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56 personnes tuées par des frappes de la coalition au cours de la « pire semaine » de pertes civiles

Les frappes aériennes de la coalition menées par les États-Unis dans le village d’al-Tukhar hier sont survenues un jour après que 21 autres personnes ont été tuées par la coalition dans le nord de la Syrie
Les civils fuient la ville assiégée de Manbij contrôlée par l’EI (AFP)
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Au moins 56 civils, dont 11 enfants, ont été tués par les frappes aériennes de la coalition dirigée par les États-Unis à l’extérieur d’un village syrien contrôlé par le groupe État islamique (EI), a indiqué mardi l’Observatoire syrien des droits de l’homme (SOHR). 

Des douzaines de civils ont été blessés lors de ces frappes, et certains se trouvent dans un état grave, a précisé l’ONG basée en Grande-Bretagne. 

« Les habitants étaient en train de fuir le village d’al-Tukhar, dans la province d’Alep, quand les frappes ont eu lieu », a rapporté le directeur de l’Observatoire, Rami Abdel Rahman.

Ce dernier a précisé que les frappes semblaient avoir été effectuées par erreur, les civils ayant été erronément pris pour des combattants de l’EI.

Ces frappes à al-Tukhar suivent d’un jour d’autres bombardements de la coalition ayant tué 21 civils à, et autour, de la ville syrienne de Manbij, a indiqué SOHR.

Au moins 15 civils ont été tués dans le quartier Hasawneh de Manbij, selon l’organisation. 

Al-Tukhar se trouve à 14 km au nord de la ville de Manbij, qui a été assiégée par les forces kurdes essayant de la reprendre des mains de l’EI avec l’aide de la puissance aérienne des États-Unis. Les deux communes se trouvent dans la province d’Alep, qui a connu certains des pires combats ayant eu lieu en Syrie au cours de ces derniers mois. 

Dimanche, les forces du gouvernement syrien ont officiellement assiégé les quartiers d’Alep tenus par les rebelles, suite à près d’une semaine de combats acharnés pour la dernière route contrôlée par l’opposition dans la ville disputée.

Avant la frappe aérienne d’al-Tukhar, Airwaves, un site internet recensant les décès de civils causés par la coalition menée par les États-Unis, avait déclaré qu’il s’agissait de la « pire semaine » en ce qui concerne les morts civiles de ces deux dernières années durant lesquelles la coalition a mené des opérations contre l’EI. 

Les attaques de lundi portent le total de civils tués par les bombardements de la coalition à Manbij depuis le 31 mai 2016 à 104, dont 29 enfants et 16 femmes, selon SOHR. 

SOHR s’appuie sur un réseau de sources présentes à l’intérieur de la Syrie pour obtenir ses informations et précise qu’il détermine quels avions ont mené quels raids en fonction de leur type, lieu, circuit de vol et munitions.

Interrogée sur ces deux incidents, la coalition n’a pas fait de commentaire immédiat, précisant seulement qu’elle examinait les rapports.

Raed Saleh, leader des Forces de la défense civile syrienne, qui mènent des missions de secours humanitaire dans les zones tenues par les rebelles, a déclaré en juin à Middle East Eye qu’en septembre 2014, il avait confronté la coalition américaine au sujet des pertes civiles.

« Des erreurs sont susceptibles de se produire », s’était-il entendu répondre.

Il a ajouté que la coalition n’avait pas indemnisé les familles dont des proches avaient été tués par ses bombardements. 

Les Forces démocratiques de Syrie (SDF), une alliance de combattants arabes et kurdes soutenue par les États-Unis, a lancé une offensive pour reprendre la ville de Manbij fin juin. Ces forces ont assiégé la ville et progressent désormais vers son centre sous le couvert des frappes aériennes de la coalition américaine.

L’EI contrôle la ville depuis 2014, l’année où le groupe s’est emparé de vastes parties de la Syrie et de l’Irak voisine et proclamé son « califat ».

Traduit de l’anglais (original).