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Israël mérite plus que jamais un boycott culturel et universitaire

Alors que le conflit israélo-palestinien est loin d’être résolu, les signes ne montrent pas seulement qu’Israël mérite pleinement un boycott universitaire et culturel, mais que sans de telles pressions externes, l’oppression des Palestiniens s’intensifiera

De récents événements ont mis en évidence pourquoi le refus persistant de nombreux universitaires et artistes occidentaux d’accéder à la demande palestinienne de boycott universitaire et culturel d’Israël est particulièrement malavisé. 

Les opposants au mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) font valoir que de telles sanctions nuisent à la solidarité avec les Palestiniens au lieu de les aider. 

Telle a ainsi été la conclusion de la Modern Language Association (MLA) américaine, laquelle compte 18 000 membres, lorsqu’elle a rejeté une motion de boycott l’année dernière. La liberté universitaire a été présentée comme primordiale tandis qu’a été préférée la voie du dialogue avec les universitaires israéliens qui pourraient avoir une bonne influence sur la société israélienne.

En Israël, l’espace de dialogue universitaire, de même que la liberté culturelle, disparaît rapidement. Par ailleurs, les quelques universitaires et artistes israéliens qui prennent position pour les Palestiniens sont plus isolés que jamais

Il est également affirmé que la communauté artistique d’Israël est largement progressiste et qu’un engagement culturel continu soutiendra les voix exprimant leur solidarité avec les Palestiniens opprimés.

Cependant, en réalité, l’espace de dialogue universitaire, de même que la liberté culturelle, disparaît rapidement en Israël. Par ailleurs, les quelques universitaires et artistes israéliens qui prennent position pour les Palestiniens sont plus isolés que jamais. 

Alors que ce conflit reste non résolu après plusieurs décennies, les signes ne montrent pas seulement qu’Israël mérite pleinement un boycott universitaire et culturel, mais que sans de telles pressions externes, l’oppression des Palestiniens s’intensifiera. 

Une professeure de droit pas la bienvenue

Il est apparu début mai que deux militants pour les droits de l’homme – dont l’un est un éminent juriste – se sont vu interdire l’entrée en Israël. Ils devaient diriger une délégation d’avocats et d’universitaires évaluant la situation des droits de l’homme en Israël et dans les territoires occupés. 

Katherine Franke, professeure de droit à l’Université de Columbia à New York, faisait partie des quatre membres du groupe retenus à l’aéroport israélien Ben Gourion. Elle a été expulsée après un long interrogatoire au cours duquel on lui a hurlé dessus et on l’a accusée de mentir.

Katherine Franke s’est trouvée faussement présentée comme l’une des leaders du mouvement BDS. Elle et Vincent Warren, chef du Centre pour les droits constitutionnels à New York, ont posté sur Twitter une photo d’eux-mêmes sous un panneau « Welcome », avec pour légende : « Ne vous laissez pas abuser par le panneau “Welcome”. Il ne s’applique pas aux droits de l’homme. »

Plus tôt cette année, le ministre israélien de la Police, Gilad Erdan, a publié une liste noire d’une vingtaine d’organisations accusées de soutenir le mouvement BDS et dont les dirigeants se sont vu interdire l’entrée en Israël.

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou photographié avec le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan à Jérusalem, en 2015 (AFP)

Mais en réalité, les éléments de preuve cités par les responsables de l’aéroport proviennent d’une autre source : deux sites d’extrême-droite, la Canary Mission et Amcha, qui cherchent à porter atteinte à la réputation des étudiants et universitaires américains qui ont critiqué Israël. 

C’est pour cette raison que Franke a observé : « Le gouvernement [israélien] sous-traite essentiellement sa sécurité à des sites web de droite gérés par des trolls. »

C’est déjà bien assez qu’Israël compte sur des groupes farouchement antipalestiniens pratiquant l’intimidation pour déterminer quels universitaires étrangers seront autorisés à entrer en Israël pour dialoguer avec des universitaires et chefs communautaires israéliens.

Mais en plus, étant donné qu’Israël contrôle également les points d’entrée dans les territoires palestiniens occupés, ces mêmes groupes de haine décident également si les universitaires étrangers pourront rencontrer et travailler avec des universitaires et dirigeants de la société civile palestiniens. 

