Or, le seul examen sérieux des forces de police auquel a procédé le pays. 

Il semble de plus en plus que les forces de police américaines prennent pour modèle la police des frontières dans les villes à forte population noire.

Des dizaines de policiers de Minneapolis ont été formés par des spécialistes israéliens en « anti-terrorisme » et techniques de « contrainte » lors d’une conférence à Chicago en 2012. 

La prise d’étranglement de Derek Chauvin, qui a utilisé son genou pour faire pression sur le cou de Floyd, est une procédure d’« immobilisation » bien connue des Palestiniens. Fait inquiétant, Chauvin formait deux débutants au moment où il a tué Floyd, transmettant cette connaissance institutionnelle du service à la nouvelle génération de policiers. 

Il fallait s’attendre à ces similarités. Les États empruntent et apprennent inévitablement les uns des autres sur les sujets qui leur importent le plus, tels que la répression des dissensions internes. Le travail d’un État consiste à s’assurer de garder le monopole de la violence sur son territoire. 

De nombreux Américains blancs ont été choqués de constater la rapidité avec laquelle les forces de police américaines ont eu recours à des méthodes agressives de contrôle des foules qui ne sont que trop familières aux Palestiniens

C’est la raison pour laquelle l’intellectuel israélien Jeff Halper prévenait il y a plusieurs années dans son livre War Against the People (La guerre contre le peuple) qu’Israël était le pivot du développement de ce qu’il appelait l’industrie de la « pacification globale ».

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Les cloisons entre l’armée et la police se sont effondrées, créant ce qu’il nomme les « flics guerriers ». 

Selon Halper, le danger à long terme, c’est qu’avec la militarisation de la police, nous risquons tous de finir par être traités comme les Palestiniens.

C’est pourquoi, il faut mettre en évidence et approfondir la comparaison entre la stratégie américaine envers la communauté noire et celle d’Israël envers les Palestiniens. 

Les deux pays ne se contentent pas de partager les mêmes tactiques et méthodes de maintien de l’ordre contre les manifestations lorsqu’elles éclatent.

Ils ont également développé conjointement des stratégies à plus long terme dans l’espoir de démanteler la capacité des communautés noire et palestinienne qu’ils oppriment à s’organiser efficacement et à forger des solidarités avec d’autres groupes.  

Perte d’orientation historique

S’il y a bien une leçon évidente à retenir, c’est que la meilleure façon de défier l’oppression se fait à travers la résistance organisée par un mouvement de masse aux exigences claires et avec une vision cohérente d’un avenir meilleur. 

Par le passé, cela dépendait de meneurs charismatiques avec une idéologie parvenue à maturité et bien formulée, capable d’inspirer et de mobiliser des partisans. Cela dépendait également de réseaux de solidarité entre les groupes opprimés à travers le monde partageant leur sagesse et leur expérience.

Les Palestiniens étaient autrefois dirigés par des personnalités qui inspiraient le soutien et le respect de la nation, de Yasser Arafat à George Habache et du cheikh Ahmed Yassine. La lutte qu’ils menaient était capable de galvaniser leurs soutiens à travers le monde.

L’intellectuel israélien Jeff Halper prévenait il y a plusieurs années qu’Israël était le pivot du développement de ce qu’il appelait l’industrie de la « pacification globale »

Traduction : « Ce soir à Bethléem, la Palestine solidaire et forte avec nos frères et sœurs aux États-Unis. Nous comprenons votre souffrance. »

Ces dirigeants n’étaient pas nécessairement unis. Il y a eu des débats pour savoir si la meilleure façon d’ébranler le colonialisme israélien était la lutte laïque ou la force d’âme religieuse, s’il valait mieux trouver des alliés au sein de la nation de l’oppresseur ou le vaincre en utilisant ses propres méthodes violentes.

Ces débats et désaccords ont nourri l’opinion publique palestinienne, clarifié les enjeux pour eux et donné une sorte d’orientation et de but historique. Ces dirigeants sont devenus des figures de proue de la solidarité internationale et de la ferveur révolutionnaire.

Tout cela appartient à un passé révolu. Israël a mené une implacable politique consistant à emprisonner et assassiner les dirigeants palestiniens.

Dans le cas d’Arafat, il a été confiné par les chars israéliens dans un complexe de Ramallah avant de mourir empoisonné dans des circonstances des plus suspectes. Depuis lors, la société palestinienne est orpheline, à la dérive, divisée et désorganisée.

La solidarité internationale a également été mise sur la touche. Les opinions publiques des États arabes, déjà préoccupées par leurs propres luttes, semblent se lasser de plus de plus de la cause palestinienne divisée et apparemment sans espoir. 

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Signe de notre époque, la solidarité occidentale s’exprime aujourd’hui par un mouvement de boycott, qui a dû lutter sur le champ de bataille de l’ennemi, la consommation et la finance. 

