En Algérie, il resterait moins de 800 islamistes armés

En Algérie, il resterait moins de 800 islamistes armés

#Algérie

C'est une première depuis près de trente ans, les services de sécurité algériens signalent un net recul du nombre d'islamistes armés

Soldats de l'armée algérienne en opération en 2001 (AFP)
28 mai 2018
Last update: 
Monday 28 May 2018 10:28 UTC
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28 mai 2018

Le nombre d'islamistes armés recherchés en Algérie a baissé d’un peu plus de 50 000 au milieu des années 1990 à 789 en avril 2018, selon le quotidien El Khabar qui cite des sources sécuritaires. 

« Depuis plus de 26 ans de lutte antiterroriste, jamais ce chiffre n’a été aussi bas », explique une source sécuritaire qui a requis l’anonymat, ajoutant que cela reviendrait à considérer que 98 % des personnes recherchées par les différents services de sécurité algériens ont été soit éliminées, soit convaincues d’adhérer aux procédures de « réconciliation nationale » et autres lois d’amnistie.

« Ces statistiques, malgré ce net recul, ne signifient pas qu'aujourd'hui, la menace terroriste est faible », nuance cette source dans les colonne du quotidien algérois qui évoque la présence d’éléments étrangers - une centaine localisée dans l’est et le centre du pays.

Ces étrangers ont rejoint les rangs d’al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et de la branche algérienne du groupe État islamique, et s'ajoutent aux quelque 2 000 membres des différentes organisations armées dans le nord du Mali, près de la frontière avec l'Algérie.

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D’ailleurs, sur les 789 combattants armés recherchés, 150 se trouveraient à l’étranger, pour la plupart éparpillés entre la Syrie, l’Irak, la Libye, le Yémen et l’Afghanistan. 

D’après les analyses des services de sécurité algériens, les islamistes des groupes armés se divisent en quatre catégories : ceux des organisations implantées à l’étranger, qui représentent un réel danger vu l’expertise acquise sur des terrains de guerre ; les « actifs » dont les enquêteurs connaissent l’identité et l’historique ; les « éléments dormants » dont l'identité et la localisation ne sont pas connues et dont on ne sait même pas s'ils sont encore en vie. La dernière catégorie concerne ceux nés dans le maquis, dont certains ont environ 20 ans, et les femmes (épouses ou proches) qui ont rejoint le maquis durant ces trois dernière décennies.



Abdelmalek Droukdel, l’émir d’AQMI, aurait encore dans ses rangs entre 300 et 500 hommes (capture d’écran)