Les détracteurs interdits d’entrée

Cette politique n’a rien de nouveau, même si la tendance s’est considérablement aggravée ces dernières années. Cela fait longtemps qu’Israël refuse les visas aux professeurs et aux étudiants espérant enseigner en Cisjordanie et à Gaza. Deux célèbres universitaires juifs américains, Norman Finkelstein et Noam Chomsky, ont été empêchés de pénétrer dans les territoires occupés en 2008 et 2010 respectivement. 

Fait significatif, ni l’un ni l’autre ne soutient le mouvement BDS – le prétexte maintenant revendiqué par Israël pour refuser les universitaires. Toutefois, tous deux plaident depuis des années en faveur d’une solution à deux États – refusée par le gouvernement de Benyamin Netanyahou – qui accorderait aux Palestiniens l’autodétermination et mettrait fin au régime oppressif d’Israël.

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Israël a également refusé l’entrée à Richard Falk, un professeur de droit international juif américain qui a été le rapporteur spécial des Nations unies sur les violations des droits de l’homme auxquelles sont confrontés les Palestiniens. Tout cela, bien sûr, vient s’ajouter aux restrictions de plus en plus strictes d’Israël sur les libertés des Palestiniens, notamment le personnel universitaire, et aux politiques répressives à l’égard des établissements d’enseignement palestiniens. 

Alors que les opposants au mouvement BDS s’inquiètent des nuisances potentielles pour les universitaires israéliens d’un boycott, ils ignorent le fait que les universités de Gaza, par exemple, sont coupées par Israël de tout contact avec le monde extérieur depuis une décennie. Les universitaires gazaouis ne sont guère plus que des prisonniers, leurs connaissances et leurs compétences s’atrophient à mesure que le blocus prive leurs institutions d’outils de recherche et qu’ils sont eux-mêmes empêchés d’assister à des conférences et de rejoindre des affectations à l’étranger. 

Aujourd’hui, Israël aggrave ces restrictions imposées aux intellectuels palestiniens avec des mesures tout aussi dures contre les universitaires étrangers qui tentent de rompre l’isolement de leurs collègues dans les territoires occupés.

Une liberté universitaire sélective

En réalité, Israël ne se défend pas contre une soi-disant menace BDS. Il fait son possible pour empêcher les experts de mener des recherches sur les violations systématiques des droits palestiniens par Israël parce qu’il craint que de telles études aient deux conséquences. 

Premièrement, elles fourniront les munitions nécessaires aux enquêteurs sur les crimes de guerre, tels que ceux de la Cour pénale internationale de La Haye, pour traduire les Israéliens en justice à l’avenir. 

C’est la leçon apprise par Israël de la mission d’enquête de l’ONU menée par Richard Goldstone, un ancien juge juif sud-africain. En 2009, son rapport concluait qu’Israël avait commis de nombreux crimes de guerre lors de son attaque militaire contre Gaza quelques mois plus tôt.

[Israël] ne veut pas d’une liberté universitaire qui permette aux chercheurs étrangers de témoigner et de documenter les abus israéliens contre les Palestiniens à l’étranger. Il veut que l’occupation reste largement invisible

Et c’est pourquoi Omar Shakir, le directeur local de Human Rights Watch, une organisation basée à New York qui surveille les violations des droits de l’homme en Israël, a vu son permis de travail être révoqué et a reçu l’ordre de partir le 8 mai. Encore une fois, Israël a utilisé le prétexte d’un soutien au boycott pour justifier sa décision.

Deuxièmement, les responsables israéliens s’inquiètent de ce que, si des érudits respectés se retrouvent face à la réalité du système israélien d’oppression des Palestiniens, ceux-ci ne décident de défendre la cause palestinienne et de renforcer les mouvements de solidarité internationale comme le mouvement BDS, en particulier sur les campus.

En fait, Israël veut être sélectif sur la liberté universitaire. Il encourage le type de recherche et de dialogue qui permet aux universités israéliennes de rester à la pointe d’une recherche scientifique, technologique et médicale avantageuse. Néanmoins, il ne veut pas d’une liberté universitaire qui permette aux chercheurs étrangers de témoigner et de documenter les abus israéliens contre les Palestiniens à l’étranger. Il veut que l’occupation reste largement invisible.