La communauté noire aux États-Unis a suivi un chemin parallèle, même s’il est plus difficile d’accuser aussi directement les services de sécurité américains pour la perte d’un leadership national noir il y a plusieurs décennies. 

Martin Luther King, Malcolm X et le mouvement Black Panther étaient harcelés par les services de sécurité américains. Ils ont été emprisonnés ou tués par des assassins, malgré leurs approches très différentes de la lutte pour les droits civiques. 

Aujourd’hui, il n’y a plus personne pour prononcer des discours inspirants ou mobiliser l’opinion publique – qu’il s’agisse des Américains blancs ou noirs – afin qu’elle agisse à l’échelle nationale.

Shenita Binns pendant un rassemblement contre les inégalités raciales après la mort de George Floyd, le 10 juin (Reuters)
Shenita Binns pendant un rassemblement contre les inégalités raciales après la mort de George Floyd, le 10 juin (Reuters)

Privée d’un leadership national fort, la communauté noire organisée a parfois semblé s’être retirée dans l’espace plus sûr, bien que plus confiné, des églises – du moins jusqu’à ces dernières manifestations. Une politique de consolation semblait avoir remplacé la politique de confrontation. 

Un ancrage sur l’identité

Ces changements ne peuvent être attribués uniquement à la perte de dirigeants à l’échelle nationale. Des dernières décennies, le contexte politique mondial s’est lui aussi transformé. Après la chute de l’Union soviétique il y a trente ans, non seulement les États-Unis sont devenus l’unique superpuissance mondiale mais ils ont anéanti tout espace physique et idéologique dans lequel l’opposition politique pourrait fleurir. 

L’analyse de classe et les idéologies révolutionnaires – une politique de justice – ont été repoussées hors de la rue et à la marge du monde universitaire. 

Les activistes politiques occidentaux ont à la place été encouragés à consacrer leur énergie non pas à l’anti-impérialisme et à la lutte des classes mais à une politique identitaire bien plus étroite. L’activisme politique est devenu une compétition entre groupes sociaux rivalisant pour obtenir attention et privilèges. 

Non seulement les États-Unis sont devenus l’unique superpuissance mondiale mais ils ont anéanti tout espace physique et idéologique dans lequel l’opposition politique pourrait fleurir 

Comme pour l’activisme solidaire de la Palestine, la politique de l’identité aux États-Unis a mené ses batailles sur le terrain d’une société obsédée par la consommation. Les hashtags et la vertu ostentatoire sur les réseaux sociaux semblent souvent remplacer la contestation sociale et l’activisme. 

La question que pose les actuelles manifestations aux États-Unis, c’est de savoir si ce type de politique, timide, individualisée et avide, ne commence pas à sembler inadéquat. 

Les protestataires américains sont toujours en grande majorité dénués de meneur, leur lutte est menacée d’être atomisée, leurs demandes implicites et essentiellement informes – il est plus simple de savoir ce que les manifestants ne veulent pas plutôt que ce qu’ils veulent. 

Cela reflète l’état d’esprit actuel dans lequel les défis auxquels nous sommes tous confrontés – des crises économiques incessantes et de la nouvelle menace de pandémie à la catastrophe climatique imminente – semblent trop grands, trop monumentaux pour avoir du sens. Il semblerait que nous nous retrouvions à un instant charnière, voués à basculer dans une nouvelle ère – bonne ou mauvaise – que nous ne pouvons distinguer pour l’instant. 

En août, des millions de personnes devraient prendre la direction de Washington dans une marche en écho à celle menée par Martin Luther King en 1963. Le lourd fardeau de ce moment historique devrait reposer sur les épaules vieillissantes du révérend Al Sharpton. 

Ce symbolisme pourrait être pertinent. Cela fait plus de cinquante ans que les États occidentaux n’ont pas été saisis de ferveur révolutionnaire. Mais la soif de changement qui a atteint son paroxysme en 1968 – visant la fin de l’impérialisme, des guerres incessantes et des inégalités galopantes – n’a jamais été étanchée.

Les communautés opprimées à travers le globe ont toujours soif d’un monde plus juste. En Palestine et ailleurs, ceux qui souffrent de la violence, de la misère, de l’exploitation et de l’indignité ont encore besoin d’un champion. Ils ont les yeux tournés vers Minneapolis et la lutte qui y a été déclenchée à la recherche d’une lueur d’espoir.

- Jonathan Cook est un journaliste britannique basé à Nazareth depuis 2001. Il a écrit trois ouvrages sur le conflit israélo-palestinien. Il a remporté le prix spécial de journalisme Martha Gellhorn. Son site Web et son blog sont disponibles à l’adresse : www.jonathan-cook.net

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.

Jonathan Cook
Jonathan Cook, a British journalist based in Nazareth since 2001, is the the author of three books on the Israeli-Palestinian conflict. He is a past winner of the Martha Gellhorn Special Prize for Journalism. His website and blog can be found at: www.jonathan-cook.net