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Des membres du personnel d’un aéroport français sanctionnés pour garder des copies du Coran

Les procédures de sécurité pratiquées à l’aéroport Charles de Gaulle sont examinées à la loupe suite au crash du vol EgyptAir
Les forces de sécurité françaises patrouillent l’aéroport de Paris Charles de Gaulle (AFP)
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Une enquête lancée par l’agence française de sécurité aurait résulté en des sanctions imposées à des membres musulmans du personnel de l’aéroport Charles de Gaulle pour avoir conservé des copies du Coran dans leurs casiers et refusé de se couper la barbe.

Ces procédures de sécurité ont été mises en place suite aux attentats qui ont frappé Paris en janvier et novembre 2015 et visent à passer en revue tous les employés de confession musulmane travaillant dans les aéroports français.

À Charles de Gaulle, un aéroport très animé de la capitale, plus de 60 laissez-passer permettant aux employés d’accéder à l’aire de trafic de l’aéroport ont été retirés au motif de « comportements inappropriés », a indiqué le journal The Times samedi.

Parmi les comportements ayant entraîné des sanctions figurent le fait de prier dans des mosquées considérées comme « salafistes » et de ne pas serrer la main de collègues de sexe féminin.

Les procédures de contrôle utilisées à Charles de Gaulle, l’une des plus grandes plateformes de l’aviation mondiale, sont à nouveau examinées à la loupe depuis le crash du vol MS804 de la compagnie EgyptAir en Méditerranée jeudi dernier après avoir décollé de ce même aéroport.

Les autorités égyptiennes ont suggéré qu’il était probable que l’avion se soit écrasé en raison d’une attaque plutôt que d’une erreur technique, et certaines personnes ont laissé entendre que le personnel de l’aéroport aurait pu jouer un rôle dans cette catastrophe.

L’ensemble du personnel des aéroports français fait l’objet de vérifications du casier judiciaire ainsi que d’un examen de l’agence de sécurité avant d’être autorisé à travailler.

Cependant, l’importante rotation du personnel et le fait que presque toutes les personnes travaillant à l’aéroport soient des sous-traitants employés par diverses entreprises privées impliquent que les procédures de sécurité mises en place à Charles de Gaulle pourraient ne pas avoir été appliquées de façon aussi rigoureuse qu’elles le devraient en théorie.

En dépit des craintes que ceci pourrait avoir rendu l’aéroport vulnérable face à une attaque, un représentant du syndicat du personnel de l’aéroport a suggéré samedi que la surcharge de travail et les efforts de réduction des coûts constituaient un risque plus important que les croyances religieuses du personnel.

Serge Nybelen, le secrétaire général du syndicat de l’aéroport, a déclaré au Times que le personnel effectuait seulement des vérifications élémentaires sur les avions en escale à Charles de Gaulle – comme cela fut le cas de l’avion de la compagnie EgyptAir jeudi –, suggérant que si une bombe avait été cachée dans l’appareil lors de précédentes escales à Asmara, Tunis ou au Caire, elle n’aurait pas été détectée.

Traduit de l’anglais (original).