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Des séparatistes arabes revendiquent une attaque contre des installations pétrolières en Iran

Les Faucons d’Ahvaz ont déclaré que la République islamique d’Iran avait « dépassé les bornes » en ce qui concerne son traitement de la minorité arabe
Une voiture traverse un point de contrôle des Gardiens de la révolution sur la route entre Ahvaz et Khorramshahr (AFP)
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Des rebelles arabes ont revendiqué la responsabilité de l’attaque d’une usine pétrochimique dans la ville iranienne d’Ahvaz plus tôt cette semaine.

Les Faucons d’Ahvaz, un groupe séparatiste fondé l’année dernière, ont publié un communiqué jeudi dans lequel ils ont appelé à la résistance contre l’« occupation » perse des terres arabes.

« Les politiques de l’ennemi occupant iranien ont dépassé les bornes », a écrit le groupe dans un communiqué.

« La jeunesse arabe d’Ahvaz vit avec les constantes arrestations, expulsions et exécutions. Ces atteintes de l’ennemi perse […] ne nous ont laissé d’autre choix que de lancer une riposte pénible et cataclysmique. »

Traduction :

Guerres par procuration : les séparatistes #arabes de #Ahvaz/#Arabistan en #Iran postent la vidéo d’une attaque contre la milice #Basiij « @ahwazna1999 : http://bit.ly/1BxOssZ »

La plus grande usine pétrochimique à #Ahvaz, peuplée majoritairement d’Arabes, en #Iran. Les séparatistes revendiquent l’attaque : #صقور_الأحواز_تفجر_إيران – Ahmed Quraishi (@AQpk)

Trois installations pétrolières auraient été attaquées depuis septembre 2015, supposément par des groupes séparatistes arabes.

Plus de trois millions d’Arabes vivent dans la province du Khouzistan en Iran, près de la frontière avec l’Irak.

Beaucoup se plaignent depuis longtemps de discrimination par le gouvernement central de la République islamique. Le taux de chômage dans la province est élevé et celle-ci était classée en 2011 comme subissant la pire pollution de l’air au monde par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

En outre, les organisations des droits de l’homme ont rapporté que les Arabes sunnites d’Iran font face à des persécutions ethniques et religieuses.

En 2015, au moins 78 personnes ont été arrêtées dans la province du Khouzistan en prévision du dixième anniversaire des grandes manifestations contre Téhéran.

Depuis les manifestations de 2005, au moins 37 Arabes ont été exécutés après des « procès inéquitables » selon Amnesty.

Le mois dernier, le ministre de l’Intérieur iranien Abdolreza Rahmani Fazli a semblé reconnaître certains des problèmes auxquels la région était confrontée.

« Onze millions de personnes vivent dans des bidonvilles en Iran, trois millions d’entre eux vivent à la périphérie de Téhéran, Mashhad et Ahvaz. Nous dénombrons environ 2,7 millions de personnes dans des quartiers marginalisés, ce qui est un problème menaçant potentiellement le pays ; le gouvernement doit surveiller leurs conditions et être plus vigilant sur les changements dans les communautés », a-t-il déclaré lors d’une session parlementaire le 6 juin.

Il a ajouté qu’il y avait des « régions à travers le pays où plus de 60 % des personnes sont au chômage, et il ne nous faut pas oublier qu’un taux de plus de 50 ou 60 % de chômage peut causer des dommages sociaux irréparables ».

Le Khouzistan fait partie de l’Iran depuis l’antiquité et a été souvent désigné comme Arabistan par les dirigeants perses.

Cependant, depuis la montée de la conscience nationale arabe au XXe siècle, de nombreux nationalistes arabes tant au sein qu’à l’extérieur de l’Iran ont demandé à ce que le Khouzistan soit « rendu » à la nation arabe.

« Chaque fois qu’on parle du monde arabe sont oubliés les cinq millions d’Arabes qui luttent pour survivre sous le joug des Perses dans une région arabe bordant l’Irak et le golfe Persique, riche en pétrole et en gaz », écrivait l’homme d’affaires émirati Khalaf Ahmad al-Habtoor pour al-Arabiya (média financé par les Saoudiens) en 2015.

« Je voudrais appeler les pays arabes – en particulier les pays du CCG et leurs alliés – à se tenir avec nos frères d’Ahvaz pour leur donner les moyens de s’engager sur la route vers leur liberté. »

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.