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Bachar al-Assad : « Si Alep était assiégée, les gens seraient morts »

Le président syrien affirme que les allégations de siège et le ciblage délibéré des hôpitaux relèvent de la fiction, et que les zones tenues par les rebelles disposent de « tout » ce dont elles ont besoin
Un cadavre sur une civière après une attaque aérienne à Bab al-Nairab (Alep) en août (Reuters)
Par MEE

Bachar al-Assad a démenti que ses forces assiègent les zones d’Alep tenues par les rebelles, affirmant que « les gens seraient morts maintenant » si c’était le cas, et insistant sur le fait qu’ils disposent de « tout » ce dont ils ont besoin.

Le président syrien a fait ces commentaires à l’occasion d’une interview accordée à l’agence de presse AP, diffusée après une nuit de bombardements intenses qui auraient fait 45 morts et provoqué des incendies qui font rage dans les zones tenues par les rebelles.

Assad, dont les forces ont repris les hostilités au début de la semaine, après l’échec d’un cessez-le-feu convenu entre les Russes et les Américains, a déclaré : « S’il y avait vraiment un siège autour d’Alep, les gens seraient morts maintenant. »

« Ils [les rebelles] pilonnent les zones voisines et l’armée syrienne depuis des années, des bombardements incessants… Comment pourraient-ils être affamés tout en ayant du matériel de guerre ? Comment pouvons-nous [le gouvernement] empêcher l’aide alimentaire et médicale d’atteindre cette zone quand nous ne pouvons pas empêcher les armes d’arriver dans la région ? »

Il a nié que les forces gouvernementales avaient délibérément bombardé des hôpitaux dans les zones tenues par les rebelles, déclaré que le siège était une fiction et que seule une minorité se plaignait.

En réponse à des questions sur la souffrance du peuple d’Alep, il a précisé : « Nous ne pouvons pas dire ‘’le peuple d’Alep’’ parce que la majorité vit sous le contrôle du gouvernement. »

« À ceux qui prétendent cela [être assiégés], je leur dirais : comment pouvez-vous être encore en vie ? »

« Pourquoi n’y a-t-il pas d’épidémies si vous ne disposez pas de médecins ? Comment pouvez-vous accuser la Syrie d’attaquer les hôpitaux ? Donc, vous avez des hôpitaux et vous avez des médecins, vous avez tout ! Comment pouvez-vous les avoir ? »

Les commentaires d’Assad ont été diffusés alors que l’ONU a annoncé qu’elle allait reprendre les livraisons d’aide humanitaire en Syrie. Elle les avait annulées mardi après la destruction d’un convoi où vingt personnes ont été tuées en tentant de transporter de la nourriture vers la ville d’Alep. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) a déclaré qu’il fournissait de l’aide à une zone rurale de Damas.

Les États-Unis ont directement accusé la Russie de l’attaque contre le convoi d’Alep, ce que dément Moscou.

Assad, quant à lui, a accusé des « terroristes » de l’attaque.

« Ces convois se trouvaient dans la zone des combattants, une zone sous le contrôle des terroristes », a-t-il déclaré.

« Voilà ceux qu’ils devraient accuser d’abord : les personnes ou les combattants, les terroristes qui sont responsables de la sécurité de ce convoi. »

« Ainsi, nous n’avons pas la moindre idée de ce qui est arrivé. La seule chose que nous avons vu était une vidéo d’une voiture brûlée, de camions détruits, rien d’autre. »

« Nous sommes, en tant que gouvernement, en tant que fonctionnaires, moralement engagés envers le peuple syrien. Moralement, constitutionnellement et légalement, pour l’aider à couvrir les besoins de base pour sa subsistance. »

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.

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