Hypocrisie académique

Chose encore plus problématique pour les adversaires du mouvement BDS, la recherche israélienne, tant demandée par les institutions étrangères, dépend dans de nombreux cas des violations commises contre les Palestiniens dans les territoires occupés. Les dénommées industries de haute technologie d’Israël relèvent principalement d’une collaboration lucrative entre le milieu universitaire israélien et l’armée. 

Les universités israéliennes coopèrent régulièrement avec l’armée en transformant les territoires occupés en de gigantesques laboratoires en plein air dans lesquels il est possible de tester des armes ainsi que des technologies de surveillance et de biométrie, de développer des systèmes de contrôle des foules et la cyberguerre, d’étudier une supposée « mentalité arabe » et de réinterpréter le droit international. 

Certains projets menés conjointement avec des institutions universitaires occidentales rendent ces dernières indirectement complices de ces violations des droits de l’homme.

Des soldats israéliens tiennent une position lors d’affrontements avec des Palestiniens après une manifestation contre l’expropriation de terres en Cisjordanie occupée, le 4 mai 2018 (AFP)

C’est pourquoi l’Université de Columbia, en plus de s’opposer vigoureusement au mouvement BDS par le passé, a également gardé le silence face à la violation par Israël des libertés académiques de Katherine Franke, qui enseigne dans cette université. 

Cette dernière a déclaré au New York Times que l’adjoint du doyen de la faculté de droit avait déclaré que l’université « ne participerait pas à sa défense » en raison de la présence de « centres pro-israéliens » à la faculté de droit. 

Le président de l’université, Lee Bollinger, s’est pour sa part récemment rendu en Israël pour des discussions préliminaires sur un projet commun visant à établir à Tel Aviv un centre mondial dédié à l’« échange d’individus et d’idées ». 

L’hypocrisie des institutions universitaires occidentales ne devrait pas avoir besoin d’être soulignée. Ces dernières ont noué des liens avec Israël en ignorant tant les violations de plus en plus intenses des droits des universitaires palestiniens commises par Israël que les restrictions de plus en plus sévères imposées aux universitaires étrangers qui souhaitent faire preuve de solidarité avec leurs homologues palestiniens.

La répression des mouvements de solidarité

Elles agissent ainsi aux côtés d’un milieu universitaire israélien qui a montré qu’il était prêt à n’offrir aucun soutien institutionnel aux collègues palestiniens.

Ce mois-ci, Evelyn Fox Keller, une scientifique de 82 ans du Massachusetts Institute of Technology (MIT), a accepté le prix Dan David de l’Université de Tel Aviv à condition de pouvoir en faire don à des groupes israéliens de défense des droits de l’homme. 

Elle a critiqué les universitaires israéliens, qu’elle a accusés de ne pas faire preuve de solidarité envers les Palestiniens. « Ils n’ont pas de voix et il n’en veulent pas. […] Aucune université en Israël n’éprouve la volonté [de s’exprimer]. » 

Pire encore, en plus de garder le silence, les responsables universitaires israéliens cherchent activement à réprimer la solidarité avec les Palestiniens.

Rivka Carmi, présidente de l’Université Ben Gourion, a annulé en 2016 la remise d’un prix décerné par le département politique de l’université à Breaking the Silence, un groupe de lanceurs d’alerte créé par des soldats israéliens. Elle a justifié cette décision en expliquant que l’organisation ne bénéficiait pas d’un « consensus national ». 

L’an dernier, l’Université hébraïque de Jérusalem a également annulé une conférence sur les prisonniers palestiniens après avoir apparemment cédé à des pressions politiques venant de la droite.

Et en février, le Conseil israélien de l’enseignement supérieur n’a soulevé aucune protestation lorsque le gouvernement Netanyahou a placé pour la première fois trois institutions universitaires situées dans des colonies juives illégales en Cisjordanie dans son giron. Peu de temps après, ce même conseil a entériné sans discussion un nouveau code de conduite destiné à réduire au silence les rares universitaires israéliens qui ont osé s’exprimer contre la violation des droits palestiniens. 

