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Grave détérioration de l'état de santé de Tariq Ramadan

L’état de santé de Tariq Ramadan « continue à se détériorer gravement », ont alerté, mercredi, les animateurs de son comité de soutien
Au début de son incarcération, Tariq Ramadan souffrait d’une sclérose en plaques (AFP)
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La campagne de soutien de Tariq Ramadan, la « Free Tariq Ramadan campaign  », a indiqué mercredi que l’état de santé de l'islamologue suisse incarcéré s'était nettement déterioré, citant les conclusions d'une neurologue qui l'a récemment examiné.

L'intellectuel a été mis en examen en France pour « viol » et « viol sur personne vulnérable » suite aux accusations de deux premières plaignantes. Il a été placé en détention provisoire le 2 février 2018.

Au début de son incarcération, « Tariq Ramadan souffrait d’une sclérose en plaques avec quelques fourmillements aux jambes et au bout des doigts », rappelle la « Free Tariq Ramadan campaign », qui estime que « son état n’a cessé d’empirer. »

Le comité de soutien pour la libération de Tariq Ramadan énumère plusieurs symptômes pointés du doigt par la neurologue, comme une « perte de poids inquiétante de onze kilos »

Le 20 mars, Tariq Ramadan était entré à l’Établissement public de santé nationale (EPSNF) de Fresnes « après quatre hospitalisations en urgence entre la prison de Fleury-Mérogis et l’hôpital de Corbeil-Essonnes suivies d’un passage à l’hôpital de la Pitié- Salpêtrière », rappelle le comité de soutien qui indique que le 12 juin, le professeur « a été à nouveau admis à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière où il a revu un médecin neurologue pour la première fois depuis le 9 mars ».

Le comité de soutien énumère plusieurs symptômes pointés du doigt par la neurologue, comme une « perte de poids inquiétante de onze kilos », des « troubles de la concentration avec un temps de concentration qui n’excède pas vingt minutes », des « pertes de mémoire » ou encore des épisodes d’« incontinence ».

Il indique également la reconnaissance par la spécialiste de la possibilité du caractère irréversible de ces symptômes.

À LIRE ► Tariq Ramadan est toujours présumé innocent, jusqu’à preuve du contraire

« Sur la base des constats de dégradation de son état de santé et après un séjour de trois semaines à la Pitié-Salpêtrière dans un contexte éprouvant, pendant lequel le professeur Ramadan est resté confiné dans sa minuscule chambre 24 heures sur 24 dans un isolement total sans aucune sortie ni promenade, il est aujourd’hui renvoyé à l’EPSNF pour une durée indéterminée. Jusqu’à quand ? », demande son comité de soutien.

« Non seulement toute cette affaire est traitée dans un non-respect absolu de la présomption d’innocence, mais il apparaît clairement, de surcroît, que la non prise en compte par les juges de la dégradation de la santé du professeur Ramadan laisse supposer une volonté de l’amoindrir tant physiquement qu’intellectuellement », accusent les animateurs de la campagne pour la libération de Tariq Ramadan.

« Il apparaît clairement que la non prise en compte par les juges de la dégradation de la santé du professeur Ramadan laisse supposer une volonté de l’amoindrir tant physiquement qu’intellectuellement » 

-  Campagne Free Tariq Ramadan

Plus de 150 000 personnes ont paraphé la pétition « Libérez Tariq Ramadan », alors qu’un appel mondial pour un procès équitable a également été lancé, dont les derniers signataires incluent Leila Ahmed, pionnière du féminisme islamique, Richard Falk, ancien rapporteur spécial de l'ONU dans les territoires palestiniens, et le révérend Rowan Williams, ex-archevêque de Canterbury.