Aller au contenu principal

Des soldats britanniques ont jeté des pillards irakiens dans le canal de Bassora

Un ancien capitaine rapporte à une commission d’enquête que des soldats ont jeté des pillards dans le canal Shatt al-Basra par mesure de contrôle, ce qui aurait conduit à plusieurs décès
Un soldat britannique patrouille dans une rue de la ville méridionale de Bassora (AFP)
Par

L’armée britannique a jeté des civils irakiens dans les rivières et les canaux pendant l’occupation de Bassora, utilisant cela comme un moyen de sévir contre les pillards présumés, ce qui a provoqué des décès par noyade, selon des preuves présentées à une commission d’enquête indépendante sur la conduite de la guerre par les forces britanniques.

Selon des témoignages remis à l’organisme Iraq Judicial Investigations (IJI), la pratique du soi-disant « mouillage » par des soldats britanniques a peut-être été généralisée et a conduit à la noyade d’un certain nombre d’Irakiens, y compris des mineurs.

Un ancien capitaine des Irish Guards, resté anonyme, a déclaré à l’IJI : « Nous avons utilisé diverses méthodes pour gérer les pillards. Par exemple, on les a assis au soleil avec une bouteille d’eau, en prenant leurs chaussures, ou on les a jetés dans l’un des canaux.

« Voir la deuxième compagnie jeter les pillards dans la rivière ne m’aurait pas surpris car elle disposait de beaucoup d’eau. »

« Je me souviens d’être passé en voiture et de l’avoir constaté. Ils le faisaient souvent, mais pas la première compagnie. Mais si nous avions également eu accès à de l’eau, nous l’aurions fait constamment. »

Aucune donnée n’existe sur le nombre de personnes décédées suite au « mouillage », mais les familles de deux adolescents, Ahmed Jabbar Karrem Ali (15 ans) et Said Shabram 19 ans), ont intenté une action en dommages-intérêts contre le gouvernement britannique après que ces adolescents se sont noyés dans deux incidents distincts à Bassora en mai 2003.

Dans un témoignage fourni à Iraq Judicial Investigations en mai, un second officier britannique, qui commandait des troupes accusées de jeter des civils dans le canal de Shatt al-Basra, a dit qu’il n’était pas au courant de la pratique du « mouillage ».

Toutefois, l’ancien capitaine a dit qu’il avait discuté des incidents au QG local de l’armée britannique à Bassora et qu’il était « absolument impossible que nos commandants ne sachent rien à ce sujet ».

Dans son témoignage, l’ancien capitaine a décrit comment des foules de civils sont sortis dans les rues de Bassora pour regarder les combats entre les troupes britanniques et irakiennes.

« Tout à coup, nous avions le contrôle d’une ville sans eau ni électricité et nous ne savions pas quoi faire », a-t-il rapporté.

Les premières tentatives pour arrêter les pillards n’étaient pas pratique en raison de leur nombre élevé.

« Il y en avait des nuées… ils volaient tout. Une fois, j’ai arrêté un vieil homme qui était en train de voler un lampadaire sur une autoroute. Je n’avais jamais rien vu de tel auparavant. »

L’ancien officier a ajouté dans sa déclaration que les soldats ont alors commencé à pousser les pillards dans les rivières. « Cette pratique était parfaitement connue et comprise par chaque personne à Bassora », a-t-il affirmé. « À moins d’être idiot, on ne pouvait pas le manquer et les commérages sur les pillards et ce que nous leur faisions revenaient constamment sur toutes les lèvres.

« Tout le monde savait, même dans notre QG – je n’ai absolument aucun doute là-dessus. Je ne dis pas que c’est arrivé souvent, mais que c’est arrivé. Si quelqu’un dit qu’il n’était pas au courant de cette pratique et de ce qui se passait, je le qualifie sans équivoque de menteur car tout le monde savait. Il se pourrait que certaines personnes, comme ceux qui s’occupaient de la restauration, ne savaient pas, mais chacun des officiers le savait. »

Ces rapports ont été publiés peu avant la publication le 6 juillet de l’enquête sur l’Irak dirigée par Sir John Chilcot, qui couvre la préparation et les actions du Royaume-Uni en Irak en tant que puissance occupante.

Des députés travaillistes et du Parti national écossais ont déjà demandé à ce que l’ancien Premier ministre Tony Blair soit accusé sur le plan pénal au regard des révélations de ce rapport.

 

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.