Le paradoxe est qu’en refusant d’adhérer au mouvement BDS, les organisations universitaires occidentales comme la MLA ont fait le choix de s’allier avec des universités israéliennes qui persécutent non seulement les Palestiniens, mais aussi les universitaires israéliens dissidents. 

Une poétesse condamnée

La justification d’un boycott culturel n’est pas moins évidente. Ce mois-ci, un tribunal israélien a condamné Dareen Tatour, une poétesse palestinienne de 36 ans disposant de la nationalité israélienne, pour incitation à la violence et soutien au terrorisme.

Elle avait déjà subi deux ans et demi d’emprisonnement et d’assignation à résidence dans des conditions difficiles – l’accès à des ordinateurs et des téléphones lui ayant été refusé pendant tout ce temps – alors que les rouages du système juridique israélien tournaient lentement concernant son affaire. Elle encourt aujourd’hui une peine pouvant aller jusqu’à huit ans d’emprisonnement supplémentaires.

La poésie exploite invariablement les complexités du langage et les ambiguïtés de sens. Pourtant, en dépit des protestations d’érudits de la langue arabe, le tribunal s’est appuyé sur les traductions des poèmes de Dareen Tatour faites par un policier israélien.

Une poignée de personnalités de la littérature israélienne […] ont protesté contre cette décision sans précédent d’incarcérer une poétesse, chose que même les régimes les plus répressifs évitent généralement de faire, ont-elles noté

À la manière d’un écolier, il a traduit le mot arabe « shahid » – qui désigne pour les Palestiniens toute victime de l’oppression israélienne – par la notion réductrice et erronée de « terroriste ». « Ce n’est pas un procès, c’est une pièce de théâtre », a déclaré Dareen Tatour à propos de la procédure judiciaire.

Une poignée de personnalités de la littérature israélienne, dont l’illustre auteur A. B. Yehoshua, ont protesté contre cette décision sans précédent d’incarcérer une poétesse, chose que même les régimes les plus répressifs évitent généralement de faire, ont-elles noté.

« Ce qui commence par une atteinte à la liberté d’une poétesse palestinienne se poursuivra sûrement par des atteintes à la liberté des poètes israéliens », a averti Nissim Calderon, professeur de littérature hébraïque.

Une exigence de loyauté artistique

L’attaque contre Dareen Tatour s’inscrit dans le cadre d’une campagne beaucoup plus large d’intimidation et de surveillance des réseaux sociaux qui vise presque exclusivement la liberté d’expression des Palestiniens – y compris celle des artistes, à la fois dans les territoires occupés et en Israël. 

Mais les lieux artistiques plus traditionnels font également l’objet d’attaques incessantes. La plupart des artistes et des institutions culturelles en Israël sont déjà victimes, depuis près d’une décennie, des intimidations formulées par les gouvernements successifs de Netanyahou, qui menacent notamment leur financement. 

La poétesse palestinienne Dareen Tatour et son avocate Gaby Lasky au tribunal (Reuters)

Au cours des dernières années, la ministre de la Culture Miri Regev, ancienne censeure militaire, a quasiment nationalisé les arts en Israël en forçant les producteurs culturels à se soumettre au programme d’extrême droite du gouvernement. 

Les sociétés d’art doivent maintenant se déclarer prêtes à se produire dans les colonies pour recevoir des subventions publiques, et celles qui le font reçoivent des bonus. Les organismes de financement subissent pour leur part des pressions croissantes les poussant à contrôler les projets afin de déceler toute forme de « parti pris anti-israélien ». 

Chen Tamir, conservatrice du Centre d’art contemporain de Tel Aviv, a récemment déclaré à la New York Review of Books : « Ici, le financement public est manipulé pour devenir un mécanisme de censure. » 

Un théâtre fermé

Les Palestiniens d’Israël, qui constituent un cinquième de la population, ne reçoivent que 3 % du budget du gouvernement consacré à la culture. Le théâtre Al-Midan de Haïfa, le seul théâtre palestinien recevant des subventions publiques d’Israël, a été fermé après qu’une de ses pièces a provoqué la fureur de Regev.

L’an dernier, les organisateurs d’un festival de théâtre à Acre ont clôturé l’événement pour empêcher la représentation d’une pièce abordant le thème des prisonniers palestiniens. 

L’auteure de la pièce, Einat Weizman, a rapporté que la campagne de haine menée contre des artistes comme elle – « par des gens qui voulaient [la] tuer et [la] violer » – était passée des réseaux sociaux à la rue. Elle doit aujourd’hui être escortée lors de ses apparitions en public. 

Mais ces artistes israéliens constituent l’exception. Comme l’a noté récemment l’actrice palestinienne Lamis Ammar, « en fin de compte, l’art israélien sert majoritairement à justifier les actes répréhensibles commis par Israël au lieu de les aborder et de les éliminer ».

Une sympathie suscitée par « Brand Israel »

Tout en écrasant la dissidence artistique à l’échelle nationale, Israël s’affaire à exporter une culture israélienne dépolitisée dans le cadre d’un programme connu sous le nom de « Brand Israel » (« la marque Israël »), dont l’objectif est d’encourager le public étranger à ignorer le rôle d’Israël dans l’oppression des Palestiniens en insistant paradoxalement sur l’image d’Israël en tant que société dynamique, tolérante et multiculturelle.

La culture populaire occidentale, comme le Concours Eurovision de la chanson, dont Israël a remporté la finale cette année, est abondamment exploitée comme un moyen de renforcer la sympathie pour Israël. Sa participation à ce concours, par exemple, invite à penser à tort qu’Israël fait non seulement physiquement partie de l’Europe, mais qu’il adhère également aux normes multiculturelles, libérales et démocratiques de l’Europe. 

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L’artiste qui a représenté Israël cette année, Netta Barzilai, est l’archétype de la chanteuse pop commerciale et fait souvent référence à Wonder Woman, une icône de la culture occidentale récemment « israélisée » par l’actrice Gal Gadot.

De même, Israël a accueilli ce mois-ci le Giro d’Italia, la grande course cycliste européenne qui a ainsi été délocalisée pour la première fois hors d’Europe

Les festivals internationaux de cinéma, les tournées théâtrales à l’étranger et les expositions d’art sont imprégnés d’une « culture » israélienne financée par le gouvernement israélien. De célèbres chefs, restaurants et producteurs alimentaires initient les Occidentaux à une « cuisine israélienne » saine, en grande partie prise au patrimoine arabe et palestinien – comme les falafels et le houmous. 

Normaliser l’anormal

Tout cela revient à normaliser ce qui est très anormal, à savoir l’occupation de la Palestine par Israël depuis plusieurs décennies. 

Il s’agit de preuves supplémentaires de la complicité occidentale non seulement dans les violations systématiques commises par Israël contre les Palestiniens, mais aussi des efforts continus engagés par l’Occident pour aider Israël à faire disparaître les Palestiniens en les transformant en un non-problème.

Depuis 70 ans, Israël développe un processus de cantonisation et de nettoyage ethnique des Palestiniens – et les dirigeants occidentaux ferment les yeux

Cela doit cesser – ce qui ne se produira pas tant que les Israéliens ne seront confrontés à aucune sanction financière ou même psychologique pour leur refus de mettre fin à l’oppression des Palestiniens.

Depuis 70 ans, Israël développe un processus de cantonisation et de nettoyage ethnique des Palestiniens – et les dirigeants occidentaux ferment les yeux. En réalité, à travers leur soutien économique, diplomatique et militaire, les gouvernements occidentaux ont activement encouragé Israël à déposséder les Palestiniens.

À tout le moins, les universitaires et les artistes devraient prendre l’initiative, s’opposer à la complicité de leurs propres gouvernements et finalement ajouter leur voix au soutien du boycott académique et culturel d’Israël.

- Jonathan Cook est un journaliste anglais basé à Nazareth depuis 2001. Il a écrit trois ouvrages sur le conflit israélo-palestinien et remporté le prix spécial de journalisme Martha Gellhorn. Vous pouvez consulter son site web et son blog à l’adresse suivante : www.jonathan-cook.net

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Photo : des manifestants pro-palestiniens portant un panneau faisant la promotion du mouvement BDS protestent contre l’aide apportée par les États-Unis à Israël, en août 2016 à Beverly Hills, en Californie (AFP).

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.